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El Camino del Cid : Gravel en Espagne

El Camino del Cid : Aventure Gravel en Espagne

 

Comment l’idée de parcourir le Camino del Cid en gravel a-t-elle germée ? Cela m’est venu progressivement, au fur et à mesure des années en explorant la région de Benicàssim, entre Valence et Barcelone. Dans ces montagnes, j’apercevais régulièrement un panneau distinctif : un chevalier médiéval sur fond rouge, portant l’inscription “Camino del Cid”.

L’idée est devenue persistante pour deux raisons. D’abord, la présence de ces panneaux suggérait un itinéraire balisé, réfléchi et peut-être riche en découvertes. Ensuite, le nom “El Cid” évoquait un personnage important pour les Espagnols. El Cid est une figure historique célèbre, un seigneur de guerre du Xème et XIème siècle, qui a bâti une armée et est devenu roi de la région de Valence. Pour un Français, El Cid renvoie plutôt aux tirades apprises à l’école : “À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire”, ou “Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie…”. En somme, El Cid évoque cette pièce de théâtre du Cid de Corneille, peut-être même un peu ennuyeuse dans nos souvenirs d’enfance, et qu’il me fallait revisiter !

 

Tous les ingrédients étaient réunis pour me motiver à explorer ce “Camino del Cid”. Mes recherches m’ont rapidement mené au site https://www.caminodelcid.org/ , une ressource remarquablement bien conçue. Les régions espagnoles concernées ont conjointement mis en place avec des moyens importants, un programme pour créer et promouvoir ce chemin, accessible de diverses manières : voiture, moto, vélo de route, à pied, à cheval même, et, depuis 2025, en gravel.

 

J’ai donc lancé ce petit projet personnel, échangeant avec les responsables du Camino pour la mise à disposition des traces GPS. Dès leur publication, j’ai décidé de me lancer dans cette aventure. Date fixée : août 2025.

 

Caractéristiques du Parcours

 

D’un point de vue géographique, le Camino del Cid traverse quatre régions espagnoles : La Mancha, la Castille-et-León, l’Aragon et la Communauté Valencienne. Il englobe les provinces de Burgos, Soria, Guadalajara, Saragosse, Teruel, Castellón, Valence et Alicante. C’est une excellente manière de découvrir le nord et l’est de l’Espagne, jusqu’à la côte méditerranéenne.

Le site web officiel offre une mine d’informations : traces GPS, liste des hébergements, châteaux, forteresses, ermitages, chapelles, églises, sites historiques, et bien sûr, statues, épées liées à l’histoire du Cid. L’itinéraire est balisé de bout en bout sur le terrain, suivant des itinéraires de GR, avec des panneaux indiquant les directions à suivre.

 

Pour ajouter une dimension ludique, le parcours est agrémenté d’un carnet de route appelé “salvoconducto” (sauf-conduit). Ce document, listant toutes les villes et villages traversés, permet de collecter des tampons dans les commerces, ainsi que des “chapas” (badges). Ces rencontres favorisent les échanges avec les habitants, permettant une immersion dans l’histoire et la culture locales. Je vous invite vivement à découvrir ce chemin, quelle que soit votre moyen de locomotion.

Attention, le parcours est long : 1350 km de gravel. Disposant d’une semaine, j’ai choisi de m’arrêter à Valence et ne pas aller jusque Alicante. Valence étant cette ville conquise par le Cid durant sa « Reconquista » et où il régna jusqu’à la fin de sa vie.

 

Les Étapes du Voyage

 

Mon circuit totalisait environ 1000 km, divisés en 8 étapes de 90 à 150 km, avec une dernière étape plus longue (200 km). Cependant, parcourir ces distances en plein mois d’août, sous une chaleur accablante (30 à 35°C voire 40°C), s’est avéré plus difficile que prévu. Partant vers 8h30 pour profiter des lieux et visant une arrivée vers 19h, j’ai dû limiter les étapes à 140-150 km.

 

Logistique

 

J’ai opté pour une formule à deux : ma femme Isabel en voiture et moi à vélo. Bien que le parcours se prête au bikepacking et au bivouac, surtout en été, cette configuration me permettait de voyager léger (deux sacoches de cadre pour l’outillage, l’eau, la nourriture et une petite pharmacie). Isabel pouvait ainsi visiter les villages à son rythme. Notre objectif était de nous retrouver chaque soir à l’hôtel.

 

Chacun avait son “salvoconducto” et un défi : collecter un maximum de « sellos » cad de tampons et de “chapas” cad de badges. Le soir, nous comparions nos prises, échangeant sur les lieux visités et les rencontres faites. Les “chapas”, offertes gratuitement, portent le nom du village et sont souvent réservées aux marcheurs et cyclistes, symbolisant la récompense de l’effort.

 

 

 

Étape 1 : Vivar del Cid – Santo Domingo de Silos (90 km, 1600 m)

https://www.strava.com/activities/15548690740

 

Cette première étape de 90 km a été intentionnellement courte. Je voulais évaluer le parcours, estimer ma vitesse moyenne, jauger la chaleur tout en ayant le temps de découvrir les villages et sites historiques. Je me suis dit que 90 km seraient parfaits pour appréhender l’ensemble. Ce fut juste… Nous sommes partis le matin vers 8h30 de notre hôtel rural, où la propriétaire nous a offert un écusson représentant l’épée du Cid. Ecusson que j’ai fièrement arboré sur ma sacoche de cadre.

 

Le départ se fait depuis Vivar del Cid, un village au nord de Burgos où serait né Rodrigo Díaz de Vivar, alias El Cid. C’est un village modeste, mais le kilomètre zéro du Camino est marqué par une plaque devant une maison historique. Après la photo de départ, j’ai mis le cap au sud vers Burgos, tandis qu’Isabel visitait un couvent local.

 

Dès le départ, l’itinéraire est excellent, empruntant des chemins de terre à travers les champs : du 100 % gravel ! Même l’arrivée à Burgos se fait par des pistes cyclables. J’ai traversé la ville, pourtant étendue, en toute sécurité. J’aurais aimé faire une halte à la cathédrale, magnifique, mais la visite prend une heure, et je l’avais déjà explorée la veille. Elle abrite les tombeaux du Cid et de son épouse Chimène.

 

Ensuite, j’ai repris la route, direction un grand monastère, San Pedro de Cardeña, où reposent les gisants du Cid et de Chimène. C’est impressionnant et immersif, donnant une autre dimension au voyage. Après Burgos, la balade se poursuit vers le sud, à travers un paysage désertique. Chemins de terre, peu de forêts et une chaleur de plus en plus intense.

 

Un point très positif : le balisage est exceptionnel ! De nombreux panneaux, représentant la tête du Cid ou une corneille blanche sur fond rouge, indiquent le chemin avec précision. Ils m’ont même servi de secours lorsque mon GPS hésitait à certaines intersections. La corneille, j’apprendrai plus tard, était un symbole du Cid, annonciateur de victoire. Il en avait fait comme une sorte de superstition : s’il voyait une corneille, la victoire était assurée, sinon, prudence !

Sur mon GPS, j’avais enregistré plusieurs points d’intérêt : sites à visiter et monuments en hommage au Cid. La route serpente à travers des vallées, des champs de blé et de tournesols. J’ai croisé d’immenses réserves de chasse privées, clôturées et surveillées par des caméras. Autour d’une de ces zones de chasse, en descendant une côte, debout sur les pédales, ma roue avant s’est enfoncée dans un trou et mon guidon a basculé brusquement vers l’avant, se desserrant complètement. Je me suis arrêté sans dommage, mais mon guidon était trop bas. J’ai tenté de réparer avec mes outils, mais ma clé Allen était trop courte pour atteindre les vis. Je suis reparti prudemment et, dans le village de Cubillo del Campo, j’ai sollicité l’aide de deux villageois assis sur un banc, mais aucun n’avait l’outil adéquat… J’ai dû continuer en me disant que je réparerais plus tard. Pour le moment je dois franchir un col à 1300 m avec, quelle surprise là-haut, gravée dans la montagne, une immense épée du Cid, réalisée en pierres ! Un chemin dessine la lame, avec l’inscription “Cid” à l’extrémité. La photo est difficile à prendre, mais c’est un spectacle extraordinaire que l’on voit de très loin.

 

Prochain objectif : le village de Mecerreyes avec à sa sortie, une imposante statue du Cid, haute de 7 mètres, ornée d’extraits du “Cantar del Mio Cid”, le plus ancien poème épique de la littérature espagnole. J’ai pris une photo et j’ai continué vers Covarrubias, où Isabel m’attendait. C’est le seul jour où nous avons pu déjeuner ensemble.

Nous avons partagé un repas dans un restaurant très animé et sympathique. J’en ai profité pour récupérer un tampon et un badge. Cela allait devenir un rituel : dès que je m’arrêtais, je demandais tampon et badge…

 

Je suis reparti vers 15h. Il me restait environ 40 km. En roulant à 15 km/h qui était la moyenne que j’avais constatée, je devrais arriver en 3 heures. J’ai fait un détour par un site impressionnant : le cimetière de Sad Hill, lieu de tournage du film “Le Bon, la Brute et le Truand” de Sergio Leone. Perdu au milieu de nulle part, ce site, où se déroule la scène finale du film, est impressionnant. Trente ans après le tournage, des bénévoles ont reconstitué le cimetière avec des pierres et ont planté près de 3000 croix. Des donateurs ont ainsi vu leur nom gravé sur une croix. L’ambiance est magique. Une statue de Clint Eastwood, en poncho, ajoute du vivant à l’atmosphère. C’était la fin de la journée, il devait être 17h, et rouler à travers ce cimetière était tout simplement exceptionnel.

