Cérémonie du souvenir – Clairière de l’armistice à Rethondes

Rapide résumé de cette Randonnée du Souvenir de ce lundi 11.

 

Départ 6h00 de Neuilly.

Retrouvailles avec Sophie, le groupe Singer et Michel, puis Hervé, à la place Pleyel où Hervé y arrive piano piano (sic!).

 

Temps sec et frais, il fait noir mais grâce aux feux (tous verts avec Singer) on sort de Paris pour s’arrêter rapidement au bout de 35 minutes pour notre 1ère crevaison. Il y en aura 5 au total mais Olivier répare ça en 5 minutes chrono. Record à battre! Est-ce dû à leur marque de pneus ‘Grand Bois’? Sans doute car avec nos Continental plus rigides le test est à faire! Mais pas aujourd’hui…

 

Puis ça défile, ça roule, ça fonce. On longe l’autoroute A1, on croise des avions qui décollent, des voitures qui vont vers Paris, bref, chacun son rythme. Le peloton s’étiole quelque peu.

Heureusement 1ère pause 35 km plus loin à Vémars où  tout le monde se regroupe car quelques autres Singer nous y attendent. Regonflage d’un pneu et en route. Il fait maintenant jour. Pleine campagne. Personne ne vient déranger notre rythme de croisière sauf quelques crevaisons par ci par là jusqu’à la 5ème au temple romain qu’on n’aura pas le temps de visiter hélas car la cérémonie est à 11h00. Fonce Alphonse!

Foncer oui! Mais ne pas perdre nos habitudes avec les 30 minutes de café réglementaire au bar restaurant Le Goujon de Verberie.  70 km. Il en reste une petite trentaine, ça va le faire.

 

La pluie se joint à nous désormais. Pluie fine peu gênante et qui nous accompagnera dans la forêt de Compiègne, et durant la cérémonie où nous rejoint Christophe qui habite dans la région. Après un court discours et une Marseillaise bien chantée c’est le moment de se séparer. Les Singer rentrent à vélo via déjeuner au Goujon; pour nous Train direct 12h30.

Très belle sortie. A faire au moins une fois. Cela permet de redécouvrir ce moment d’histoire. De partager un circuit avec nos amis de Singer, de connaitre Olivier, fort caractère du magasin Singer de Levallois.

 

A 14h00 pile nous étions à la maison.

Top!

 

Quelques moments de cette sortie ici : https://www.youtube.com/watch?v=-W2O4Z7HnBc

 

Nicolas HONORE

Ma première compet’… à mon tour.

Bonjour à tous,

Pour ma première fois, plus la date D approchait, plus j’en appréhendais son déroulement. Est-ce que ça allait faire mal? Est ce que ce serait quand même du plaisir quelque part? Serait-ce un succès ou un échec? Car oui même si j’avais hâte de rentrer dans le vif du sujet je l’appréhendais depuis plusieurs mois cette première rencontre. Et c’est ce que me confirmera Christian mon coach en la matière lors du débriefing post course autour d’une excellente bière artisanale creusoise, appréhender stresser être tendu c’est tout à fait normal pour une première fois.

Donc j’étais inscrit sur une course FFC 2ème et 3ème catégorie dans le Limousin à Bord St Georges. 2ème ou 3ème catégorie, ne me demandez pas ce que cela signifie. Pour moi cela veut dire qu’on n’est pas dans les costauds de la Division 1. Plutôt rassurant. J’étais d’ailleurs allé faire le circuit en repérage à Noël avec Christian et Yves.  2 collègues qui roulent bien. L’un Christian président du club, forgé par la compétition depuis qu’il est petit, mon « coach », et l’autre, cyclo grimpeur très aéro -il me rappelle toujours mon idole de mes années d’école primaire, un certain Lucien Van Impe que j’adorais voir en montagne dans le Tour de France chaque été – malgré son âge de jeune retraité. Une boucle jamais plate de 5 kms environ en pleine campagne. Pas compliquée à voir comme ça et avec quelques lignes droites où l’on peut foncer foncer et même faire tout le circuit sur le grand plateau… seule l’arrivée après une raide courbe sur la gauche, en montée, était plutôt technique. Là il faudra savoir descendre d’une dent, appuyer fort, pour ne pas se faire distancer par les fauves qui vont à coup sûr y lâcher des watts.

Circuit en tête je suis confiant, pas la peine de le refaire la veille du D Day quand je reviendrai par ici. À Pâques.

Samedi soir, 3 mois plus tard, avant-veille de Pâques.

Je suis au distributeur de pizzas du village. Il est 19h et en attendant que la machine me délivre les deux 4 fromages commandées j’appelle Christian pour confirmer l’heure et demander quelques conseils. Discussion :

Départ à 15h00 donc sois là-bas à 14 heures pour prendre ton dossard faire quelques tours et te chauffer. Y a t’il quelques exercices spécifiques à faire ? Oui quand tu seras un peu chaud pousse à fond sur 50 m et fais le circuit plusieurs fois. Il faudra que tu sois bien chaud au départ. Est-ce que ça va partir vite ? Car mes collègues de Neuilly m’ont prévenu que ça partait très très vite. Rires à l’autre bout du smartphone. Oui tu vas voir certains ne sont pas là pour rigoler, oublie ça, et si tu peux, essaie de rester dans les vingt premiers et ça ira. Surtout ne te fais pas distancer. Au fait tu as roulé ces temps-ci ? Oui justement j’ai fait un 200 kms il y a 3 jours. Quoi ? Un 200 avant une course ? Je rougis au bout de la ligne… et combien de kms de voiture pour venir ici ensuite ? Heu 500 kms hier mais on est 2 pour conduire donc pas fatigué. Hum hum pas l’idéal ça pour ta préparation ; bon voilà ce que tu vas faire demain. Roule 10 kms pas plus. Sans forcer. Juste pour faire un petit travail de réveil musculaire. Et rentre. Ok ? Message reçu. On se voit lundi et prend bien deux bidons. Ok coach. Merci.

Dimanche matin. La veille.

Mon Strava affiche un circuit de 10 kms. C’est mon réveil musculaire comme demandé. Certains amis du Vcn me feront remarquer que 10 kms y’a un truc, c’est pas normal. T’es blessé ?

