L’Étape du Tour 2019. 21 juillet 2019.

Albertville – Val Thorens, 135 km, 4500 m de dénivelé.

Le vélo c’est beau. 

Surtout dans les campagnes. Tu flânes à travers des paysages toujours différents grâce aux saisons. Tu avales des kilomètres en glissant le long de rivières, parmi des forêts tranquilles vertes et ombragées, rafraîchissantes et apaisantes. Tu profites de la nature, et de sa tranquillité « au vert ». Tu avances à ta propre vitesse. A celle que tu as décidée. Certes, vitesse réduite dès que cela monte, et accélérée, sans douleur, dès le moindre pourcentage négatif, mais à ta propre allure. C’est toi qui décide. Personne d’autre. Plaisir total. Oui le vélo ça doit être et doit rester un plaisir total. 

Alors pourquoi aller faire le zouave sur l’étape du Tour ? La même que celle des pros qui vont l’emprunter samedi 27 juillet, avant-dernier jour du tour 2019.

Résumé de ce dimanche 21 juillet 2019 pour essayer d’y répondre… 

Dimanche 4 h 15 : le réveil sonne.
Argh, où suis-je ? Normal, on loge aux Saisies à 30 km d’Albertville (car 16.000 participants donc très peu de logements disponibles pour 4 personnes lors de notre inscription en octobre dernier) et les routes seront coupées à la circulation à partir de 6h30. Il faudra donc être prêt et sur place avant 6h30. Comptez 30 minutes pour quitter le nid tout frais + 30 minutes de petit déjeuner bien complet + 40 minutes de voiture + 15 minutes pour décharger les vélos et se mettre en condition = on sera juste bien on time dans nos sas de départ.
Note : après s’être réveillé la veille à 5 h 30 pour faire Paris – Les Alpes un samedi de juillet, ce second réveil encore plus tôt, fait mal…

6 h 05 : Voiture garée le long de la route.
Nous sommes partis à 5 h 30 des Saisies. Garée à côté de nous, une voiture de 4 bretons venus pour la même raison partagent ce moment de révision ultime. Partage d’impression. Le WD40 c’est efficace ? oui non… Nous sommes à 3 km d’Albertville. Un gendarme arrive et se positionne pour couper la route à 6 h 30. On sort les vélos. On monte les roues, les selles, le bonhomme, on vérifie que le dossard est bien dans le dos, la plaque nominative sur le vélo, le profil de l’étape scotché sur la barre du vélo (très très utile pour doser son effort), photo souvenir et hop on quitte Isabel qui va remonter aux Saisies pour dormir.
Nous arrivons à Albertville 5 minutes plus tard. La ville est déjà réveillée. Des cyclistes de partout. Des spectateurs. La télé interview quelques participants. Des barrières pour privatiser tout le circuit. Et 15 Sas, 15 enclos, nous attendent pour nous parquer. 1 sas = 1000 personnes… 
Nous sommes dans le sas 10. Fermeture du sas 8 h 00. Départ 8 h 15. Tout est très précis. Il est maintenant 6 h 45, on a le temps de découvrir notre sas. De nous faire contrôler le dossard, de rentrer et de s’asseoir par terre. Il fait déjà très bon. On patiente. On entend parler anglais, espagnol, italien, allemand, hollandais. Tout est très calme. On s’endormirait presque… logique, cela fait déjà 2 heures qu’on est réveillé…

7 h 45 : Le sas s’ouvre.
Chacun s’ébouriffe. On se lève, redresse le vélo. Chacun progresse d’abord à pied, puis un pied sur une pédale, puis les deux attachés vers la ligne de départ. On entend les clics de chaque pédale automatique. Puis on s’arrête à nouveau. Et on repart pour s’arrêter finalement devant la ligne de départ officielle. Musique rock à fond. La flamme olympique des Jeux d’Albertville est même allumée pour l’occasion… les petits plats dans les grands. Tout y est ! On se sent en forme et près à gravir des montagnes ! VO2 au max du max !