Un peu plus loin, j’ai renoncé à visiter le camp de prisonniers, moins impressionnant. Il me restait 10 km, avec une côte à 10% à gravir pour rejoindre Santo Domingo de Silos halte de cette première journée.

J’ai pris mon temps, m’arrêtant pour photographier le cimetière et les panneaux retraçant l’histoire du film. En haut, j’ai atteint une zone désertique, brûlée quelques années auparavant. Le paysage était lunaire. J’ai enfin rejoint Santo Domingo de Silos. Notre hôtel, un ancien monastère transformé, est une adresse superbe, bien qu’un peu isolée.

 

En attendant Isabel, j’ai savouré une bière locale, la 947, brassée près du cimetière de Sad Hill. Un moment de pur plaisir après 12 heures de vélo ! Isabel est arrivée une heure plus tard. Nous avons comparé nos journées et nos trésors : trois “chapas”, trois badges et quelques tampons.

 

Avant de me coucher, j’ai mis à jour mon compte Strava avec quelques photos et commentaires, en y ajoutant une tirade du Cid. Je vous conseille de (re)découvrir cette pièce de Corneille, une adaptation romancée et fort éloignée de la réalité historique mais les tirades sont magnifiques et l’histoire captivante.

 

**Tirade du jour :

(Acte I, scène 3) Duel verbal entre Don Diègue et le Comte
Quand le Comte insulte Don Diègue, celui-ci réplique :
« À ton âge on est prompt au combat :
Je le suis, et je veux que tu le sois, ingrat. »
C’est l’affront qui déclenche toute l’intrigue.

 

 

Jour 2 : Santo Domingo de Silos – Berlanga de Duero (147 km, 1260 m D+)

https://www.strava.com/activities/15561116261

Au programme de ce deuxième jour, une étape beaucoup plus longue, avoisinant les 150 km. J’ignore ce qui m’attend. Ce n’est pas tant le dénivelé, avec ses 1300 mètres, qui m’inquiète, mais le temps que cela prendra. Si je roule à 15 km/h, je vais en avoir pour 10 heures, sans compter la chaleur.

 

8h30 : il est difficile de quitter le monastère de Santo Domingo de Silos, un endroit si paisible. Isabel profite du matin pour faire une randonnée de deux heures dans les environs, tandis que je me prépare au départ. Dans l’hôtel, je croise quatre Catalans, deux couples, qui font le même chemin en sens inverse. L’un des couples est en tandem, les autres à vélo. Ils sont plus raisonnables que moi, avec des étapes de 50 à 80 km par jour. Après une brève discussion, chacun prend sa route : eux vers Burgos, moi vers Berlanga de Duero.

 

En quittant Santo Domingo de Silos, je manque de passer à côté d’une épée du Cid plantée dans un rocher, telle celle d’Excalibur. Heureusement, Isabel prend la photo. Belle image !

Je m’élance d’abord sur des routes asphaltées, traversant le canyon impressionnant de la Yecla. La route est encaissée dans des gorges, avec des tunnels. Des aigles, des vautours, des buses ou des faucons (difficile à dire !) planent au-dessus de moi. Ensuite, j’arrive dans de longues plaines, un paysage récurrent sur ce parcours. Des champs de blé ou de tournesol à perte de vue. Le blé est parfois moissonné, parfois pas, ce qui est surprenant, car en France, à cette époque, tout serait déjà récolté.

 

Trop distrait, je n’entends ni ne vois pas mon GPS qui râle et je rate un embranchement. Je me retrouve sur l’itinéraire de route au lieu du gravel mais je ne m’en aperçois pas tout de suite. Je traverse des villages ornés de fresques géantes représentant le Cid, je croise des statues et des stèles gravées avec des vers du “Cantar del Mio Cid”. L’ambiance est toujours imprégnée de l’histoire du Cid, dans une campagne paisible où les voitures sont rares. Étonnamment, je croise peu de cyclistes, alors que je m’attendais à en rencontrer davantage. L’organisation m’avait prévenu : “Attention, juillet-août, il fait très chaud”. Peut-être est-ce la raison ?

Lorsque je réalise mon erreur, je corrige ma trajectoire, ce qui me fait faire un détour de 15 km. Pas grave, je me remets sur le bon chemin et traverse des villages minuscules où hélas les bars sont fermés. Je grignote donc mes barres de céréales. Finalement, je trouve un hôtel-bar ouvert où je peux prendre des tapas. Pas de sandwich, rien d’autre. Trois cocas, un litre d’eau, et je trouve l’office de tourisme pour récupérer le badge et le tampon.

 

Il est 15h, il fait très chaud. Je mets mes mitaines et mes manchettes blanches pour me protéger du soleil. Malgré la crème solaire, le soleil brûle, surtout les joues. Le temps passe vite. Heureusement, l’après-midi, la route est plutôt plate et les chemins peu caillouteux, ce qui me permet de rouler assez vite (20-25 km/h). J’aperçois la forteresse de Gormaz, qui se dresse à l’horizon. Cet immense rempart, construit par les musulmans, offre un objectif en vue de loin. Je m’approche, mais ne monte pas jusqu’à la forteresse, car il me reste encore 30 km et je veux arriver avant 19h.

 

 

J’atteins Berlanga de Duero, un village historique. Mon hôtel est situé sur la place centrale, mais une scène de musique est en train d’être montée pour les fêtes du village, qui durent quatre jours. Chaque soir, un groupe de rock joue. Je crains de ne pas pouvoir dormir avec cette musique. Je discute avec le propriétaire de l’hôtel, qui est en fait un bar avec quelques chambres à l’étage. Il confirme que la musique durera jusqu’à 4 heures du matin. Heureusement, il a un autre hôtel à 300 mètres, et bien qu’il pense qu’il sera complet, je vérifie sur Booking et constate qu’il reste une chambre. Je déménage donc toutes mes affaires et avec Isabel arrivée plus tard, nous nous installons dans une “posada” (auberge) confortable, à l’écart de la scène. Ouf ! Malgré la musique et l’animation dans les rues, nous réussirons à mieux dormir.

 

Le soir, nous sortons boire un verre, discutons avec les habitants et mangeons tranquillement, car le concert ne commence qu’à 23h. Nous visitons la ville et sa belle collégiale. L’ambiance est festive, avec des familles, des jeunes et des moins jeunes. C’est l’atmosphère typique des fêtes de village en Espagne qui durent en général une semaine.

Nous passons donc la nuit à Berlanga de Duero, avec une petite frayeur au début, mais tout se termine bien. Bilan du jour : deux badges et deux tampons sur nos carnets de route.

 

Tirade du jour :

Acte I, scène 4) La tirade du « panache » de Rodrigue
C’est la tirade des « stances de Rodrigue », où il s’exprime seul après que son père lui a demandé de venger son honneur contre le comte, père de Chimène, la femme qu’il aime.

On y trouve les fameux vers :
« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !

N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »
Cette plainte traduit le déchirement de Rodrigue entre l’amour et le devoir.

 

 

 

Jour 3 : Berlanga de Duero – Sigüenza (93 km, 1500 m D+)

https://www.strava.com/activities/15571533197

 

Ce troisième jour s’annonçait avec une longue étape de 147 km, mais les plans ont été chamboulés et je n’en ai finalement parcouru que 93. Le début de journée était pourtant prometteur, avec un temps magnifique : un soleil éclatant, une température agréable (moins de 30°C) et un ciel d’un bleu limpide. La route était déserte. J’ai rapidement quitté le bitume pour emprunter des chemins plus sauvages, traversant le paisible village d’Alcubilla de Avellaneda, où un monument rendait hommage au Cid.

Dans un hameau minuscule, sans eau j’arrive à dénicher grâce à un vieil homme, l’emplacement de la fontaine…En général, ma quête dans chaque village était de trouver la fontaine et de vérifier si l’eau était potable. Il existait trois catégories : “eau potable”, “eau non potable” et “eau non traitée”. L’eau non potable était bien sûr hors de question, tandis que l’eau non traitée, souvent de source, était généralement considérée comme sûre. Cependant, dans certains villages, on m’a déconseillé de boire l’eau des fontaines, en raison de la forte concentration de nitrates liée aux nombreux élevages de porcs de la région. Je me suis donc rabattu sur le seul bar du village, où j’ai acheté un Coca-Cola et une bouteille d’un litre et demi d’eau minérale pour remplir mes gourdes. Ces pauses me permettaient de découvrir les villages et de discuter avec les habitants, même si la plupart n’étaient pas très curieux. Une fois, dans le village de Cetina, un Roumain m’a montré fièrement une photo de l’équipe de France jouant contre la Roumanie, un match auquel il avait assisté.

Après avoir échangé avec un vieil homme sur les qualités de l’eau, j’ai repris la route. Je me suis arrêté à Coruña del Conde, où une superbe statue du Cid trônait fièrement. Puis, j’ai entamé la traversée d’un paysage désertique, avec des chemins isolés et une absence totale de présence humaine.

 

J’ai découvert des systèmes d’irrigation ancestraux, avec de petits canaux acheminant l’eau vers chaque champ. Les pistes étaient principalement composées de pierres et de terre, rendant le parcours assez accidenté, mais praticable. La pente s’est accentuée à l’approche d’Atienza, un charmant bourg dominé par une forteresse. J’ai grimpé une côte raide pour atteindre la place du village. La place était animée, mais mon estomac criait famine. Je me suis arrêté dans l’un des deux bars de la place, où j’ai pris des “patatas bravas”, des “lonchas de lomo”, deux Coca-Cola, une glace, un café et deux bouteilles d’eau.