Lundi. Ma première fois donc.

12h45 je mets le vélo dans la voiture. J’ai vérifié le tout ce matin. Je l’ai allégé au maximum. Pas d’outillage. Pas de sacoche de selle. Pas de lumières. Pas de pompe. Juste mon Garmin préféré et 2 bidons. D’eau.

13h45 je suis garé en bas du village. Petite place. Quelques concurrents sont là. Chacun monte son vélo. Seul comme moi ma logistique préférée n’ayant pu venir pour une fois, ou avec leur famille. Chacun son team, son staff, son organisation. Pas un bruit c’est étrange ça me stress encore plus et je ne sais même pas où il faut aller pour le départ et le dossard. Je monte le vélo et m’habille à moitié emportant avec moi de l’argent et mon téléphone.

Pardon où est le bureau pour les inscriptions ? Une tablée d’amis à leur terrasse dans le village confortablement installés autour de bouteilles et d’une fin de repas m’envoie gentiment là-haut à 300 mètres. Ils sont prêts pour assister à la course. Un peu plus de stress pour moi…

Bureau des inscriptions. Je suis dans la file d’attente. Ils ont tous l’air de se connaître. Tous très jeunes et quelques moins jeunes comme moi. Ca discute résultats récents, classements, kilomètres parcourus, ambitions, oui encore un peu plus de stress donc… bonjour Monsieur. Honoré, Honoré Nicolas du CCME. Ok dossard 17. Vous avez votre licence ? Heu non. Comment non ? Bah j’ai un numéro mais pas de licence sur moi. Ni chez moi d’ailleurs. C’est ma première fois en fait. On peut pas vous inscrire alors. Hein ? Ha bah non regardez ici – je montre ma licence FFC sur internet-. Ça discute ça discute puis quelqu’un qui connaît Christian me dit allez c’est bon. Mais vous savez ici on vous prend mais ailleurs non. Il faut avoir votre licence Monsieur. Gloups. En fait je ne l’ai jamais reçue, il faudra que je regarde cela après coup. Et c’est vrai qu’autour de moi ils ont tous leur petite licence bleue et blanche sur eux… et encore du stress qui s’accumule malgré tout.

Un gros ouf en sortant du bureau quand même !

Et c’est pas tout car je dois aller me chauffer. J’en vois déjà plein. On est 55 à courir. Au fait le dossard comment on l’accroche ? Autour de moi ils ont tous des épingles à nourrice. Et moi j’ai rien bien sûr. Bon je vais devoir aller en chercher. Je rencontre le maire du village qui m’assure qu’il va en trouver. 2 minutes plus tard il ressort. Rien trouvé mon ami. Zut. Je vais alors à la rencontre d’une voiture qui entoure deux coureurs. Un des jeunes m’en donne 8 . 8? 2 ça suffit pas ? Fais comme tu veux. J’en prend donc 2 et je pars faire mon échauffement. Il est 14h15. Ça fait du bien de rouler. Je fais quelques accélérations. Je vois des sprints très poussés autour de moi. Sérieux tout ça. Bravo.

À un moment je repasse par la ligne d’arrivée et vois Christian qui est venu avec quelques personnes du club pour regarder la course. Christian m’inspecte me demande ce que j’ai fait. Parfait parfait sauf ce dossard. Tu passeras jamais au contrôle. Il faut que tu aies 4 épingles. Je repars voir le coureur qui m’en avait donné. Heu oui 2 autre stp. Pas de problèmes. Puis Christian m’accroche le dossard dans le dos. Derniers conseils. Reste dans le paquet. Essaie d’être devant avec les 20 premiers. Nous sommes 4 du club à courir. Il me présente les 3 autres. Moyenne d’âge 23 ans… stress quand tu me tiens… Christian leur explique que c’est ma première course et demandent à ce qu’ils me donnent quelques conseils plus tard. C’est ce qui se passera effectivement. Merci.

14h52 allez allez sur la ligne. Faufile- toi le plus près de la ligne. Deux personnes passent dans le peloton pour inspecter nos équipements nos dossards et je ne sais quoi. Ouf j’ai bien mon dossard à 4 épingles… un speaker annonce la course et donne le nom de chaque concurrent. J’entends mon nom. Ça fait bizarre. Enfin j’y suis. C’est agréable.

15h.

On est parti. Sur 50 mètres ça part tranquillement mais je me fais doubler en permanence. J’accélère de plus en plus mais je suis sur le petit plateau et je décroche au bout de 300 mètres. Je me retrouve dans les derniers alors qu’il y 10 secondes j’étais dans les premiers. C’est quoi ce truc. Un coureur derrière moi a l’air de s’en apercevoir et me pousse dans le dos pour me relancer et me dit de changer de plateau. Puis il passe devant et file. Je repars mais je suis le dernier du peloton. Incroyable. J’ai rien vu venir. Je suis le dernier et on a fait même pas 500 mètres. C’est quoi ce truc -oui je me répète mais j’étais éberlué sur mon vélo-. Étrange feeling que ce départ. Ça m’amuse mais ça ne devrait pas.

Je suis donc maintenant tout seul à essayer de recoller au peloton. À la moitié du 1er tour je suis déjà à plus de 180 pulsations… et en plus à cause de ces routes si rugueuses de la creuse, lors d’une bosse un de mes bidons saute et me voilà avec un seul bidon alors que j’ai encore toute la course à faire… argh… pas le courage de m’arrêter pour le récupérer sinon je perds encore plus de temps. En fait j’économiserai mon eau tout au long de la course, la bouche sèche comme du papier calque, et encore une erreur de stratégie. Christian me dira à la fin que j’aurais dû le lui dire et qu’il m’aurait fourni en eau lors d’un passage… le métier… le métier…

Je passe la ligne en fin de premier tour quelques instants plus tard … en dernier. J’ai honte de passer devant mon coach déjà distancé dès le début. Mais je suis à fond quand même. Il y a devant moi 2 coureurs à 150 mètres et je me mets en chasse. Je vais être ainsi pendant 3 tours sans jamais les rattraper. À fond quasiment. Christian me dira à l’arrivée que j’aurais dû taper dedans encore plus fort, me mettre sur le grand plateau plus souvent et me mettre minable, mort, bavant, dans le rouge, mais j’aurais dû les rattraper. Erreur de débutant… Autre erreur : quand j’étais distancé et que les premiers m’avaient mis déjà un tour dans la vue, j’aurais dû ralentir, attendre un groupe de poursuivants et me mettre à la traîne derrière eux – sans prendre de relais car je n’ai pas le droit- mais au moins arrêter l’hémorragie.