8 h 14 : Ligne de départ.
On a même un discours à l’américaine, très « we are the champions », d’abord en français puis en anglais pour nous rappeler qu’on va vivre une épreuve de fous mais qu’au bout de la douleur et patati patata… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 et 8 h 15 c’est parti ! Sous une musique de fous, des applaudissements dignes d’un 4 juillet à New-York et des fanions jaune et noirs en pagaille. C’est la fête du vélo…

8 h 15 : km 0.
Go ! 3 km de plat pour sortir d’Albertville puis c’est la première ascension, direction le Cormet de Roselend c’est à dire à 40 km de là. 40 km d’ascension à des pentes plus ou moins variables. La route est large et lisse. De plus elle est interdite à la circulation donc on peut rouler tous de front – et un paquet de 1.000 coureurs en même temps ça fait du monde – sans aucun problème. Température agréable. Pente moyenne faible. Facile et 21 km plus loin le 1er ravitaillement est déjà là. On a presque envie de le sauter, mais boire et s’alimenter, c’est primordial pour compenser les 8.000 ? 10.000 ? 12.000 ? calories qu’on va perdre. Donc pause. 5 minutes.
Il est 9 h 10. Une petite photo de mon GPS pour mes stats. En avance sur mon planning (9 h 15), trop facile le vélo. Je repars 10 minutes plus tard après un ravitaillement et remplissage de bidon. Il fait 26 degrés déjà, attention à l’alimentation… ne pas oublier !

9 h 20 : km 21. Beaufort et départ vers le Cormet de Roselend.
Le pays du Beaufort ? oui oui du fromage si connu c’est bien par ici. J’en connais qui seraient ravis de faire une pause plus longue pour déguster mais on n’a pas trop la tête à ça. Promis on reviendra demain en acheter mais là pas de gras, surtout pas !
Prochaine étape ce fameux Cormet de Roselend. Je ne connais pas du tout ce col. C’est que ça doit pas être si difficile. Et surtout c’est superbe. Une file incessante de vélos circule de front sur la route des alpages. Le lac de Roselend est couleur turquoise. L’endroit invite au repos, au pique-nique et au farniente. Hélas nous sommes là pour autre chose, « ValTo » nous attend. Pousse sur tes jambes petit bonhomme, pousse! 

11 h 10 : km 42. Cormet de Roselend.
Ouf il est là. Le Cormet de Roselend. Photo souvenir typique du sommet. 1968 m ça commence à faire… mais l’avantage c’est que la température n’a pas monté, on est resté à 26 degrés. 42 km effectués. 1650 m de dénivelé. 1/3 déjà accompli. Il fait beau, la montagne est superbe, je suis plutôt bien. Je ne suis jamais entré dans ma zone 5, zone anaérobique, depuis le départ. Et très peu en zone 4, au seuil. J’ai donc plein de réserves. Le vélo bis repetita c’est beau !

Le col dépassé, la descente vers Bourg-St-Maurice est superbe. Sur 20 km. Avec la route privatisée on peut prévoir de larges entrées de virages. Certains savent descendre et cela se voit. Je me fais doubler par une fille qui est aplatie sur son vélo. Superbe à voir ; elle arrive derrière et me souffle littéralement. J’arriverai quand même en bas avec elle, aidé par mon poids qui dès que la pente s’adoucie me fait gagner du terrain tout seul. 20 km de réel plaisir et merci aux freins à disque dans les épingles. Efficaces !