 

En repartant, la chaleur était accablante. J’ai progressé lentement, traversant des villages déserts et m’aventurant dans un paysage aride de monts et de vallées. J’ai finalement atteint une forêt où le terrain était plus facile, recouvert d’aiguilles de pin. Alors que j’avais franchi de nombreuses zones rocailleuses sans encombre, mon pneu arrière a soudainement explosé sur ces mêmes aiguilles de pin. Du liquide préventif s’est répandu sur la roue, la selle et le cadre. J’ai rapidement identifié la crevaison et, après avoir positionné le trou vers le bas, j’ai constaté que le liquide colmatait rapidement. Rassuré, j’ai remis le pneu en place, mais quelques bulles d’air persistaient. J’ai décidé de sécuriser la réparation en insérant une mèche.

 

Malgré cette précaution, des bulles d’air continuaient d’apparaître. J’ai attendu, espérant que la situation se stabilise, puis je suis reparti, plus confiant. J’ai traversé la forêt et, en sortant, j’ai aperçu un immense lac de barrage. Le bleu intense du ciel et du lac contrastait avec l’aridité du paysage. Le chemin descendait abruptement vers une rivière, où j’ai découvert un vieux pont complètement détruit, impossible à traverser. Un panneau du Camino del Cid indiquait de ne surtout pas s’aventurer dans l’eau, qui pouvait atteindre plus d’un mètre de profondeur, mais de longer la berge sur 1,4 kilomètre pour retrouver un passage. J’ai tenté de suivre la rivière, mais il était impossible de progresser, car le ruisseau avait débordé et transformé les environs en un marécage. J’ai donc dû rebrousser chemin et de remonter vers le barrage.

 

Alors que j’approchais du barrage, mon pneu crevé a soudainement recommencé à perdre de l’air. J’ai dû m’arrêter sur le bord de la route. Une famille espagnole, en excursion autour du barrage, s’est arrêtée pour me demander si j’avais besoin d’aide. J’ai expliqué ma situation et ils m’ont offert de l’eau et un Coca-Cola, que j’ai acceptés avec plaisir. J’ai tenté une nouvelle réparation en insérant une deuxième mèche, mais je n’étais pas rassuré, car elle ne semblait pas bien colmater. J’ai repris la route, mais trois kilomètres plus loin, la mèche a été expulsée du pneu, provoquant une nouvelle fuite massive. J’avais mal installé la mèche, ou peut-être mal enfoncée. Sachant qu’il me restait plus de 50 km à parcourir sur des chemins rocailleux, j’ai renoncé à mettre une chambre à air et j’ai appelé Isabel. Je me suis avancé via la route asphaltée et elle est venue me récupérer. J’ai donc parcouru les 30 derniers kilomètres en voiture jusqu’à Sigüenza.

 

À Sigüenza, je me suis promis de trouver un magasin de vélos pour faire réparer mon pneu. La ville elle-même était magnifique, avec un “parador” (hôtel) installé dans une forteresse dominant la ville. Un endroit idéal pour se reposer après cette journée mouvementée.

 

Tirade du jour :

 

Acte I, scène 6 – Rodrigue – (les « stances »)

(Rodrigue, seul, partagé entre l’amour pour Chimène et le devoir de venger l’affront fait à son père)

« Va, cours, vole, et nous venge.

À ce nom, à ce cri, mon bras s’arme et s’allonge :

Venge ton père, et perds l’ennemi,

Et l’amour, et Chimène. »

 

 

 

Jour 4 : Sigüenza – Medinaceli (84 km)

 

https://www.strava.com/activities/15585062202

Sigüenza est une superbe ville médiévale dominée par une forteresse, transformée en “parador”. Séjourner dans cet hôtel de luxe est un véritable plaisir, tant pour la vue imprenable que pour le confort et l’excellent restaurant.

Mais surtout, priorité une, mon objectif à Sigüenza est de remplacer mon pneu arrière. Je n’ose pas continuer le parcours avec une chambre à air et j’ai renoncé à utiliser des mèches. S’il y a un magasin de vélos, j’irai en chercher un. D’après les informations que j’ai, il existe un magasin appelé “Neumaticos del Olmo”, réputé dans le village. L’ouverture est à 9h30. J’y vais pendant qu’Isabel se promène autour de la forteresse et visite la ville. Arrivé sur place, impossible de reconnaître la boutique. C’est en fait un garage qui répare les pneus de tracteurs, de camions, de voitures et de motos. Un petit espace est dédié aux vélos. Le garage est tenu par deux frères. L’un s’occupe des poids lourds et l’autre, celui qui s’occupe des vélos, tarde à arriver. Il finit par arriver à 10h30.

Heureusement, il s’occupe de moi. Il a deux pneus pour mon vélo : un pneu gravel de 35 mm et un de 42 mm. Le reste est constitué de pneus VTT ou route. Il me propose d’essayer le pneu de 42 mm, bien que mon vélo soit conçu pour des pneus de 40 mm maximum. Il essaie de monter le pneu, mais il ne tient pas. Le fond de jante est mort, bien qu’il soit récent (un mois). Il me dit : “Pas grave, on va le changer”. Il remplace le fond de jante, installe le nouveau pneu, met du liquide anticrevaison et révise mon vélo. Une heure et demie plus tard, à midi, mon vélo est prêt à repartir.

Il est midi et j’ai théoriquement 85 km à parcourir. Je décide de faire une pause et de passer la journée avec Isabel en voiture, jusqu’à Medinaceli. Après avoir visité le centre historique et la cathédrale avec un superbe cloitre, nous partons tous les deux en voiture, avec le vélo à l’arrière. Nous visitons la région, en suivant des routes toujours aussi désertiques bordées de champs de blé, de tournesols et nouveauté, de champs de lavande. J’apprendrai que cette région est réputée pour ses champs de lavande. J’en verrai même un, que j’estimerai à 25 hectares. Des produits à base de lavande de la région sont vendus à Sigüenza.

 

En repartant, nous nous arrêtons dans un petit village, dans un restaurant qui ne paye pas de mine, mais qui est bondé. Il faut faire la queue pour entrer. Le restaurant s’avère excellent, le service impeccable et les plats délicieux, notamment les côtelettes d’agneau. La bière locale est également excellente. Je recommande vivement ce Bar Casa Juanis à Torremocha del Campo.

 

En consultant la carte, je remarque que les célèbres taureaux Osborne sont situés non loin de là. Je demande aux propriétaires du restaurant comment y aller. Ils nous indiquent un itinéraire par des petites routes et nous réussissons à prendre une photo du taureau Osborne. Dans l’après-midi, en repartant vers Medinaceli, nous apercevons un autre taureau. Nous faisons un détour pour le photographier.

Nous arrivons enfin à Medinaceli. Cette ancienne ville romaine est construite sur une colline. Il faut gravir 7 km pour atteindre le sommet. Je l’ai fait en voiture, hélas. Au sommet, se dresse une porte romaine magnifique. Le village est construit sur une ancienne ville romaine. Le musée de Medinaceli expose des mosaïques provenant des rues et des maisons romaines. C’est très intéressant à voir. Ce petit village perché sur une montagne est magnifique. Il est à noter que le Cid a séjourné à Medinaceli. Une plaque commémorative est installée sur la place du village, typique des villages espagnols.

 

Je me dis que j’ai bien fait de prendre une journée de repos sans vélo. J’ai pu me reposer, découvrir les taureaux Osborne et mon vélo est comme neuf. J’en ai également profité pour remettre mon guidon d’aplomb avec des clés Allen adaptées. Je suis prêt à repartir le lendemain.

 

*Tirade du jour :

(Acte II, scène 2) La tirade de Don Rodrigue au Comte
C’est là qu’il prononce la célèbre maxime :
« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »
Rodrigue y affirme son courage face à un adversaire redoutable.

 

 

Jour 5 : Medinaceli – Daroca (145 km, 1500 m D+)

https://www.strava.com/activities/15594700279

 

Ce cinquième jour promet une longue étape de 145 km, avec 1500 mètres de dénivelé. Je suis confiant au départ, car mon vélo a été remis en état, je me suis reposé la veille et le parcours est globalement descendant sur les 100 premiers kilomètres. Je quitte Medinaceli par une descente raide de 7 km, dans la fraîcheur matinale. Nous sommes à 1600 mètres d’altitude, et cette sensation de fraîcheur est agréable. N’ayant pas eu le temps de prendre le petit-déjeuner à notre “casa rurale” à Medinaceli, je m’arrête au premier bar que je rencontre. Je longe les salines de Medinaceli. Le tenancier du bar m’explique que le sel y est encore exploité. De vastes étendues sont exposées au soleil. Ce sel sert principalement aux fêtes de village (pour jeter sur les mariés, sans doute) et à protéger les routes en hiver, car il gèle fréquemment dans la région. Il s’agit donc d’un sel industriel, et non alimentaire.

Je reprends la route et me retrouve rapidement sur des pistes en terre, traversant des zones d’élevage porcin à perte de vue, en plein désert. J’aperçois des aigles dans le ciel. Ces rapaces sont nombreux dans la région. Au loin, je distingue une des plus belles forteresses du voyage : le château de Montuenga de Soria. Très photogénique, il se dresse à l’horizon. J’en fait le tour sous la chaleur (plus de 35°C), la vision de cette ruine dans la poussière donne une impression d’un autre monde.

 

Je prends quelques photos au pied de la forteresse, puis je m’arrête dans le village de Cetina. J’entre dans ce village par d’étroites ruelles bordées de maisons délabrées, témoignant d’une grande pauvreté. Je débouche sur une rue principale où se trouvent deux ou trois bars car il est temps de déjeuner, et on m’indique un bar où je commande un “bocadillo” (sandwich). Il est garni de poulet, d’un œuf au plat, de tomate, d’huile et de jambon. J’accompagne le tout de deux cocas, d’une glace, d’un café et d’un litre et demi d’eau. Je profite de cette pause d’une heure, d’autant plus qu’il est 13h et la chaleur est intense. Le ciel est même très orageux, quelques gouttes vont tomber durant ma pause. Avant de repartir, j’applique la même technique que les jours précédents : crème solaire, manchettes anti-UV et gants pour protéger du soleil.