Car au final j’aurai roulé 99 % du temps en solo alors que tous les autres étaient en petits paquets. Antoine du club qui finira 20ème me dira à un moment viens, essaie de te mettre dans nos roues, mais je réussirai à le faire sur 500 m seulement. Incroyable le rythme qu’ils avaient tous. Pourtant je roulais à 34 de moyenne ce qui est déjà énorme pour moi.

À chaque tour je souffrais de plus en plus. Mais je restais à fond de ce que je pouvais.

À chaque passage intermédiaire de la ligne d’arrivée j’étais seul, précédé d’un sifflement d’annoncement d’un signaleur et j’étais heureux de filer sur la ligne sous des applaudissements plus d’encouragements que de félicitations, mais heureux. J’entendais parfois Christian m’encourager. C’était top.

Par deux fois les 5 puis 4 coureurs de tête me doubleront. Ils roulaient très serrés. À 4 sur 2 mètres carrés si je puis dire. Bien organisés, plutôt beaux à voir. Ça me donnait envie de repartir mais bon…

Puis lors de l’avant dernier tour j’aperçois devant moi un coureur qui semble se rapprocher.  What ? Je vais me le faire lui… je le rattrape et lui dis que je trouve cela très dur très rapide comme rythme. Il me dit oui ça va beaucoup trop vite j’abandonne. Ha bon ? Pas moi en tout cas mais je ne dis rien et petit à petit je le lâche. Il est en fait cuit de chez cuit et il sera le seul que je dépasserai de toute ma course… Maigre victoire mais je ne finirai pas dernier. Et c’est sourires aux lèvres que j’arrive. Enfin fini. On arrête les chronos, on sauvegarde immédiatement, on analysera dans un instant tout ça car pour le moment je suis mort mais c’était une superbe expérience.

Dès que j’arrive Christian vient me voir pour me demander mon avis. Je rigole en m’appuyant sur lui pour récupérer. Incroyablement rapide. Jamais vu ça. Il éclate de rires et me dit ha tu as voulu voir hé bien voilà. Et tu verras la prochaine fois ça ira beaucoup mieux. Il a l’air content de moi malgré tout d’autant plus que sur les 4 du club un des trois autres a abandonné mais pas moi et il m’a dit qu’il avait bien vu qu’à mon air, à mon style je n’abandonnerai jamais. Cela lui a bien plu et oui en dehors d’un pépin technique ou d’une chute, pour moi il était hors de question d’abandonner.

Pour les résultats officiels ce n’est pas brillant du tout… je finirai 49ème sur 55 et tous les autres derrière moi auront abandonné. Ma moyenne sera descendue à 31.4 km/h. Je suis un peu déçu, je visais plutôt 33. Puis en discutant avec le club à la fin ils m’apprendront que ceux qui ont fini dans les premiers courent aussi en première catégorie. Que cette course pour une première fois n’est vraiment pas la plus facile. Et que pour eux finir dans les 20 premiers étaient un objectif qu’ils n’ont même pas réussi à atteindre car le niveau était plutôt relevé. Vrai ? Faux ? En tout cas pour une première fois c’était une belle première fois. Du plaisir dans la souffrance ? Un peu de cela oui quelque part…

Une heure plus tard le dernier débriefing autour d’une bière aura lieu. Quelques derniers conseils de Christian pour tester ma forme avant une sortie en vélo. Un rapide examen du calendrier pour fixer la prochaine. Des notions d’entraînements plus ou moins prioritaires. Je me serai cru dans un film. C’était top. Pas le même plaisir qu’une sortie cyclo, pas la même difficulté qu’une cyclo sportive, mais un réel et sincère beau moment de vie. De vélo…

Les détails techniques : https://www.strava.com/activities/2310318358

64 kms, 2h02.23, 31.4 de moyenne, 724 m, 164 de pulsations moyennes, 189 Max.

Nicolas Honoré

Rallye Alex Singer du 3 mars 2019

Ce matin un Rallye ! Ça change d’une Randonnée car cela signifie qu’il n’y a pas de parcours imposé par les organisateurs.

En l’occurrence l’ACBO et connu surtout via son légendaire magasin de beaux et vintages vélos d’un autre genre.

Une belle bande du VCN est donc parti sur 1 des 3 circuits proposés. 50, 75 ou 90 km. Chacun y a trouvé son compte j’espère.

Nous étions une bonne quinzaine cf quelques photos et vidéos ici :

Avec l’ascension de la côte de Millon en temps réel… 15% ca fait mal !

Les stats: https://www.strava.com/activities/2188046921  

91 km 900 m de dénivelé 25,6 de moyenne

et une crevaison…

Ah oui j’oubliais, merci à Franky et sa bande pour leur musique. J’aime…

Allez, bon dimanche et bonne semaine.

les cinglés du Ventoux. 1ère partie.

L’idée nous est venue brutalement comme ça sans prévenir. Était-ce lié à trop de routes plates ces derniers temps ? Était-ce lié à la fin de la saison annonçant le passage du cuissard court au cuissard long ? Était-ce lié au fait que le Tour n’y est pas passé cette année ? Était-ce lié à …

Aucune idée mais une fois l’idée lancée Jean-Baptiste Patrick moi-même accompagnés de notre directrice logistique, ça y est, en route pour devenir un de plus parmi ces « cinglés du Ventoux » (copyright http://www.clubcinglesventoux.org/fr ).

Objectif : faire 3 fois dans la même journée le Ventoux.

Itinéraire : dromadaire à 3 bosses (Malaucène-Ventoux, Bédoin-Ventoux, Sault-Ventoux).