km 61. Bourg St Maurice. Ravito. 
Le ravitaillement est bien situé ; large place. Et on a droit à du pain complet, du fromage, du jambon de pays en plus des traditionnels gels, gâteaux et fruits secs. Et vue l’heure, l’appétit est là. Tout semble bon. Je prends une bonne pause pour repartir rassasié et en forme.
Une dizaine de kms à faire en fond de vallée. Avec un petit groupe on avance sans forcer. Nous glissons sur de belles routes et gagnons au km 75 le bas de la Côte de Longefoy. 
6 km d’ascension en fôret. Pente moyenne 6,8 %. Ca pique parfois pas mal avec de nombreuses portions à 8 et 9 %. On puise dans les réserves. Surtout que la température monte monte… Les premiers coureurs pied à terre font leur apparition…

km 81. Sommet de la côte de Longefoy. 1.200 m.
De nombreux spectateurs présents pour cette journée ou déjà là en prévision de l’étape des pros, la vraie du 27 juillet nous applaudissent et nous encouragent. C’est bienvenu et je reçois quelques encouragements en espagnol. Je comprendrai pourquoi à la fin seulement car mon dossard est imprimé avec un drapeau ibérique. No se porque… Mais ces « Vamos Nicolas, vamos » ou autre « courage, vous allez y arrivez », « bravo allez » font du bien.
De même que certains habitants qui ont sorti un tuyau d’arrosage pour nous asperger au passage. Cela donne un coup de fouet saisissant mais bienvenu. Tout comme les gouttes d’eau fraîche qui traversent ensuite le casque sur quelques minutes encore. Un peu de douceur… 

14 h 01 : km 101. Moutiers.
Je suis enfin à Moutiers. Il y a un monde fou au ravitaillement qui est mal placé, mal aéré et sans ombre. De nombreux coureurs sont assis par terre; tous rouges. Il fait très chaud ici au fond de la vallée. Je bois une bouteille entière de Badoit et un verre de Coca. Pas plus de Coca car l’an passé lors de la Marmotte le Coca m’avait tué dans l’Alpe d’Huez. Depuis ce temps-là j’appréhende ce soda en route.

Coté météo ça se corse. 36 degrés à midi au soleil. Aie. La montée va être dure mais ô joie, il ne me reste plus que 34 kms à faire. Cela fait 6 heures que je roule. D’ici mettons 3 heures je devrais avoir fini. Cela ferait mettons 17h30. C’est top, largement devant la voiture balai et la disqualification qu’on craint tous. J’en profite pour appeler Isabel et lui dire que c’est dur mais tout va bien, rendez-vous à tout à l’heure vers 18 h à Val Thorens…

Mais le départ de Moutiers est trop raide. On sort de la route principale pour bifurquer sur la droite et on entame tout de suite du dur à 8 %. Glups. Je me rassure en me rappelant que l’Alpe d’Huez commençait par un raidillon de 500 m à 11 % mais quand même. Je peine. De plus en plus. L’effort et la chaleur me font transpirer énormément ; mes bras deviennent blancs de sueur perlée sur les bras. Étonnant moment. Sensation bizarre. Je décide de m’arrêter. Je dépose ma tête sur mon guidon pour souffler. Et j’entends mon nom hélé par une voix que je reconnais tout de suite. Serge des Pyrénées est là. Frais comme un gardon. Puis Katia arrive. Fatiguée mais semble plutôt en forme. Ils me proposent de repartir avec eux. Impossible car je n’ai plus de rythme et quelques minutes plus tard il sont déjà loin devant, je ne les vois même pas s’éloigner.

Sur le chemin chaque kilomètre est précédé d’un panneau aux couleurs jaune et noire du Tour de France indiquant la pente moyenne à venir. Très classique en montagne et bien connu des cyclistes des Alpes, Pyrénées, etc. En plus ici c’est étalonné spécifiquement pour cette étape. Top ! Dans ma tête j’avais retenu que c’était en moyenne 35 km à 5 ou 6 %. Pour mon mental je m’étais dis que cela signifie 5 à 6 % de pente minimale. Ca aide à passer le cap. Mais en fait dès le départ ils annoncent 8 % de pente. Et 3 fois de suite, 8 %. Big coup au moral. j’ai beau avaler un « block cube » énergétique par heure ça se complique. Et cette chaleur qui monte monte jusque 40 degrés est épuisante malgré la route serpentant la montagne souvent ombragée.