 

L’après-midi, après avoir quitté cette zone désertique, le paysage change radicalement. J’arrive dans une région où je vois des champs de maïs, plus verts et plus humides. Je longe une ancienne voie ferrée transformée en voie verte. J’arrive tranquillement vers 18h30 à Daroca, où Isabel n’est pas encore arrivée. Je l’attends dans un bar content de ma journée.

 

*Tirade du jour :*

Acte III, scène 3 – Chimène

(Elle aime toujours Rodrigue, mais réclame justice pour son père assassiné)

« Rodrigue est mon amant, Rodrigue a tué mon père ;

Je l’aime, il me poursuit, je le fuis, il m’attend.

Que je demande sa mort, mon cœur m’en désespère ;

Que je veuille l’aimer, ma gloire le défend. »

 

 

Jour 6 : Daroca – Molina de Aragón (100 km, 900 m D+)

 

https://www.strava.com/activities/15605666006

Aujourd’hui, l’étape est plus courte : seulement 100 km et 900 mètres de dénivelé. C’est la distance idéale pour moi sur ce genre de voyage où il y a tant à voir. 100 à 120 km, avec moins de 2000 mètres de dénivelé, correspondent parfaitement à ce que j’aime. Cela me permet de partir à une heure raisonnable, d’aller à mon rythme, de prendre le temps de visiter les lieux et d’arriver à une heure convenable (avant 19h, idéalement). L’itinéraire prévu pour aujourd’hui est parfait.

 

Au départ de Daroca, je roule sur une longue piste cyclable, une ancienne voie de chemin de fer transformée en voie verte. Je croise de nombreux Espagnols qui ont l’habitude de se lever tôt le matin pour marcher et faire des kilomètres dans la nature. Chaque jour, ce sera la même chose : des personnes profitant de la fraîcheur matinale pour se promener, seules ou à deux, avec ou sans chien. Il ne s’agit jamais de grands groupes, mais plutôt de deux ou trois personnes. Certains font leur footing. C’est systématique et caractéristique. Et tous disent « holà » ou « buenos días ».

 

À un moment donné, je me retrouve à traverser un troupeau de moutons qui bloque la piste. Les moutons me laissent traverser, mais j’ai tout de même dérangé le troupeau. Un gros chien agressif, chargé de protéger le troupeau, s’est mis à me courir après, ce qui a généré un moment de stress intense. Pédalant à fond, j’ai fini par le distancer, mais mon rythme cardiaque est monté à 150 !

 

Je traverse Calamocha et El Poyo del Cid, où je passe sur un ancien pont romain. À El Poyo del Cid, une belle statue du Cid rappelle que l’esprit du Cid est bien présent dans cette région. Une statue ici, un mur peint là : l’histoire de l’Espagne au XIème siècle est partout.

 

Cette journée a été pénible en raison d’un vent de face persistant depuis la veille. De gros nuages et la pluie m’ont incité à rentrer par la route sur la fin. Vu le peu de marge entre mes pneus de 40 et 42 mm et le cadre, je n’aurais jamais pu continuer sur les chemins sans devoir dégager la boue en permanence. Finalement, je suis arrivé tôt (vers 15h30) pour voir la Vuelta en direct et visiter Molina de Aragón, avec ses imposantes murailles que l’on aperçoit de loin.

*Tirade du jour :*

(Acte III, scène 4) La déclaration de Chimène

Devant le roi, Chimène insiste pour obtenir justice :

« Sire, je ne demande ni grâce ni faveur ;

Je demande vengeance et non pas un vengeur. »

Elle se place sous l’autorité royale, déchirée entre amour et devoir.

 

 

Jour 7 : Molina de Aragón – Teruel (145 km, 1800 m D+)

 

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Aujourd’hui, longue étape, avec de la montagne dès le début. Toujours de magnifiques paysages : vallées isolées, forêts de pins, cultures de blé et, en fin de journée, à partir d’Albarracin, des clairières encaissées le long d’une rivière.

 

Après Chequilla, l’étape devient montagneuse, avec des lacets serpentant entre les montagnes et dans la forêt. C’est magnifique, mais difficile, car ça monte beaucoup. J’ai 7 km d’ascension jusqu’à un col offrant des falaises abruptes et un site photogénique. J’en profite pour faire une pause et prendre une photo “Instagram” avec le vélo perché au-dessus du vide. Cela me permet de me reposer avant une descente interminable, où, seul sur la route, je profite de cette belle journée. Malgré la chaleur, la vitesse et l’air me font du bien.

Après cette longue descente, je repars sur des pistes plus techniques, avec une autre ascension en pleine chaleur de midi pour atteindre 1705 mètres d’altitude au Puerto de Villa Rosario, du côté de Bronchales. C’est compliqué. Après Albarracín, dans une clairière, je suis intrigué par une statue en fer. Je freine, fais demi-tour et regarde. Il s’agit d’une sculpture en hommage à une fusillade qui a eu lieu durant la guerre d’Espagne en 1936. Le 16 septembre 1936, l’armée franquiste a fusillé des habitants locaux. La sculpture, pleine d’émotion, est placée dans un endroit isolé. Difficile de s’arrêter en voiture et de se recueillir. C’est symbolique de l’Espagne actuelle. La question de construire un musée en l’honneur de la guerre d’Espagne est débattue depuis des années, mais rien n’a été fait. Il faudrait que je revienne à Teruel pour visiter ces lieux, car ce fut un haut lieu de la guerre d’Espagne, entre 1936 et 1939.

À 30 km de Teruel, je m’arrête dans le village de Cella, où l’office de tourisme est installé dans un ancien ermitage. J’ai la chance qu’il soit ouvert. Je rentre et pose mon vélo à l’entrée. Une jeune femme m’accueille avec enthousiasme. L’ermitage est magnifique, avec un retable exceptionnel. Elle est très bavarde et sympathique et m’explique l’histoire du retable et me parle du chemin du Cid. Elle me propose des documents et me raconte l’histoire de la ville. Elle me demande si elle peut prendre une photo avec moi pour montrer à son chef. Elle cherche à faire vivre cet office de tourisme, qui a peu de clients. Je prends un selfie avec elle, que je dois lui envoyer, et je repars. C’est l’une des belles rencontres du voyage.

 

L’arrivée à Teruel vaut le coup. Les 30 km avant Teruel se font sur des routes et des pistes. Je sors de la route pour faire le tour d’un immense aérodrome, bien connu dans le monde de l’aviation civile, au nord de Teruel. De nombreuses compagnies y déposent leurs avions pour la maintenance. La piste est très longue et peut accueillir des Boeing 747. Il y en a beaucoup sur le tarmac (environ 50). Cet aérodrome a fait parler de lui lors du COVID, car les avions ne pouvaient pas voler et beaucoup sont venus ici pour la maintenance. C’est impressionnant de voir cet immense aérodrome en plein milieu du désert, réservé aux avions, sans aucun passager.

Les derniers kilomètres vers Teruel se font au sein de montagnes de terre ocre très rouge. C’est agréable, malgré la chaleur. Et cerise sur le gâteau, j’arrive à Teruel sur la place du Torico (petit taureau), symbole de la ville. C’est toujours un plaisir d’arriver sur cette place. Isabel m’attendait. C’était la fin d’une très belle journée. J’ai adoré cette journée.

 

À côté de notre hôtel, le musée d’art de Teruel est gratuit et vaut le détour. Il y a une exposition temporaire du photographe et peintre catalan Javier Jaén (www.javierjaen.com ), qui est très intéressante. Ses dessins sont colorés, avec beaucoup de relief, et traitent de la destinée du monde. Il y a par exemple une mappemonde toute blanche, avec des crayons de couleur à côté, et la légende : “Maintenant, faisons le monde comme nous le voudrions”. J’ai trouvé cette image très belle. Il y a aussi des mugs tout jaunes alignés, avec une sinusoïde qui permet de créer un smiley souriant ou triste en fonction de la position du mug. Cela donne une vision humoristique de notre état de forme quand on boit un café. Cette exposition vaut vraiment le coup.

 

*Tirade du jour :*

 

(Acte V) La supplique finale de Chimène

Lorsqu’elle accepte l’idée d’épouser Rodrigue, mais après un délai :

« Rodrigue, qui l’eût cru ? Rodrigue, que j’adore,

Rodrigue, qui m’a fait tant de peine et d’honneur ! »

Elle illustre parfaitement le conflit cornélien entre amour et honneur.

 

 

Jour 8 : Teruel – Valence (150 km, 1500 m D+)

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Dernier jour ! Il me reste Teruel à Valence, soit 200 km. Cependant, la sortie de Teruel n’est pas intéressante, et je l’ai déjà faite plusieurs fois en vélo. Pour profiter pleinement de cette dernière journée, je décide donc de raccourcir un peu le parcours. Nous prenons la route en voiture jusqu’à Mora de Rubielos, où je monte sur mon vélo. À partir de là, c’est magnifique. Mora de Rubielos et Rubielos de Mora se situent dans la Sierra de Gúdar Javalambre. Les routes sont superbes, l’asphalte est en parfait état, et pour l’instant, il n’y a pas de pistes. Le parcours se déroule tranquillement, en une longue et facile descente jusqu’à Montanejos.