Kms et dénivelé : 137 kms 4600m

Date visée : samedi 27 octobre 2018.

 

Départ de Neuilly vendredi matin. En voiture Simone. 3 vélos dehors 3 cyclistes dedans. 1 logisticienne pour encadrer le tout.

Météo du tonnerre. Il fait beau, je l’ai déjà dit c’est chouette le vélo.

 

Notre stratégie maintes fois discutée est d’établir le camp de base à Malaucène.

D’aucuns diront que partir de Bédoin est plutôt conseillé afin de démarrer par le plus dur mais bon telle fut notre décision.

Côté météo cela s’annonce mal depuis plusieurs jours ; le passage à l’heure d’hiver prévu ce week-end semble concomitant avec un changement de saison notable de l’été vers l’hiver… mais la météo serait-elle une science exacte  (François) ? Ca se saurait…

 

Révision des vélos le soir même. Un grand classique : Inspection des pneus, chaînes huilées (3 vélos 3 méthodes : huile classique, huile céramique, cire)  chacun sa sauce quoi !, fixation des lumières avant ET arrière, vérification de l’état des piles, réglage des cales et des hauteurs de selle, petit tour dans Malaucène village dédié au vélo (il y a plus de magasins de vélos qu’autre chose.. on s’y sent bien tout de suite … on a envie de tout acheter…) puis les vélos sont remisés dans un espace sécurisé et ad hoc. Tout est prêt ! On peut aller dévorer un dîner de cyclistes au Petit Paradis de la place. « Bivouak » au programme. Blonde et ambrée. A chacun ses goûts.

 

Samedi matin réveil à 6h45. Tout semble sec dehors. Good !

Une heure plus tard lors du petit déjeuner à 7h45, pluie et froid dehors dorénavant. Zut !

 

Et c’est parti à 8h45. Météo oblige on ne fait pas les 7 kms prévus pour s’échauffer mais on se jette dans la pente. Direct.

Nos petites lumières clignotent. Crachin breton faiblard. JB , optimiste, laisse la veste de pluie dans son dos . Le petit trio est en route, la température est douce 15 degrés et l’ascension démarre.

Altitude de départ 400 m. Dans 21 kms on sera à 1909m. Pente moyenne 7.5%. Pente max 14%.

La route est superbe. Il n’y a personne. Pas un vélo, pas une voiture (en fait on en croisera même pas 10 sur cette ascension et 7 vélos sur toute la journée) car plus on avance plus la température baisse, la pluie faible est de plus en plus insistante et le ciel s’assombrit peu à peu. Mais l’atmosphère reste bonne, le petit groupe s’étire Patrick devant JB puis je ferme la marche. Avec nos vestes d’hiver il fait chaud là-dessous. Personnellement mon cardio s’affole dès le départ et je monte au train entre 170 et 175 ; C’est beaucoup trop ! Surtout ne pas accélérer. Je ne sais pas ce qu’il se passe (j’y travaille encore pour comprendre. Trop de cafés ?); Keep cool et avance bonhomme ! telle sera ma devise du jour ; tant pis.

L’avantage de cette ascension c’est que les pentes alternent le dur et le moins dur. Plusieurs portions à 3% 4% 5% s’alternent avec les longues portions à 10%. Voire 12 13 et 14 très courtes. Mais la pluie s’accentue. JB fait une pause pour mettre la veste de pluie qu’il ne quittera plus de la journée. A 5 kms du sommet le ciel s’éclaircit et on voit l’observatoire très nettement tout là-haut ; c’est beauuuuuu. Patrick file sur les cimes. Il passe (trop vite on dirait Vam Impe 😊 ) à 10 m d’un chamois gîté sur ces pierres caractéristiques du Ventoux. J’aurai plus de temps pour l’admirer cet isard mais sortir l’appareil photo de son plastique dans la poche arrière sous la veste de pluie… quelle galère… donc pas de photos et hélas il y en aura donc très peu ce jour …

2h30 plus tard nous sommes tous au sommet. Et de UNE. Photos. Le ciel est noir. Il fait près de zéro degré. La route mouillée. Pas un chat. Aucune boutique ouverte. Pas une voiture. Rien. Quel contraste avec l’animation habituelle de cet endroit par beau temps. Serions-nous arrivés sur la Lune…. ???

 

La descente vers Bédoin est rapide mais contrôlée car on ne voit rien. Et il fait froid. Heureusement on prendra 8 degrés de plus en arrivant à Bédoin mais c’est quand même transis de froid qu’on débarque dans un café du coin. Thé ou café et on fait tamponner nos cartes. Discussion avec les locaux qui nous prédisent de la neige au sommet («  ça va pas la tête ?! » ) et c’est tremblotant de tous ses membres que Patrick découvre quelques techniques pour réchauffer ses mains, ses doigts.

 

Photo. Et c’est reparti. La plus dure est à faire. Ascension par Bédoin. 22 kms 7.5% de moyenne. Train train habituel. En groupe puis en file indienne puis en solo chacun. Perso je suis très vite hors course. Je n’arrive pas à faire redescendre ce cœur. Donc je baisse le rythme pour me caler sur 160 et c’est en roulant entre 5 et 6 km/h max (6 max ??!!) que j’arrive au Chalet Reynard. La pente est constante. Très peu de répit. Elle bien plus dure que depuis Malaucène et plus on avance plus il fait vraiment froid. Arrivés au Chalet Reynard il reste 6 kms à faire ; heureusement je reprends un peu de poil de la bête. Mais les derniers 500 m sont très éprouvants. Il neige. Mon guidon est de plus en plus blanc, la lumière est recouverte de neige ; c’est joli à voir ce petit clignotement blanc sous les flocons et c’est épuisé que j’arrive 10 minutes après JB et 20 après Patrick au sommet. 2h30 d’ascension encore. Et moi qui avait prévu 1h30 sur Malaucène et 2h sur Bédoin… Rage…

 

Patrick et JB sont abrités sous un porche de garage de 50 cm de large. Dès mon arrivée d’une seule voix ils me disent « ce n’est pas sérieux de continuer ». C’est le moment le plus dur de la journée. Je leur réponds que pour le moment je ne suis pas assez lucide pour réfléchir et prendre une quelconque décision . J’ai besoin de récupérer. Un « Lion », deux « Lion » et boire un peu. Ne pas décider et allez, prenons des photos. Il neige tellement qu’au début prendre une photo n’est pas notre priorité mais quand même ! allez, photos, selfies, pauses, c’est aussi ça ces moments de vélo. Graver pour plus tard !