Je continue et je ne sais pas comment, avec un cerveau vidé, le regard fixé sur mon GPS et les mètres qui n’avancent pas, j’arrive explosé, à St-Martin.

Quelle heure ? km 117 : St-Martin-de-Belleville.
2 jours plus tard je n’en ai plus aucun souvenirs. Ca ressemblait à quoi St-Martin? Aucune idée. Et le ravitaillement, il était comment ? J’essaie de me souvenir et il faut me forcer car oui ça me revient je me revoie sur un parking, une place goudronnée, assis par terre adossé à une poubelle de ville pour essayer d’avoir un peu d’ombre sur 50 cm d’espace « ombragé ». Oui c’est bien ça. Au pied de la poubelle avec une bouteille de Badoit que je n’arrive pas à boire tellement je suis à sec. Puis d’un seul coup j’entends annoncer que la voiture balai c’est dans 15 minutes. Je me dit tant mieux no choice pas de ma faute j’abandonne. Je n’ai plus de forces du tout. Et il me reste 17 km… À 6 km/h je vais encore mettre 2 h 30 ?! tout ça pour me faire débarquer par la voiture balai ? Mais je me dis que je dois y arriver, faut pas déconner m… ! J’essaie de me motiver en me disant que maintenant c’est uniquement dans la tête. Mon cœur est calme donc pas d’alerte. Je n’ai plus de jambes hé bien tant pis je roulerai en 34 / 32 s’il le faut. Et je me relève, je décroche mon vélo, je titube avant de monter dessus, j’entends d’autres coureurs dire que c’est foutu avec cette voiture balai et là, ça me motive encore plus. Et je repars. Dans le dur direct. Et ouf la température n’est plus que de 36 degrés. Ca commence à baisser, je me dis que ça ne peut aller que de mieux en mieux. J’aurai peut-être même froid en arrivant là-haut (Val Thorens est à 2400 m).
Avant de repartir j’y pense mais je n’ai même plus la force de prendre la photo de mon Garmin. Mes stats c’est foutu. Faudrait que je prenne la photo. Pas la force. 

Quelle heure ? km 123. Arrivée aux Menuires. 
Je n’avance plus. Compteur bloqué sur 6 km/h. Je ne double que des coureurs à pied, en chaussettes, vélo à la main ou qui sont arrêtés sur le bas-côté de la route, assis ou couchés. Hormis ceux-là, tout le monde me double. Mais qu’est ce que j’ai? Je n’ai pas mal aux jambes, pas de crampes, le cœur tourne régulier mais je n’arrive pas à appuyer sur les pédales. La bouche est sèche et l’eau que je bois régulièrement ne change rien. Je me force à manger. En vain. C’est désespérant. En traversant les Menuires je me dis que s’il y a un bar quelque part je m’arrêterai. Ca aidera peut-être à récupérer un je-ne-sais-quoi. Ca y est. Un petit bar sur le parcours. Petite terrasse. On s’y sentirait presque bien. Je pose le vélo ; un autre cycliste est là aussi, il raconte qu’il a fini et qu’il est redescendu pour se changer ici aux Ménuires. Sa femme est là aussi. C’est cool. Étape finie, réussie et moi il me reste encore combien de kms ??? Coup au moral ! Bon, pas grave, 2,50 euros pour un Orangina que je déguste, que je sirote avec un plaisir sincère. Jamais j’aurais crû qu’un Orangina pouvait être si bon…
Mais le temps passe vite. Je me suis arrêté quoi ? 10 minutes ? 15 ? Je perds du temps là. Allez en selle Marcel ! Pour 12 longs kms encore.

km 135 : ValTo. La délivrance.
Le panneau 3 km est devant mes yeux. Sortie de nulle part la plaque Val Thorens je la vois enfin. Il ne me reste plus rien à faire. Cela me redonne quelques forces mais il faut traverser tout Val Thorens, sortir sur les pistes de ski et les 500 derniers mètres sont horribles. 10 % 11 % debout sur les pédales, assis, en danseuse, assis, en danseuse j’avance. Les spectateurs nous encouragent. La musique de l’arrivée est là. Le speaker annonce que voilà d’autres finishers sur la ligne.
J’ai du mal à sourire mais j’y suis enfin. Tapis jaune pour les derniers 100 m. Le chrono affiche un truc affreux 11 h 11, 11 heures 11 minutes…

Quel idiot disait que le vélo c’est beau ?