 

J’arrive à Montanejos vers 13h. Je sais que la piste va devenir difficile et que ça va monter dur. Je m’arrête dans un petit bar que je connais et je commande un sandwich : huile d’olive, tomate, blanc de poulet, œuf, œuf sur le plat et fromage. J’accompagne une fois de plus, le tout de deux cocas, d’un litre et demi d’eau, d’une glace et d’un café. Je repars et, à partir de Montanejos, j’ai 12 km d’ascension sur piste jusqu’à un col. Ça monte dur et c’est très raide. Les deux derniers kilomètres sont à 12%. Je monte à 5 km/h, sous une chaleur accablante. Des mouches tournent autour de ma tête, ce qui est désagréable. Mais petit à petit, j’avance et arrive au sommet. Au sommet, en pleine forêt, la vue est dégagée. Je me repose un peu et je redescends sur la piste. Ça se fait bien, bien que je sois concentré sur le guidon. J’arrive ainsi à Caudiel et, après, c’est une longue descente de 60 km à -1% jusqu’à Valence.

 

Le début de la descente se fait sur une longue voie verte, puis sur une piste. L’arrivée à Valence est longue et je la connais par cœur. Le parcours longe des rizières et des maraîchers. L’arrivée à Valence vers 18h est assez désagréable : il fait 35° et il y a beaucoup de monde. Il y a du monde dans les rues et sur les trottoirs. Heureusement, le parcours se fait sur des pistes cyclables et je suis à l’abri des voitures même si en Espagne les voitures sont très respectueuses des vélos.

J’arrive enfin, vers 18h30, au pied de la statue du Cid, plaça d’Espanya. C’est enfin terminé ! Isabel m’attendait. J’ai fait 1000 km. C’est fait, c’est fini. Ouf ! C’était beaucoup plus dur que je ne le pensais, mais quel plaisir ! C’est un vrai chemin gravel à faire, c’est magique.

 

*Tirade du jour :*

 

(Acte IV, scène 3) Le récit de la bataille par Rodrigue

C’est la tirade épique où Rodrigue raconte sa victoire contre les Maures :

« Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port… »

 

 

Bilan de cette Aventure Gravel: Sur les Traces du Cid

 

Ce périple de 8 jours à vélo gravel sur le Camino del Cid a été bien plus qu’un simple voyage. Il s’est révélé être une véritable immersion dans l’histoire et la culture espagnoles, à travers des paysages aussi variés que grandioses. Des plateaux désertiques aux forêts de montagne, des vestiges romains aux châteaux médiévaux, chaque étape a été une source de découvertes et d’émotions.

 

Si le défi physique a été réel, avec des étapes parfois longues et exigeantes, notamment en raison de la chaleur estivale, la richesse des rencontres et la beauté des lieux ont largement compensé les difficultés. La convivialité des habitants, les paysages à couper le souffle et le plaisir de rouler sur des chemins adaptés au gravel ont rendu cette expérience inoubliable.

 

Ce voyage a également été l’occasion de nous connecter à l’histoire du Cid, figure emblématique de l’Espagne, dont l’esprit plane sur chaque village et chaque monument traversé. Les statues, les fresques et les citations du “Cantar del Mio Cid” ont ponctué le parcours, ajoutant une dimension culturelle enrichissante.

 

Malgré quelques imprévus, comme les crevaisons ou les détours involontaires, ces huit jours ont été une réussite, confirmant le potentiel exceptionnel du Camino del Cid pour les amateurs de gravel en quête de défis et de découvertes. C’est un parcours à la fois exigeant et gratifiant, qui permet de vivre une expérience unique au cœur de l’Espagne. Et je vous souhaite de la vivre vous-même !

 

Nicolas HONORÉ

Août 2025

Résultats Pomme de Terre Breizhées 2025

110 inscrit·e·s dont 9% de femmes et 23 départements représentés.

Sur cette 1ème édition, le vent a été favorable à l’aller comme au retour, ce qui est assez exceptionnel, mais par contre le mercure est monté très haut, beaucoup on souffert de la chaleur ! Ce qui a eu un impact sur les résultats :

27 DNS, n’ont pas pris le départ.

46 DNF n’ont pas franchi la ligne d’arrivée : casse mécanique, GPS HS, coup de chaleur et déshydratation, divers petits bobos.

50 Finishers ont validé le Brevet Randonneur 1000 💪. Le premier est arrivé en 53 h 15 sans dormir et le dernier 11 minutes avant la clôture malgré quelques côtes froissées !

Le Reportage de France Info (diffusé le 15 juillet) :

N° HomologationNomPrénomClubTemps
24464MATHEYFlorent70:07
24465VIALANEIXVincent65:17
24466WAIBELEtienneVélo Club des Vétérans Parisiens72:10
24467LELONGEPatrickCyclo Club Néocastrien65:53
24468BOUDONAurelienCS Pantin70:17
24469COSTEJean-MichelAudax Club Parisien59:23
24470NOAILLYRaoul69:00
24471JUMELVincent-XavierVélo Sport Clichois63:06
24472PERODEAUPatriceVTT Club Vallée du Boel67:00
24473RÉGNIERLéo-PaulN-Peloton (Nantes)66:59
24474DELALANDECécile72:10
24475GONZALEZLuisCS Pantin66:39
24476ENTZMANNCyrilAudax Club Parisien69:27
24477SOLERWilliamN-Peloton (Nantes)63:50
24478LAJEUNESSEVincentCS Pantin66:39
24479CHAIGNEBorisCS Pantin66:39
24480COGENJean-Luc61:26
24481COULANGEONPhilippeCS Pantin72:18
24482BAILLIEULLoickCyclotourisme Boeschépois70:17
24483BERNADOlivier70:40
24484BARDOUGuillaumeCS Pantin67:00
24485BERNADFlorianVCMB VTT LES RENARDS DU MANET70:40
24486FOUCRAYCorentinTIGULLIO 9465:17
24487MAGNANIVictorCS Pantin66:39
24488CHARRIERENicolasSTELL Rando64:05
24489PICHOTAnthonyTeam Addict Bike71:08
24490MYLLEFlorenceAudax Club Parisien63:06
24491DANELGuillaumeSans licence 0160:30
24492MORAINEAlainClub 92 CMCAS72:00
24493ALBINYANAEdernVC Senlis67:20
24494CALVOAlexandreSARU Ride69:54
24495COLMAIREPhilippeAudax Club Parisien71:40
24496BOINETNolan53:14
24497MOSERLukasAudax Club Parisien63:30
24498BOUDICErwan55:15
24499LE DIBERDERValentin67:20
24500GARNIERAntoine70:07
24501BEGUINETVincent66:37
24502RAGGIAleandro64:06
24503HAMGrace66:52
24504MERLEVEDEFrédéricC. C. Hazebrouck Flandres Vallée Lys70:10
24505BANNWARTHClaire69:07
24506VAILLANTFabrice67:20
24507NAVASJoséVélo Club Neuilly-sur-Seine 68:37
24508POUYLEAUThierryAudax Club Parisien68:50
24509MACARIEAntoine67:20
24510GERVELASReynald67:20
24511PHILIPOTBenjamin66:52
24512WEJMANPiotr74:49
24521LOUVETAlexandre70:40

Bonne Année 2025 !

Pour 2025 nous vous avons préparé :

Très Bonne Année 2025 que l’on vous souhaite riche en tours de pédales avec le VCN !

 

Le Dodécaudax du Solstice de Farid

Première Partie

L’information du DDX SOLSTICE a été relayé sur Slack par Jean-bâtisse, les places étant limitées et l’événement si attendu que j’ai de suite flairé la bonne occasion, prendre une place pour ensuite, lorsque les inscriptions seraient closes, revendre ma place au prix fort.

Je regrette déjà d’avoir écrit cette phrase je ne sais combien parmi vous me traite déjà de C*******,de S******

J’ai donc gardé ma place et finalement décidé de participer à cette aventure.

Une fois les options concernant l’équipement arrêtés je pensais être prêt, mais je me suis rendu compte le jour J dans le train, que je n’avais pas du tout pensé à emmagasiner un peu de sommeil. Couché tard la veille, levé tôt le matin, pas de sieste, ça allait être compliqué le sommeil, mais finalement ça se passera très bien.

À la Gare d’Austerlitz j’ai voyagé avec des copains du CSP, 5 vélos pour 3 emplacements vélo, le chef de train ne nous a pas fait de remarques. Nous avons rejoint le point de départ ou un petit ravito de bienvenue attendait une soixantaine de canaris fluorescents.

Les participants à ce DDX étaient plutôt…

Bon je vais arrêter là mon compte rendu réclamé par Jean batiste, j’ai peur en continuant de vous perdre les uns après les autres, et si certains d’entre vous veulent en savoir plus je vois la possibilité de continuer à vous en dire plus autour de la bièreS de l’amitié, que vous ne manquerez pas de m’offrir.

Deuxième Partie

Puisque vous me le demandez je m’y « recolle ». 

  • Pour les vêtements 
    • J’avais fait le choix de rouler avec un petit maillot de corps Odlo, une base layer polartec et une veste doublée en polartec.
    • Je ne vais pas vous faire un cours sur les échanges gazeux, vous connaissez la problématique.
    • Des sur-chaussures en Néoprène.
    • Des sous-gants polartec et des gants.
    • C’étaient de bons choix.
  • Pour l’éclairage
    J’ai fait le choix d’une frontale qui fonctionne sur accus, c’était un très bon choix mais une maladresse a faillit me coûter cher, je vais vous conter cela rapidement.

Ah ah ah je viens de vous lâcher un « je vais vous conter » bien fait pour vous, il ne fallait pas me relancer sur la rédaction d’un petit compte rendu, vous allez peut-être subir prochainement un « bien mal m’en a pris que n’ai je donc fait ». 