Vient ensuite le moment des calculs. Il est 14h30. Si on descend -vite- en 30 minutes on est à Sault à 15h00. Pause pour manger en vitesse 15h30 15h45 puis remontée à  partir de 14h45 16h00 donc sommet vers 18h 18h30 puis descente vers Malaucène à 19h00. Et c’est un chrono idéal… Il fait déjà très sombre. -2 degrés. Et ça neige… on fait quoi ? On appelle la logistique pour un conseil extérieur. Une équipe c’est une équipe ! On fait tout un tas de suggestions. Le temps passe. On est trempés. Gelés.

 

Et … on décide finalement de renoncer. Trop dangereux de continuer. On est ici seuls au monde. Pas un chat rien de rien. Atmosphère de montagne en hiver. Pas un bruit. Zut ! Rage !

 

On repart donc mais non pas vers Sault mais vers Malaucène. Avec la pluie le froid les freins à disque crissent au début sans perdre de leur efficacité (je recommande) puis se calment. Devant, dans la descente JB hurle au froid. Il n’en peut plus et 5 kms plus loin fonce directement dans un, dans le, restaurant dit du Liotard. Il a les mains gelées. Nous le suivons. Un excellent chocolat chaud nous sera servi. Et même deux pour JB le gourmand ! Après 10 minutes ça va mieux et on repart soit en voiture soit à vélo. Notre logisticienne étant venue, appelée à la rescousse, nous rejoindre pour redescendre le/les volontaires en voiture pour les 15 derniers kilomètres.

 

6h de vélo. 85 kms. Au final on n’aura donc fait qu’un dromadaire à 2 bosses. Malaucène-Ventoux et Bédoin-Ventoux. La troisième bosse ce sera pour 2019. Promis. Et sous le soleil car des paysages magnifiques du Ventoux, de sa vue jusqu’au Rhône, de ses cohortes de vélos, motos devant derrière, rien de tout cela nous avons rencontré. Rien de rien. Une bien étrange aventure quand même. Une bien belle aussi. C’était la 4 ème fois que je faisais le Ventoux. Next time 3 de plus d’un coup. Non mais !

 

Les stats : https://www.strava.com/activities/1930360016/analysis

Le relive: https://www.relive.cc/view/g26197951487

Les rares photos : https://photos.app.goo.gl/Kk26oWPma2aRGGUq9

 

Nicolas Jean-Baptiste Patrick Isabel

Neuilly, Octobre 2018

La Marmotte des Alpes. Que du bonheur ?

Bonsoir,

La marmotte c’est bien sûr ce bel animal de montagnes, connu pour ses affûtées dents de devant et son cri perçant signifiant un danger proche.
Ça c’est ce que vous avez toujours aperçu lors de vos randonnées.

Et la marmotte, celles des cyclistes,  la nôtre, c’est aussi une randonnée ou une cyclosportive bien connue et avec quelques points communs avec le mammifère ci-dessus cité.

Car la marmotte c’est une belle collections d’images de 4 cols mythiques alpins, Glandon – Télégraphe – Galibier – Alpe d’Huez ; c’est une série de dents  au nombre de 28, 30 ou 32 selon les cas et c’est enfin des cris de rage poussés lorsque petit à petit on arrive à chaque sommet puis enfin à l’Alpe d’Huez.

Bref cette marmotte là, c’est surtout 175 km de montagne et 5000 m de dénivelé. C’est ce qu’on a décidé de tenter à 7 le week-end du 7-8 juillet 2018 : Arnaud, Michel B, Hervé, Jean-Baptiste, Steven, Thibault et moi-même Nicolas.

Départ vendredi matin, arrivée le soir à l’Alpe d’Huez après, pour certains, une pause mécano à Bourg d’Oisans pour réparer une poignée de freins cassée ! Mieux vaut tard que jamais pour s’en apercevoir ! N’est-ce pas Arnaud ?

Installation de notre confortable campement dans l’appartement que Michel nous a trouvé et qu’on commence à connaitre par cœur pour certains car la Marmotte en 2015 on l’avait déjà fait. Dans la douleur ou la facilité, c’est selon les goûts.

Samedi matin c’est parti. Excités comme des puces nous nous embarquons sur 15 kms de descente jusque Bourg d’Oisans. Superbe descente sur de longs virages et à 8% au moins ; que c’est chouette le vélo en montagne dans ces conditions ! et ce n’est pas la perte d’une de nos pompes en route qui nous refroidira la motivation… n’est-ce pas A. 😊 ?!

Récupération des dossards à Bourg devant l’office de tourisme, dépôt des bagages auprès de la logistique Granfondo afin qu’à Valloire, ville étape de samedi soir, on puisse dormir tout notre soul et récupérer. Car la Marmotte c’est 175 kms soit en 2 jours J1 + J2, soit en 1 jour. Arnaud Michel B Hervé Jean-Baptiste Steven Thibault ont opté pour l’option J1 + J2 et moi pour l’option en 1 jour.

Je laisse donc mes collègues partir vers le Glandon et remonte vers l’Alpe d’Huez. Je les laisserai conter eux-mêmes leurs aventures car certains pans de J2 valent le coup ! À suivre…

En route pour l’Alpe donc ; un bon test de forme, de rythme et de durée pour voir comment passer cet ogre quand on est encore frais en ce beau samedi matin d’été. Le kilomètre zéro est marqué d’un panneau « km 0 départ ». C’est clair on essaie de nous mettre la pression très tôt pour cette montée. Je me cale sur mon cardio. Je chercherai à rouler au seuil, cad 150 160, max histoire de ne pas générer trop de C02 et rester frais comme un gardon pour le lendemain dimanche départ de la cyclosportive en 1 jour. Résultat 1h30 sans forcer pour 15 kms. Cela me servira de référence. J’ai le temps de prendre quelques photos. Le maillot jaune et celui à pois du Tour de France sont bien visibles sur les parois. On est dans l’ambiance plutôt compétition/challenge personnel dans cet univers.