Mais j’ai réussi. Ce ne fut pas du tout un plaisir sur ces 35 derniers km. Je n’ai plus envie de recommencer. Ecœuré je pars prendre une bière. Ca me remet en selle. J’appelle Isabel et Jean-Jacques. Et je remonte le vélo pour aller les rejoindre 5 km plus bas. C’est fini.
Bravo aux pros qui feront cela en 5 heures ? Le 1er ce jour-là a fini en 4 h 44. Chapeau bas !

Nicolas 


Analyse technique de ma course :
Un truc effarant et qui m’a sauté aux yeux : Je fais 100 km , 3000 m d’ascension, en 6 heures. Vitesse moyenne = 19.1 km/h. Pas trop de problèmes. Easy.
Puis les derniers 35 km, 1500 m en 5 heures. Vitesse moyenne = 7 km/h.
Effarant ! 

Autre chose pas normale: une fois arrivé je n’avais pas faim du tout. Juste envie d’une bière – ce que j’ai fait – puis 30 minutes plus tard je redescendais vers le bas de Val Thorens pour rejoindre Isabel et Jean-Jacques en ayant plutôt bien récupéré. La nuit pas de crampes. Le lendemain aucune douleur dans les jambes.
Ma conclusion : 1) alimentation mal ciblée, manque de protéines pour maintenir les muscles à niveau et 2) pauses trop courtes donc je n’ai jamais récupéré, je n’ai fait que de m’épuiser, m’épuiser tout au long de la cyclo. 

Autres pistes : 
Le timing. Levé la veille à 5h30 pour faire 8 heures de voiture. Pas de vélo pour faire tourner les jambes la veille et levé encore pus tôt le jour J à 4h30. Pas optimal du tout. 
La météo. Chaleur. Mais a priori j’y suis peu sensible et je préfère cela à du vent et de la pluie froide. 

Conclusion : alimentation + récupération à travailler + timing des jours précédents. 
Faut que je travaille cela désormais car dans ces conditions le vélo c’est pas cool du tout. 

PS : Les stats: 
Video d’ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=G4lVAz5u5Ao&feature=youtu.be 
Strava https://www.strava.com/activities/2552264792 135 km, 9 h 20, 4200 m, 9784 Calories, vitesse moyenne 14,4 km/h, max 85 km/h, température moy 26°.
Relive : https://www.relive.cc/view/g37772941297 

Marmotte en deux jours

Steve, Michel, Hervé, Jean-Baptiste, Arnaud et Thibault moins téméraires que Nicolas ont choisi la formule rando histoire d’avoir deux jours de pur plaisir pour apprécier l’Oisans, la Maurienne, le Galibier et bien sûr l’Alpe d’Huez.

Jour 1 : 8h30, départ de l’Alpe temps radieux, on sait qu’il va faire chaud. Descente vertigineuse vers la vallée le compteur s’affole ! Au Bourg d’Oisan nous récupérons nos dossards et confions nos sacs à dos à l’organisation pour un transfert à Valloire.

Premiers kilomètres sur du plat, histoire de chauffer les muscles, puis après le lac du Vernet l’ascension vers le col du Glandon débute, nous sommes à 710 m d’altitude et le sommet dans 36 km à 1924 m. J’arrive au sommet vers 13h, Hervé et Steve m’ont gentiment attendu alors que le reste de l’équipe a déjà poursuivi le parcours.