La soixantaine de participants se répartit en 3 groupes. Mon groupe, le troisième, est composé de 17 cyclistes. Nous prenons la route espacés de quelques minutes pour des raisons de sécurité.

Nous allons rouler en peloton et avons réglé nos feux arrière en mode fixe, c’est indispensable.

Il ne fait pas très froid : 3 degrés.

Rapidement les lumières de la ville et de sa périphérie s’effacent et l’obscurité prend place, nous voici plongés dans cette aventure nous allons faire 80 km pour rejoindre le château de Chambord ou un ravitaillement nous attend. 

Mais avant Chambord c’est Versailles ! Je m’amuse avec les 4000 lumens de ma lampe, ça éclaire fort mais rapidement elle n’a plus d’énergie et je me retrouve sans éclairage.

Nous roulons en groupe compact je profite de l’éclairage de mes compagnons de route, mais lorsque nous nous retrouvons les uns derrières les autres mon absence d’éclairage est un gros problème : ça ne va pas le faire.

Vous êtes toujours là ? C’est bien. 

Attention spoiler alerte, je vais vous lâcher un « bien mal m’en a pris » et un « que n’ai je donc fait » dans 3 minutes.

Je décide donc de changer d’accus en roulant et je farfouille dans ma sacoche de cadre, bien mal en a pris, que n’ai je donc fait (je vous avais prévenu), je pense faire tomber un gel sur la route mais en fait il s’agissait de ma boîte d’accus. Je fais stopper le groupe pour récupérer 2 autres accus que j’avais dans ma sacoche de selle. Ne jamais mettre tous ses yeux dans le même panier. Me voilà sauvé, j’éclaire à nouveau la route. Je cesse de jouer avec ma lampe. Ce n’est pas aux vieux singes que l’on apprend à manger des limaces.

Troisième Partie

Versailles c’est fini direction Chambord ou le ravitaillement nous attend.

A la faveur des arrêts pipi nous avons dépassés le groupe 2 et le groupe 1.

Nous arrivons aux pieds du château de Chambord.

80 km de faits.

Les bénévoles sont super organisés et bienveillants.

Si nous voulons profiter des illuminations du château nous devons reprendre la route à nouveau, la France est en crise, l’extinction des feux est dans 6 minutes, c’est pas Versailles ici !

Nous quittons un peu la trace et je fais une jolie photo… ratée. 

Prochaine étape : Vendôme dans 55 km.

La nuit est totale.

La météo se dégrade un peu, nous roulons de temps en temps sous de la bruine.

Je ne vois plus rien à travers mes lunettes, totalement embuées.

Je décide de les enlever et de les glisser dans une poche arrière.

La manœuvre est hasardeuse, je dois ralentir m’y reprendre à plusieurs fois 

Je suis à l’arrière du groupe, puis à quelques mètres du groupe, puis distancé du groupe.

Je vois leur feux… et à la faveur d’un changement de direction les feux sont avalés par l’obscurité. 

Je dois m’arrêter et remettre mes lunettes pour pouvoir suivre la trace.

Je suis seul, il me reste 35 km à faire.

Mon absence va forcément être remarqué, par mes compagnons de route, le serre-file connaît son « métier » il va arrêter le groupe.

Que nenni… Ouin ouin. 

Je me fais une raison, je vais rouler seul.

Quatrième Partie

J’ai la trace sur mon GPS.

J’ai de la lumière à l’avant et à l’arrière.

Je vais m’en sortir ne serait ce que pour écrire ce compte rendu de ce DDX que @jean baptise ne manquera de me demander. 

Ça va le faire, Forza, mais je redoute un problème technique, je ne suis pas très rassuré, je n’ai pas froid, tout va bien. 

Je roule tranquillement jusqu’au moment où j’aperçois une guirlande de feux rouges qui serpente au loin. 

Mes compagnons de route du groupe 3 sont devant, j’accélère pour les rattraper et n’y arrivant pas je finis par renoncer, j’apprendrais plus que j’avais presque comblé l’écart, à la faveur d’un arrêt pipi et d’une crevaison. 

Je roulotte à nouveau, je suis à 5 km de la pause, je vais y arriver et plus vite que je ne le pense.

« Ça va ? prends les roues » me dit un cycliste en me doublant. 

Je n’avais pas capté qu’en quittant le ravitaillement de Chambord, mon groupe 3, n’était plus le dernier groupe sur la trace.

Je roule avec l’avant-garde du groupe 1 qui attendra à un stop le reste du groupe.

Nous arrivons à la salle troglodyte, nous sommes au kilomètre 135 et je retrouve mes compagnons de route pas inquiets du tout, ils n’ont remarqué mon absence qu’en s’installant à table…

Super ambiance.

Les 3 groupes sont là. 

Beaucoup de cheveux argentés.

Des têtes connues, des cyclistes chevronnés qui font de la longue distance, Jean-Claude et ses 13 Paris-Brest-Paris, un autre 12 , des diagonalistes, Alain qui fait des DDX depuis 2014 …

L’organisation est parfaite, et comme ce « petit compte rendu » n’en finit pas, je ne vais pas vous en dire plus et vous faire gagner 15 minutes… ne me remerciez pas.

Cinquième (et dernière) Partie

Nous remontons sur nos vélos pour parcourir les 70 km de ce DDX de nuit.

Cette fois ci j’ai prêté attention, tous les autres participants sont devant, le groupe 3 est le dernier groupe.

Je ne sais pas si c’est grâce à la soupe ou au vin mais le serre-file va se montrer cette fois-ci efficace, et dès le début, il nous compte, nous ne sommes plus 17, mais 18.

@Pierre Couty du VCN a été oublié par son groupe il roulera avec nous.

Nous allons rouler une petite heure sous une pluie fine.

Les arrêts sont fréquents, @Pierre Couty crampe.

A 40 km de l’arrivée, nous tenons son vélo, pour qu’ils puisse faire quelques pas.

Cette cohésion va prendre fin au prochain arrêt.

Le capitaine de route et le serre-file rouleront avec lui, il ne sera pas seul.

Vous avez remarqué que je n’ai pas écrit « il ne sera pas seul, lui » ?

Nous arrivons à Tours, les vélos sont entreposés dans un local privatif, un petit déjeuner nous est offert.

Je vais faire simple, je zappe les sourires, les visages fatigués, ceux qui s’endorment sur les canapés, les discussions sur les horaires de trains.

La salle se vide, nous ne sommes plus beaucoup.

Je récupère mon vélo, direction Saint-Pierres-des-Corps pour rentrer à Paris en TGV.

C’était vraiment super, tu avais raison @Jean-Baptiste.

Je vous recommande de vivre cette expérience, mais j’émets une réserve sur le danger en cas de températures négatives.

Des bisous et joyeux Noël.

 

Dodécaudax du Solstice avec les Randonneurs Vendômois

Nouvellement inscrit au VCN et donc sur Slack je lis un post de Jean-Baptiste sur cette rando de nuit qui m’interpelle : 

  1. Cette année je n’ai pas fait de 200.
  2. Mis à part mes raids de nuit avec le PGR, je n’ai jamais passé toute une nuit à rouler.

Le défi était difficile compte tenu de mon peu de kilomètres cette année et de plus rouler de nuit en plein hiver, mais d’autres éléments m’ont convaincu de tenter l’aventure : l’assurance que je ne serais pas seul (les inscriptions de Jean-Baptiste qui l’avait déjà fait en 2023 et de Farid qui serait un rookie comme moi) ; l’encadrement par un capitaine de route et un serre-file, le repas dans une salle troglodyte aux deux tiers de la rando, la perspective de voir Chambord de nuit et une trace sans grande difficulté avec très peu de dénivelé. 

Inscription faite j’organise mon emploi du temps pour être à Tours le mercredi car c’est une région que je visite régulièrement dans un cadre professionnel.  Je réserve donc un hôtel pour deux nuits, proche du départ de l’épreuve ce qui me permettra d’être reposé et de bien préparer mon vélo. Bien m’en a pris car à mon arrivée à l’hôtel je me rends compte que c’est le même hôtel qui accueillera samedi matin tous les randonneurs pour le petit-déjeuner.

Après avoir consulté la météo qui ne prévoit pas d’intempéries ni de températures négatives (mais basses : entre 3 et 6° C avec un taux d’humidité inférieur à 85%) je m’équipe en conséquence : 

  • Les pieds : chaussettes en laine mérinos avec chaussures d’hiver et sur-chaussures
  • Le bas : un cuissard long
  • Le buste : 5 couches (un maillot de corps type nid d’abeille, un maillot thermique manche longue, un tee-shirt en lycra, une veste sans manche mi-saison, une veste manche longue en Gore-Tex
  • La tête : une cagoule doublée d’un tour de cou 
  • Les mains : gants en Gore-Tex
  • Les éléments de sécurité : un casque avec frontale, un harnais de signalisation
  • Les vêtements additionnels pour la pause : une veste de pluie jaune, une doudoune, un tee-shirt, un sweet, gants en mérinos.
  • Le matériel annexe : une lampe au cintre, un radar lampe Garmin Varia à l’arrière, un bidon isotherme, deux chambres à air, une pompe à vélo, deux power banks et la connectique, des barres de céréales et gels.

Fin prêt à 19h30 je rallie le départ à moins de cinq minutes devant le Palais des Sports de Tours ou l’on est accueilli par Jean-Pierre, l’organisateur, avec un café chaud et des madeleines. Je retrouve Farid prêt pour l’aventure, malheureusement Jean-Baptiste a dû renoncer à cause d’un chauffard parisien qui l’a percuté une semaine avant.

Pendant les 20 à 25 minutes d’attente nécessaires avant le départ (prises de photos, rappel des consignes de sécurité, constitution de trois groupes de randonneurs…) je suis pris d’un doute sur ma décision de participer à cette aventure car j’ai déjà froid.