La suite de la journée est une saine préparation pour dimanche. Déjeuner de pâtes. Peu de bières. Balades dans les stands de l’organisation. Récupération du dossard et de la dotation associée : sac à dos, lumières avant et arrière, le tout logoté « Marmotte » car il n’y en a que pour elle par ici. Sur les stands on aurait envie de tout acheter. Depuis les vélos, les vêtements, les outils, les stands mécanique jusqu’à l’alimentation en passant par tous les prix (une paire de chaussures Mavic à 1 000 €, ça vous dit ?). Je ne craque presque pas. De toute façon avec mon équipement VCN je suis fin prêt pour l’aventure…

« fin prêt » ? En tout cas j’espère. Cela me stresse un peu. En 2 jours c’est déjà difficile alors  je révise le parcours et les horaires que j’ai prévus. D’après mes calculs si je pars à 7h50, avec un peu de marge et surtout des arrêts ravitos très courts,  je devrais arriver à boucler les 174 kms vers 21h max…

Samedi soir, dîner en terrasse et au soleil couchant. Très agréable ; et of course… à nouveau pâtes au menu. Puis au dodo tôt. Lever 6h00 même pas besoin de réveil… stress, quand tu nous tiens ! A 7h je quitte l’Alpe d’Huez pour descendre vers Bourg d’Oisans. La route n’est qu’une enfilade de cyclistes (nous sommes 7600 inscrits…) qui serpentent en descendant les virages, il fait frais, les coupe-vents claquent et dans les virages mes freins crissent de plus en plus. A tel point que cela en devient bruyant. Un cycliste que je file, m’invective, râle et me dit de passer devant car le bruit est très gênant…Il faut que je regarde cela. Si en voiture j’avais un tel bruit je me dirais que cela vient de plaquettes qui s’usent. Pourtant mes plaquettes n’ont que 1500 kms… J’espère trouver un mécano, un magasin en bas pour regarder cela. J’arrive à 6h20 en bas. Un vélociste est ouvert juste à l’entrée de Bourg d’Oisans. Je me rue vers le mécano qui profitant de la multitude de cyclistes ce dimanche a ouvert très tôt. L’esprit commerçant c’est ça ! Le mécano me prend tout de suite, vérifie s’il a des plaquettes Sram en stock, « oui ! j’en ai ! je vous change cela de suite ». 15 minutes plus tard c’est changé; il me montre les anciennes et ajoute « au moins vous avez une chance de rentrer vivant maintenant ! ». Sic. Glups ! et dire que j’ai déposé cette semaine mon vélo chez mon vélociste préféré pour vérifier tout cela… passons !

Départ théorique 7h50 en fonction de mon dossard. Numéro 5075. Les dossards plus petits sont majoritairement bloqués par des Tours Operators étrangers. Et pour eux c’est top car ils peuvent partir à 7h ou 7h30. Pour moi et vu le nombre de cyclistes dans les rues de Bourg je franchirai en fait la ligne de départ vers 8h30. C’est tard… et j’ai un horaire à respecter pour ne pas être disqualifié. Pour ne pas finir « Marmotton » comme me disait un des organisateurs. Ses conseils furent précieux d’ailleurs car il m’expliqua que le pied de l’Alpe sera fermé à 18h15 donc « il faut tu arrives au Galibier à 17h15 au pire ». 8h30-17h15 cad 8h45 pour faire 160 kms et 3500 m de dénivelé. Faisable mais va pas falloir trainer…

Et effectivement je roulerai ainsi toute la journée avec cet objectif d’horaire en tête.

Sortis de Bourg une longue ligne droite descendante nous conduit au pied de la première ascension : le Glandon. La route est bloquée à la circulation. Les spectateurs sont déjà là, il fait beau c’est top. Au total le col du Glandon est une longue route de 28 km superbe. Elle mène soit à la croix de fer soit au Glandon.

Dès le début, à partir d’Allemont, et progressivement après le barrage du lac de Verney, ça monte brutalement. D’un seul coup. Ne pas rater la bifurcation les amis… D’abord en forêt puis à flanc de montagne sur la fin. Avec des pentes variables de 6 à 12% et même une descente très courte très raide juste avant de remonter brutalement. C’est le moment le plus difficile. Très raide. Puis on traverse une route d’alpages magnifiques. Avec tout au fond les 2 cols. A droite la croix de fer, à gauche le Glandon. 2 virages raides et c’est le premier ravitaillement.

Il est 10h40 au Glandon. 5 minutes avant mes prévisions. Tout va bien. Petite pause et je repars.

Longue descente ; non chronométrée heureusement (il y a un commissaire avec drapeau jaune à chaque virage pour nous faire ralentir) car la pente est forte et les virages serrés. Je profite tranquillement de la descente pour récupérer. Je laisse le vélo filer tout seul. Mes freins tous neufs sont impeccables, ils sifflent, frottent doucement de plaisir. C’est beau le vélo… Pas de précipitation, en bas il y aura un long faux plat montant de 20 kms, donc potentiellement compliqué, pour faire la liaison dans la vallée jusque St Michel de Maurienne et le second col : le Télégraphe.

Il est 11h10 en bas. 5 minutes de marge. Tout va bien Madame la Marquise…

Pour la liaison je cherche un petit groupe de mon niveau et me mets dans leurs roues. Il s’agit de 3 allemands ou autrichiens dont une femme plutôt solide car elle se met derrière eux et ne bougera pas d’un iota jusque St-Michel. Notre petit groupe s’agrandit de plus en plus pour former un peloton d’une vingtaine de personnes. En file 2 par 2 ça roule bien. Et serrés. Heureusement le vent est de dos ; en une petite heure – et malgré une chute de mon voisin et de celui qui le précède – nous rejoignons le pied du Télégraphe après un arrêt ravitaillement en eau.

Il est 12h25. Un panneau « Allez JB » est affiché en grand au départ du Télégraphe. Quelle célébrité ce JB ! Je suis dans les temps.