Descente dans la vallée de la Maurienne puis 20 km de faux plat montant vers Saint Michel de Maurienne, certainement la portion la moins agréable du circuit. Puis ascension du col du Télégraphe, 12 km pour gravir 836 m de dénivelé. Enfin quelques km de descente pour rejoindre Valloire, bonne surprise des organisateurs, un van nous conduit à l’hôtel ! Bières et repos bien apprécié.

Jour 2 On rentre immédiatement dans le vif du sujet : l’ascension, du Galibier, 18 km pour gravir 1 214 m de dénivelé. Le paysage est tellement époustouflant que l’on oublierait presque que c’est dur, voire très dur. La route étant sur la fin réservée aux cyclistes c’est du pur bonheur ! Impressionnant de voir autant de neige sur le bord de la route.

Descente ensuite vers le col du Lautaret ou je retrouve Hervé qui part un peu devant, tourne à gauche, je le suis… mon GPS clignote tout rouge pour m’indiquer que je ne suis pas sur la bonne route, étrange il y a d’autres cyclistes qui prennent ce chemin, je ralenti… effectivement nous ne sommes pas sur la bonne route, que faire ? Hervé est déjà assez loin sur la longue descente vers Monêtier, je pars à sa poursuite ! Le mot n’est pas vain, nous sommes sur une descente de 5 à 7 % sans virages avec un très beau revêtement. J’ai beau tourner les jambes le plus vite possible, je ne réduis que très lentement l’écart avec Hervé.  C’est seulement après une bonne dizaine de kilomètres que j’arrive à sa hauteur. Pas d’autre solution que de faire demi-tour. Nous voilà reparti… et la chance était avec nous, après 5 km de montée un taxi qui avait compris notre erreur s’arrête à notre niveau et nous propose de nous remonter en haut du Lautaret. Steve a fait la même erreur et s’est retrouvé lui à Briançon ! La raison de ces erreurs : une flèche jaune sur le sol qui balisait non pas notre parcours mais la mythique route des grandes Alpes !

Nous voilà reparti vers le Bourg d’Oisans. 36 km de descente avec plusieurs tunnels. Un peu stressant de rouler à 35-40 km/h avec peu d’éclairage en espérant qu’il n’y ait pas de trous dans la chaussée.

Après un bon ravitaillement au Bourg d’Oisans reste la vraie difficulté tant attendue mais redoutée : la montée de l’Alpe d’Huez et ses 21 virages. 14 km sur 1120 m de dénivelée avec les 21 panneaux qui rythment l’effort. Une pente moyenne de 7.90 % et un maximum à 14 %.

Pour nous soutenir tout le long de la montée les spectateurs sont nombreux, il faut dire que la Marmotte c’est 85 % d’inscrits étrangers avec un nombre important d’Hollandais (ils ont leur virage – le 7 !), d’Anglais et de Belges.

Après deux bonnes heures de montée (loin des records !), me voilà content et fier de passer sous le portique de la ligne d’arrivée et de recevoir la médaille de Finisher ! La pasta party a été plus appréciée.

Arnaud, Jean Baptiste, Thibault et Hervé  avaient déjà atteint leur graal, Steve qui avait fait un belle école buissonnière arrivera plus tard   Et bien sur Nicolas qui a réalisé l’exploit de faire se parcours sur la journée.

la vidéo du premier jour :

Tour des Flandres

Que des classiques !

Il y à Wimbledon, Roland Garros, flushing meadows et l’open d’Australie à Melbourne. Ça c’est pour le tennis.

Il y a les Beatles et les Rolling Stones. Ça c’est pour le Rock.

Il y a Bach et le reste. Ça c’est pour la musique dite classique.

Il y a le Bourbon le Whiskey et le Scotch. Ça c’est pour le whisky.