Les groupes se constituent mais Farid et moi on tardons à en choisir un et par conséquent, en bouche-trous, on est séparés : j’intègre le groupe un et Farid le trois avec des cyclos de Pantin qu’il connaît.

20h le groupe un s’élance avec un capitaine de route expérimenté.  Une quinzaine de cyclos serpentent dans la bonne humeur dans les rues de Tours pour rejoindre rapidement la rive droite de la Loire et rouler en direction de Vouvray. Pendant ces dix premiers kilomètres le rythme est tranquille et en discutant je m’aperçois que je suis vraiment un rookie de la longue distance car mes compagnons sont tous des cyclos, hommes et femmes, expérimentés avec des Paris-Brest-Paris et des Diagonales dans les pattes. 

Deux cyclos m’interpellent particulièrement par leur équipement : l’un roule en sandale (Pierre Soumoulou dit le Hibou que vous pouvez découvrir dans le podcast Diagonalistes) et l’autre un extra-terrestre équipé en cuissard corsaire, mitaines et un casque sans cagoule ni bonnet ou protège-oreilles. Je me laisse glisser à l’arrière du peloton car la lumière de mon Garmin Varia, que j’ai dû fixer tant bien que mal à l’arrière de ma sacoche de selle, gêne mes compagnons quand ils me suivent.

Au niveau d’Amboise le groupe s’arrête pour un arrêt pipi et on est dépassé par les deux autres groupes, nous reprendrons quelques kilomètres plus loin notre première place pour les mêmes raisons. 

On traverse le fleuve pour laisser sur la droite Chaumont-sur-Loire et prendre la direction de Blois. La sensation de rouler de nuit est agréable car comme on se déplace en peloton homogène chacun étant entouré de feux rouges et blancs, on se sent en sécurité comme dans un cocon et on se prend à penser que l’on participe à un événement atypique avec des cyclistes admirables.

La proximité de la Loire fait que l’on ressent l’humidité transpercer nos vêtements et après trois heures de vélo je discerne une petite fringale : le rythme n’étant pas trop élevé, le froid et l’humidité rendant toute action sur le vélo pénible, on ne trouve pas le besoin de s’hydrater et de s’alimenter régulièrement (cela me coûtera cher plus tard). Je prends une barre céréale qui me requinque.

Blois est en vue mais à un rond-point une crevaison de mon pneu avant fait stopper le groupe qui est rapidement dépassé par les deux groupes suiveurs : on n’arrivera pas les premiers au ravito de Chambord. Tous les cyclos qui percent en hiver le savent : il faut rapidement se dépanner sous peine de se refroidir. La solidarité de cette rando n’est pas un vain mot : une équipe de choc change la chambre à air rapidement et nous reprenons notre rythme de croisière en dépassant Blois et en entrant dans le parc de Chambord

Kilomètre 80 il est minuit moins cinq, on arrive au ravito de Chambord. Afin de profiter des illuminations du château qui s’éteignent à minuit j’en fais le tour pour prendre une photo. Le groupe 2 et 3 sont déjà sur le départ de la seconde partie du voyage. Photo dans la boite, je me dépêche d’aller au ravito prendre un café et des gâteaux et de regonfler mon pneu avant avec une pompe à pied. 

 

Pas le temps de musarder, mon groupe est déjà parti. Je me mets en mode poursuite pour le rattraper un à deux kilomètres plus loin. En forçant sur les pédales je sens des crampes pointées au niveau des quadriceps. Le groupe s’arrête à un rond-point avant de retraverser la Loire au niveau de Muides-sur-Loire : arrêt fatal mes deux quadriceps crampent en même temps, le groupe m’attend le temps que ça s’atténue. On repart sous une sorte de crachin neigeux, l’humidité de la Loire s’imprègne dans les vêtements : il reste 120 kms à parcourir environ, la nuit va être longue.

La Loire dernière nous, on remonte sur Mer complètement endormis, on passe au-dessus de la voie ferrée Orléans – Tours puis de l’A10 et on se retrouve sur un plateau entre Beauce et Vendômois. En moulinant je ne sens plus de contractures, un vent favorable augmente notre moyenne, le taux d’humidité baissant la température extérieure est agréable, je me sens pousser des ailes et je prends quelques relais. Seule la traversée des hameaux et des villages casse la monotonie de notre environnement due à l’obscurité. De temps en temps une chouette effraie croise notre chemin. De bonne allure on dépasse le groupe deux (on apprendra plus tard que l’un des leurs a eu des ennuis de dérailleur). Dix kilomètres avant Vendôme, je vois au loin une lumière rouge et crois avoir rattrapé le groupe trois. À la faveur d’un toboggan, notre groupe fond sur la lumière rouge et en la dépassant je vois Farid esseulé dans la nuit qui pourchassait son groupe pendant plus de 30 km après un ennui de lunettes. Pas cool le groupe trois qui l’a abandonné ! Pourtant ce sera le même groupe qui va m’accompagner et me soutenir jusqu’aux portes de Tours. 

Il est trois heures du matin, nous traversons Vendôme pas si endormie que cela puisqu’une assemblée de jeunes sortant ou allant à une fête nous acclament sur le bas-côté. 

Plus que cinq km et c’est le repas chaud ! Enfin le kilomètre 137, clou de la soirée. On gare nos vélos à l’abri d’un porche taillé dans la roche, on se change, on recharge les accus des Garmin et des lampes. Chacun se restaure dans la joie et la bonne humeur : apéro, soupe de potimarron, gratin dauphinois avec jambon, fromage et tarte aux pommes. Un des organisateurs met à l’honneur des cyclos qui ont à leur palmarès douze ou treize Paris-Brest-Paris et toutes les Randonnées du Solstice depuis leur création en 2014.

Pour ma part je n’ai pas pu profiter pleinement du repas car au milieu de celui-ci mes deux quadriceps se rappellent à mon bon souvenir et se contractent en même temps : je m’isole pour que passe la douleur et me masse les cuisses. Rien n’y fait. Après plus d’une heure de pause ils se sont refroidis malgré une hydratation à la Badoit de l’apéro et à la soupe. Cela va être dur de redémarrer surtout mais tout le monde se lève pour reprendre le périple. Je me déplace péniblement jusqu’à mon vélo, me rééquipe. Les crampes ne disparaissent pas, au contraire à chaque mouvement elles perdurent. Des cyclos bienveillants viennent me voir et me donnent des compléments sous forme de pastilles à sucer. Je me dis que la dernière partie va être dure : 70 km restant avec pratiquement tout le dénivelé de la rando à faire. La maîtresse de maison essaye de me dissuader de continuer dans cet état et me suggère de terminer dans la voiture qui me ramènera à Tours au petit matin. J’avoue que c’est tentant : plus de souffrances, plus de froid, plus de vélo. De plus, le temps de me préparer et de discuter mon groupe était parti. Seul le groupe trois de Farid était encore là : l’honneur du VCN était en jeu. N’écoutant que mon égo je monte péniblement sur mon vélo et m’engage dans le final sous un crachin non prévu par la météo.  

Première côte après 3 km, je mouline et la monte sur le dernier pignon. Je sens mes cuisses se contracter mais cela passe. Sur le plat je refais mon retard mes compagnons réduisant leur allure pour m’attendre. Mais dans la prochaine difficulté, une grande rampe rectiligne, malgré un gros développement, mes deux quadriceps ainsi que mes ischios crampent en même temps. Je déchausse rapidement sous la douleur et éprouve la sensation d’avoir deux poteaux télégraphiques à la place de mes jambes. Thierry le capitaine de route redescend le raidillon et viens m’aider. Il évalue la situation en me demandant si je peux marcher et terminer la bosse en bipède et m’assure qu’il restera avec moi si nécessaire jusqu’à Tours. Mon vélo par terre, je ne peux pas m’asseoir car les bas-côtés sont trempés, heureusement une rambarde de sécurité me permet de m’asseoir et de lâcher la pression sur mes cuisses.  Il reste 60 kms à parcourir mais il faut que j’y arrive, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, après Chambord j’ai crampé mais cela a passé et j’avais même retrouvé des sensations donc pourquoi pas renouveler l’expérience. Je monte péniblement la rampe à pied, au sommet je me remets en selle et re-pédale tranquillement. Au moindre dénivelé positif (petite bosse, faux -plat, et raidillon) je mets le gros pignon et contrôle les contractures ; évidemment avec Thierry nous perdons rapidement du terrain par rapport au reste du groupe. Je me fixe mentalement des étapes de 20 km. Les autres nous attendent et nous faisons une pause sur le bord de la route juste avant Château-Renault. Thierry est rejoint par Bruno qui vont m’accompagner en papotant non-stop jusqu’au petit déjeuner.  On passe devant un Lidl tout éclairé, la mise en rayon a commencé, la circulation automobile est plus fréquente, il doit être au moins six heures du matin. On quitte Château-Renault : Vouvray est à 25 km. 10 km avant Vouvray après une courte pause le groupe trois en file indienne et en musique prend le large nous laissant seuls Thierry, Bruno et moi. 

Enfin Vouvray, on traverse la Loire pour rejoindre la piste cyclable de La Loire à Vélo. Malgré la pénombre on sent que l’agglomération se réveille, la circulation devient dense : camions, bus, quelques vélotafeurs, on redevient des cyclistes ordinaires. Je n’ai plus d’énergie mais pas envie de dormir : l’écurie est proche, plus que quelques kilomètres avant le final. On dépasse le panneau Tours, on prend des avenues avec des pistes cyclables ou on se laisse doubler par des VAE : les 200 km ont laissé des traces ! Avenue Gramont on rejoint le local vélo de l’hôtel pour sécuriser nos montures le temps de prendre le petit déjeuner.