Je suis dans les temps mais la température monte monte au-delà des 32 33 degrés. Va falloir s’économiser. Heureusement les lacets du télégraphe sont parfois à l’ombre des bois et cela fait du bien. La route est superbe, large et bien asphaltée. Ca roule tout seul ; les arbres sont superbes ; il y a beaucoup de monde qui me double, et que je double aussi… 12 kms bien réguliers malheureusement très fréquentés par des motos, des voitures qui ont le droit de passer , la route n’étant plus coupée au trafic. Dommage et je commence à souffrir. J’essaie de monter au train mais la chaleur me fait monter le cœur. Je tape les 170 de temps et temps, ralentis ralentis Nico ! Tu tiendras pas ! Je bois pour faire baisser la température. Je me dis « une gorgée à chaque kilomètre » et enfin le sommet arrive. Il fait chaud ; c’est bondé je ne m’arrête pas et file dans la descente vers Valloire. Cela fait du bien un peu d’air pour rafraîchir.

Au sortir de Valloire c’est le second ravitaillement. Juste en face de l’hôtel du Galibier. Là où les 6 autres du VCN ont logé la nuit dernière !

Je commence à tirer la langue. Il faut que je me repose car le Galibier c’est tout de suite… Celui-là, je ne le connais que de réputation. Méfiance.

Il est 14h00. J’ai pas mal de marge sur mon plan. Ca fait du bien au moral. Je repars 20 minutes plus tard le corps rempli de bananes, de madeleines et de pâtes de fruits. 90 kms effectués, plus de 2500 m de dénivelé. Good !

Mais 14h00 ça fait midi au soleil. Et avec le Galibier je découvre une longue ligne droite interminable qui serpente à travers les alpages. Pas un arbre. Un peu d’air mais très peu. Surtout ne pas regarder au loin car on n’en voit pas la fin. On ne devine même pas où peut être le col. Ca commence à piquer. Ne pas aller dans le rouge surtout. Et signe que je commence à dériver, on me double de plus en plus souvent. Que se passe-t-il ? Je n’avance plus. 8 km avant le sommet un point d’eau est positionné par « Le Cycle ». Je m’arrête par automatisme et oublie presque de remplir d’eau. Pas bon ça. Je perds de la lucidité, je le sens mais je n’ai pas le choix. Je grignote ma marge de temps de plus en plus. Je repars. 4 km très difficiles. Je roule à 6 km/h. Je n’arrive plus à faire monter le cœur pour pousser sur les pédales. Au contraire le rythme cardiaque diminue. Je connais ces sensations qui arrivent quand tu exploses. Une cabane d’alpages apparaît au bout d’un virage. On y vend habituellement du Beaufort. Je m’arrête, il y a des chaises, d’autres coureurs aussi et sous un parasol 3 personnes proposent à manger et à boire. Je pose le vélo. Je m’écroule sur une chaise et demande un Coca. La propriétaire me répond qu’elle est étonnée que je ne lui ai pas demandé 1 kilo de Beaufort et sourit. J’ai du mal à réagir mais lui rend son sourire et m’excuse de ne pas faire beaucoup progresser son chiffre d’affaires en ce jour… Elle m’ouvre le coca, je le déguste comme on savoure un grand moment de plaisir… ; Quel bien cela fait ! A l’ombre de son parasol je reste sans bouger pendant 20 bonnes minutes. Petit à petit je revis. Ils m’expliquent qu’ils sont ici pour 2 mois et demi en alpages avec leurs vaches pour faire du Beaufort et les descendre à la rentrée. C’est vrai qu’on est à plus de 2000 m… Et chaque année lors de la marmotte ils installent leur petit commerce avec boissons, barres énergétiques et tout ce qu’il faut pour des p’tits gars comme moi !

Requinqué je repars et mon cœur remonte bien, la vitesse c’est pas encore ça mais le sommet du Galibier arrive et je commence à voir de plus en plus de personnes à pied à côté de leur vélo. Certains même en chaussettes. Certains avec tellement de crampes qu’ils ne peuvent plus remonter à vélo. Personnellement, étonnement, je vais beaucoup mieux. Madame des Alpages « Merci pour ce pour ce moment » !

16h45 sommet du Galibier. 2642 m. Victoire !

J’ai 30 minutes de marge sur cet objectif de 17h15 que je crains depuis le début : « Si tu es à 17h15 au sommet du Galibier tu seras dans les temps à l’Alpe».

Rapide pause au galibier. Une photo tout de même. Je mets mon coupe-vent. J’allume mes lumières avant et arrière car dans la descente il y aura des tunnels. Autant anticiper dès maintenant. La descente est superbe. Large route et longs virages et de plus la route est coupée. Du pur plaisir qui devrait durer pendant 45 kms jusque Bourg-d’Oisans. Le vent claque dans le dos, je laisse filer le vélo, j’essaie de profiter au maximum pour récupérer car il reste quand même 60 kms et je suis bien mais assez éprouvé en même temps. Le Lautaret arrive vite. Virage à droite (surtout ne pas tourner à Gauche car par là, à 35 kms, c’est Briançon… demandez à Hervé Michel et Steve surtout… c’est beau Briançon Steve ?). Virage donc à droite vers le célèbre village de La Grave avec vue majestueuse sur La Meije, pic majeur des Écrins. On aurait presque envie de s’arrêter pour faire un peu de farniente auprès d’une blonde, brune ? rousse ? chacun ses goûts.

Mais non on continue. Car c’est long 45 kms de descente. D’autant plus que parfois cela remonte et il faut relancer. Dans un tunnel je me fais doubler par un affreux jojo qui me frôle en se resserrant devant. Quel c… ! j’ai failli tomber. Je me rue derrière lui et me mets dans sa roue. Je n’ai alors plus rien à faire. Il me tire, me protège, je récupère encore mieux. Il me fais signe de le relayer. Tu parles ! Avec ce que tu m’as fait, courre toujours ! et j’irai ainsi collé à son train presque jusque Bourg où je le doublerai dans une remontée pour arriver en meilleure forme mais essoufflé quand même, au dernier ravitaillement au pied de l’Alpe.