Il y a le Bordeaux, le Bourgogne et le Champagne. Ça c’est pour les vins et là je vais m’attirer des ennuis…

Du grand classique quoi! Et au vélo? me direz-vous car au Vcn, sortis du vélo point de salut. Hé bien dans le vélo il y Paris Roubaix, le tour de Lombardie, Milan San Remo, Liège Bastogne Liège et … et … le tour des Flandres.

Nous sommes donc partis vendredi faire une « classique ».

En route pour Anvers notre point de départ du Tour des Flandres. Via Oudenarde qui signalera l’arrivée et où nous pour le moment récupérerons nos puces, badges, médailles et tenues  aux couleurs Noires et Jaunes (on les sortira un jour….) de la Ronde Van Vlaanderen car ici en Flandres le français est rare.

Arrivés à l’hôtel sélectionné par Dr es Hôtels cad Patrick, les vélos sont bichonnés. Double guidoline. Pneus de 25 ou 28. Bidons bien accrochés et vérifiés. GPS rechargés. Tenues de gala étendue sur les lits pour ne pas se louper demain au vu de la météo capricieuse..

Dîner au Boston Steak House où l’on nous préparera un menu spécial vélo. Spaghettis et viande blanche grillée. Pinte de bière locale aussi car il ne faut pas se déshydrater dixit Alex le puis de connaissance qui nous guide ce week-end. Et au dessert car on a le droit au sucre, des profiteroles. Et café mais décaféiné pour bien dormir…

Dodo à 23h30 car il faut se coucher tôt avant ces grandes classiques.

Puis tout s’accélère. Debout 5h. Petit déjeuner 6h avec une flopée d’italiens, de hollandais tous habillés comme nous. 6h45 vélos sortis des chambres, équipés et alignés devant l’hôtel pour la photo de départ. 7h sur la ligne de départ et c’est partiiiiiiiiii……

Météo impeccable. Il fait sec et le jour se lève. Nous sommes 5300 sur le 229 kms mais on ne le sait pas encore.. Au total 16000 participants sur plusieurs distances. On voit juste qu’il y a un monde fou.

Pendant 90 kms c’est superbe. On navigue dans le plat pays des flandres. La lumière est magnifique. La campagne tranquille et la route tellement sécurisée, quasi privatisée, qu’on ne s’arrête jamais aux stops aux feux rouges et ce sera ainsi toute la journée, ou presque, car un train nous a barré la route en bas  d’une portion pavée dont j’ai oublié le nom. C’est tellement agréable et plat qu’on enquille la route avec divers pelotons à un rythme d’enfer. On fera les 95 premiers kilomètres à 29 de moyenne. Un régal de filer sur ces petites routes vers le sud. Au second ravitaillement au km 91 Patrick et moi le sauterons sauf pour recaler pompe et bidons car la première portion de pavés est saisissante… Alex lui ne s’arrêtera même pas au premier ravitaillement. Bref le vcn file file file…

Au km 125 on sera encore à 28 de moyenne. Il faut dire que certains groupes roulent très bien. Serrés en file par deux et très régulièrement. Ça aide. Les affreux sans rythme sont éjectés. Je vois encore Patrick à ma gauche râler derrière l’un d’entre eux. Patrick le double alors mais cet affreux se vexe et repasse devant pour ensuite partir on ne sait où. Tant mieux . Nous, on aime rouler tranquillement dans notre peloton du moment. Non mais.

Puis subrepticement les pavés arrivent. Ah ces pavés . On nous avait dit n’aie pas peur il n’y a que quelques portions très courtes et allez 4 kms maximum. Mon œil oui.. Sur le site officiel de la randonnée ils mentionnent 3 sections de pavés. Hé ben soit ils ne savent pas compter soit on nous cache quelque chose…