Je remercie mes deux anges gardiens pour leur soutien et, bon dernier de l’épreuve, rejoint par l’ascenseur les 50 autres participants dont Farid du VCN et les organisateurs heureux que tout se soit bien passé et nous nous donnant rdv pour le Dodécaudax des Rois le 11 janvier 2025.

 

Le Toboggan Meudonnais de Jérémie

 

Ce matin, réveil à 6h pour participer à la célèbre Classique Meudonnaise. Malheureusement, j’ai réveillé madame, qui n’était pas très contente. Elle n’a pas compris pourquoi je devais partir si tôt, d’autant plus qu’habituellement, je quitte la maison à 7h30 pour les sorties avec le groupe 1. Donc dès le matin, je me fais engueuler, et je ne pars pas sur les meilleures bases !

Il fait 10 degrés, l’air est humide après presque deux semaines de pluie. On a même eu quelques frayeurs car Saint-Rémy-lès-Chevreuse était encore inondée samedi.

Je pars de Colombes à 7h pour rejoindre la mairie de Neuilly, et j’y arrive vers 7h20. À ma surprise, une quarantaine de cyclistes sont déjà là, rassemblés dans la nuit noire. Leurs feux avant clignotants illuminent la scène, avec les feux arrière rouges, créant une atmosphère presque féerique au milieu de la ville encore endormie.

À 7h30, départ pour rejoindre Meudon. On traverse Boulogne-Billancourt et le pont de Sèvres, puis on attaque une montée raide de 2 kilomètres. Ce n’est pas un simple faux plat : la pente est bien marquée et elle nous prépare déjà psychologiquement à ce qui nous attend. Cette première montée annonce clairement la couleur de la journée.

Lorsque nous arrivons à Meudon, dans l’espace vert près des terrains de foot, nous sommes accueillis par un épais brouillard qui enveloppe le paysage. Malgré cette ambiance un peu mystérieuse, on est surpris par le nombre de participants déjà présents : plus de 500 personnes attendent le départ.

Le président, comme à son habitude, s’occupe de récupérer les bracelets et d’organiser les groupes.

Le parcours de 88 kilomètres, avec ses 11 bosses, nous attend. Plus de 1000 cyclistes s’élancent sur les routes de la vallée de Chevreuse. Au milieu du parcours, on enchaîne une bonne dizaine de bosses, chacune avec une pente moyenne d’environ 5 %.

Ce n’est pas un parcours de tout repos, c’est même assez exigeant, surtout avec les conditions actuelles. La pluie des derniers jours a laissé sur la route une épaisse couche de feuilles mortes, rendant certaines portions particulièrement glissantes. Il faut rester très attentif dans les descentes, car la moindre erreur peut coûter cher. Cette technicité rend la course encore plus intéressante, mais aussi plus difficile à gérer pour certains.

La circulation des cyclistes est dense, mais l’ambiance est incroyable. Chacun avance à son rythme, encouragé par l’énergie du groupe. Les premières bosses se passent bien, mais après la neuvième, les jambes commencent à brûler.

Heureusement, le ravitaillement arrive à point nommé, avec un festin de foie gras et d’huîtres, qui apporte un peu de réconfort avant d’affronter les derniers kilomètres.

Je me demande encore comment les cyclos arrivent à enchaîner un tel parcours en mangeant 4-5 huîtres , 3-4 toasts de fois gras et un petit verre de vin blanc. Je ne sais pas comment ils font pour digérer ça avec le volume de bosses qu’il reste ensuite ! Au final, je pense que ce sont toutes ces questions qui font le succès de la classique aujourd’hui.

À la fin, les membres de Neuilly arrivent petit à petit, par groupes de 3 ou 4 personnes, chacun à son rythme, chacun avec des allures différentes, mais toujours dans une bonne ambiance. Les premiers arrivent, puis d’autres groupes suivent, encore 3 ou 4 personnes, puis encore 3 autres, et ainsi de suite.

Finalement, tout le monde se retrouve à l’arrivée pour partager un dernier sandwich, savourer la coupe remportée par le club, et échanger quelques derniers mots avant de reprendre la route.

Pour certains, la journée n’est pas encore terminée : il reste une vingtaine de kilomètres pour rentrer jusqu’à Colombes. Et surtout publier cette belle sortie sur Strava. Fatigués, chacun rentre chez soi avec le souvenir d’une belle journée de cyclisme, marquée par la camaraderie et le dépassement de soi.

C’était ma troisième édition de la Classique Meudonnaise, et c’est toujours un grand plaisir de partager autant de bons moments sur cette édition 2024. C’était aussi ma deuxième participation et mon premier anniversaire en tant que membre du club de Neuilly-sur-Seine. Déjà plus de 35 sorties de plus de 100 kilomètres dans ce club si accueillant !

C’est vraiment plaisant de voir à quel point le club évolue au fil des mois, avec plus de 130 membres aujourd’hui. Une belle aventure qui ne cesse de grandir.

Photos Michel B. et Brunso S.

Plus jamais ça

Mardi dernier en fin d’après-midi un cycliste de 27 ans a été écrasé et tué à Paris par un automobiliste suite à une altercation.

En tant que cyclistes nous avons tous et toutes confronté·e·s à des manœuvres risquées ou des intimidations mettant nos vies en danger.

Cette fois-ci une étape supplémentaire a été franchie et Paul Varry l’a payé de sa vie : c’est révoltant, écœurant et inacceptable.

Le VCN présentes ses sincères condoléances à la famille de Paul et lui offre tout son soutien dans cette terrible épreuve.

Un sursaut  des consciences est nécessaire pour que l’on ne voit plus jamais ça !

 

Tour de France Randonneur de Jean-Claude

Le Tour de France Randonneur de l’US Métro c’est un parcours de 4800 km minimun, avec 45000 m d’ascension et 61 points de contrôles, qui suit au plus près les frontières de la France métropolitaine, à réaliser dans un délai maximal de 30 jours.

27 jours, 5000 km d’émotions qui sont dans ma tête maintenant.

Je réalise seulement quand c’est terminé à quel point c’est un défi énorme comme si l’on ne voulait pas se faire peur avant et ne pas y aller, ce qui serait vraiment dommage.

Je suis parti avec un peu trop de choses que j’ai promenées jusqu’à Saint Raphaël où je me suis envoyé un colis contenant 2 vestes, une serviette, un petit sac à dos, des jambières et des manchettes. Je n’ai gardé qu’un maillot et un cuissard de rechange, une veste un peu chaude mon pantalon et ma veste de pluie et mes sur chaussures, ces trois derniers équipements étant un peu les héros de l’aventure au vu du temps pluvieux j’avais également un sac de couchage. Je suis donc reparti plus léger pour attaquer les Pyrénées.

Ma grosse erreur aura été de ne pas changer ma cassette pour avoir au moins 32 contre 29 qui m’ont empêché de mouliner dans les côtes et surtout qui ont augmenté ma fatigue. En effet les trois quarts du tour se sont bien passés, hormis ma chute provoquée par un animal après Sault durant la nuit mais je m’en suis bien sorti et j’ai été vite remis en selle par un super vélociste de Uzès.

Le dernier quart a été beaucoup plus difficile, en quittant les Pyrénées j’ai eu très mal au bas des cuisses qui m’ont empêché d’avoir une progression acceptable ce qui m’a miné le moral sur quatre jours. Je suis passé à la pharmacie où ils m’ont conseillé de mettre du baume du tigre rouge et des pastilles à mettre dans ma gourde pour augmenter mon hydratation. Heureusement les douleurs se sont atténuées et la rencontre avec Bernard a fini de me requinquer.

 

 

 

 

 

 

 

 


Je n’ai trouvé qu’un passage difficile au niveau de la Rance, ce n’est pas équipé pour les vélos, il faut marcher pour traverser le passage et ensuite marcher dans un bois en pente raide avec plein d’épines de pins qui se prennent dans les étriers de frein. J’ai presque regretté de ne pas être passé sur la route mais bon ça semblait dangereux surtout avec les camions.   Pour l’hébergement j’avais prévu de dormir à la belle étoile, l’été quoi, mais le temps était globalement pourri j’ai donc utilisé trois fois mon sac de couchage et le reste du temps je suis allé à l’hôtel. Pour réserver j’ai joué à Matrix avec mon épouse, j’avais partagé ma position et l’itinéraire avec elle et vers 21 h elle m’envoyait l’établissement où je pouvais aller, j’appelais pour réserver, ça a très bien fonctionné.      

 

 

 

 

 

J’ai roulé plusieurs fois la nuit, notamment pour la première étape que je voulais faire en mode PBP, c’est à dire 600 km en une fois pour profiter de la motivation et de l’énergie du début et pour entrer dans le vif du challenge. Mes participations aux brevets et au PBP m’ont confronté à la problématique de l’éclairage et du rechargement pour être autonome et la meilleure solution est pour moi la roue avec une dynamo dans le moyeu (Deluxe) et une lampe (beacon wave) qui permet en plus de l’éclairage de recharger un téléphone ou une batterie. J’avais également une frontale pour m’éclairer lors des arrêts et notamment pour installer le bivouac.

Sinon j’avais une cuillère, un couteau, un chargeur et une batterie ainsi que mon carnet de route et tout ça allait dans ma sacoche de cadre, bien pratique. J’avais également deux sacoches “drop” qui se fixent au niveau de la potence et qui sont très pratiques. Dans l’une j’avais ma gourde et dans l’autre il pouvait y avoir soit une banane soit gâteaux…


 


Je le referais bien dans quelques années avec un plus petit ratio et dans l’autre sens !


Jean-Claude.