Cela commence dès le km 90 avec une longue portion qui monte doucement puis en s’élevant et ensuite à plat pour redescendre à fond jusqu’au second ravitaillement. Quellle galère ces pavés. En montant ça va encore, à plat c’est affreux et dans les descentes une machine à laver en mouvement. Je ne parle pas du corps des mains des bras ou des jambes et même des dents qui claquent… mais du vélo… on a peur de tout casser. Il vibre de partout. Surtout n’emportez pas votre plus beau vélo. On trouvera plus d’une centaine de bidons égarés, des barres de céréales éparpillées, des gants, et même un multi tool esseulé entre les pavés. Il faut le vivre pour le croire mais les pavés c’est un autre monde. Les locaux s’en moquent on dirait car ils passent cela à fond. Alex déteste mais adore, allez croire ça! Et Patrick s’en sort comme un chef. Personnellement dans les portions pavées je ne sais pas faire du vélo. Je me faisais doubler en permanence et ne doublais personne personne ou peut être un ou deux qui étaient là par erreur j’imagine. Il y a une technique à intégrer car c’est vraiment spécial. Pédaler à fond? Tu parles c’est pire. Pédaler tout doucement?, tu parles c’est tes dents qui prennent tous les chocs. J’ai pas trouvé la recette en tout cas…

Mais s’il n’y avait que ces pavés…car il y a aussi ces 16 côtes raides raides. Régulièrement réparties pour donner du plaisir en permanence elle surgissent de nulle part d’un seul coup et sont vraiment raides. Les plus célèbres sont Geraardbersgen, koppenberg , kwaremont et Paterbergh.. On touche le nirvâna des casses pattes ici. On tape les 20 %. Alex les connaît toutes et en rêve la nuit. Nous, on les a découvert et comme elles sont en plus revêtues de pavés,… on va maintenant nous aussi en rêver… Arghhh. En plus elles sont très étroites et seuls 3 ou 4 vélos maximum peuvent les gravir de front. Tout à gauche, départ tout doucement et on avance sans penser à rien d’autre que d’appuyer fort sur les pédales et en essayant d’éviter les autres  qui n’avancent pas ou pire, qui ont mis pied à terre et alors là… Galère….. c’est ce qui nous arrivera dans le koppenbergh de mémoire pour Patrick et moi. Il y a pourtant un panneau en bas de chaque côté difficile  qui rappellent aux tortues de rouler à droite pour laisser les lapins à gauche (véridique) la fatigue ou la  perte de lucidité de certains empêchent les autres de rouler.. il faut alors stopper puis essayer de repartir si la pente le permet.

À vivre un jour . C’est affreux mais c’est top une fois qu’on a passé cela.

Dans le dernier monstre pavé et en côte , en montant le Paterbergh au km 217 , vers la fin alors que la pente est de 20 % j’ai cassé ma chaîne et suis tombé brutalement.. Je n’ai pas pu éviter de me faire rouler dessus par un cyclo qui est tombé aussi évidemment, puis un peu sonné, des spectateurs m’ont aidé à me relever, à me montrer ma chaîne  car je ne comprenais pas ce qu’il s’était passé … et j’ai fini les 50 derniers mètres à pied le vélo d’un côté et la chaîne de l’autre. Et ô bonheur ô joie 20 mètres après le sommet il y avait un stand mécanique. Quel soulagement. Le mécano très sympa a réparé cela en 5 minutes chrono et a mis une attache rapide. 10 minutes plus tard on repartait tous les 3 pour  les derniers 15 kms. Que du bonheur. Quasiment plat, zéro pavé, des lignes droites , un petit peloton bien rythmé et nous revoilà à 35 de moyenne jusqu’au dernier kilomètre. 500 m 400 m 300 m 200 m 100 m 50m et c’est fini…. on l’a fait.. We did it.

Une superbe cyclo. Plutôt difficile mais à faire d’autant plus que l’organisation est professionnelle. Des stands partout, des spectateurs qui nous encourageaient avec notre prénom car inscris sur nos plaques , des mécanos aux endroits stratégiques 🙂 , une bonne pression à la fin et des histoires à raconter encore et encore.

Merci au vcn.

Alex Patrick merci.

Trop chouette.