J’ai 30 minutes d’avance. Je suis complètement rassuré. Ca va aller il ne me reste plus que la montée de l’Alpe d’Huez et c’est fini. J’aurai réussi.

Au ravitaillement je n’ai plus très faim. Je boirai bien du Coca mais ils n’ont que de l’eau ou de l’orangeade. Dont acte et je me repose 15 minutes. Au moment de partir alors que je suis presque sur mon vélo ils sortent des bouteilles de Coca. Je me rue vers eux et avale 2 verres cul sec. Ahhhhh que c’est bon et frais…

18h15 c’est l’heure de repartir. Ils n’ont pas coupé la montée de l’Alpe. Je repars. Et on est reparti pour 21 virages. 11% dès le début sur 500 m. Ca pique dès le km 0. Je n’ai plus beaucoup de jus. Je roule à combien ? entre 6 et 10 km/h grand maximum. Mais j’avance. Virage 21, 20, 19, 18 comme un escargot j’avance ; on me double en permanence, j’en double certains, beaucoup de monde à pied vélo à la main ou arrêtés sur le bas-côté à chaque virage.  De plus en plus. Puis des maux de ventre me prennent. Je n’ai plus de forces. Ma fréquence cardiaque recommence à baisser. Je descends à 120. Je fais une première pause dans un virage. Puis repars. Au virage 11 j’entends une voix familière derrière moi. C’est Steve qui vaillamment revient de Briançon qu’il a visité sans le vouloir… Il me demande comment ça va mais je n’arrive pas à lui répondre. Steve se met dans ma roue et au virage 9 je n’en peux plus, je m’arrête net. Steve continue. J’ai mal au ventre. Je m’assois sur le parapet entre 2 anglais. Ils commencent à discuter avec moi mais leur visage me fais comprendre que je ne suis vraiment pas en forme. Je n’arrive pas à parler. Je me penche vers le vide et … vomis d’un seul coup tout le Coca du bas. Ils se saisissent de mon vélo. Me laissent récupérer et me disent que je devrais rentrer en ambulance. Je n’arrive pas à leur répondre mais je leur montre le chiffre 9 qui indique le virage dans lequel nous sommes. Virage 9 : il me ne me reste donc que 5 kms environ. Je ne vais pas abandonner ici ! A plusieurs reprises ils me disent qu’il me faut une ambulance. Je dis no no no. Ils me demandent simplement de m’asseoir sur la route plutôt que sur le parapet pour éviter que je ne chute bêtement. Et repartent en me souhaitant « bon’g couwage »… Je repars à la vitesse d’un escargot. Je double des cyclistes à pied. Qui me redoublent quelques centaines de mètres plus loin alors que je suis de nouveau arrêté. Décidément je ne vais pas vite. Je suis cuit cuit cuit. Et mon mal de ventre me reprend. Au virage 6 je n’en peux plus. Je m’allonge sur le ventre tête dans le vide et je recommence à vomir. Je n’ai plus rien dans l’estomac. Je n’ai plus faim. Plus soif. Je commence à avoir des doutes. Un groupe d’espagnols avec qui j’ai fais quelques kilomètres dans le Glandon me reconnaissent mais ne disent pas un mot en me voyant. Mais quelle galère !

Virage 6 ; il reste 4 km il est hors de question  de flancher. Que le temps passe lentement, et les mètres encore plus… Je reçois quelques SMS d’Isabel ma femme qui m’encouragent, qui s’inquiète. Et je repars. Je peux à nouveau boire un peu d’eau et ça va un peu mieux. Au panneau « arrivée 2 km » je revis. Je suis presque arrivé. On voit l’entrée de L’Alpe, ça va beaucoup mieux. Encouragé par les derniers spectateurs  et photographes j’arrive même à me mettre en danseuse. Quel contraste ! Arrivée 1 km ; Je suis dans la station. Isabel est là avant l’arrivée. Je fais un stop pour célébrer ma réussite avec elle et je file vers le chrono pour stopper les compteurs.

La ligne  est franchie. Je l’ai fait dans les temps. Je suis un « finisher » comme ils disent. Sur 7600 inscrits, 5100 ont terminé dans les temps. Enfin fini! Quel bien ça fait !

Je n’ai envie que d’une chose, une bière pression. Petite ou Pinte me demandent-ils ? Pardon ? Une pinte au minimum ! et ce sera la seule chose que je pourrai avaler de la soirée…

Dorénavant à vous de tester.

Moi la Marmotte c’est fini.

Quelques stats:

https://www.strava.com/activities/1689799273  175 kms, 10h48, 4800 m, 6000 calories

 

 

 

Rallye des Asperges 20 mai 2018

Encore une belle représentation du VCN pour le rallye des Asperges du dimanche 20 mai. En effet nous nous retrouvâmes à 18 au départ d’Argenteuil dont trois  nouveaux membres, Frédéric D., Dominique D. et Fabrice C.  plus un invité de marque en la personne de Pascal M.

Répartition en fonction des distances : 4 sur le 55 km, 7 sur le 70km, 6 sur le 95 km et 1 sur le 125km.

Patrick C et Paul J. partis tous les deux comme des arbalètes, tout le reste du groupe resta bien groupé les premiers kilomètres. Après la première difficulté au km 10  la monté de la cote de Monlignon en forêt de Montmorency, les écarts se sont rapidement creusés.

En avançant dans la matinée, chacun a  réalisé son objectif de parcours et d‘allure.

Pas vraiment de grosse difficulté si ce n’est la montée entre Viarmes et  Saint Martin du Tertre avec quelques segments entre 9% et 13%, cela nous laisse le loisir de profiter du beau paysage de sous-bois sur une route quasiment pas empruntée par les voitures.

Au retour à Argenteuil, un grand nombre d’entre nous ont eu le plaisir de se retrouver pour un dernier verre et sandwich offert par l’UVA

Au total 185 participants au départ d’Argenteuil

Sur cette photo prise au dernier ravitaillement, deux de nos nouveaux adhérents : Dominique (à gauche, tenue bleue) et Frédéric (à droite, tenue noire)

Parcours du 95 km de Patrick C. : https://www.strava.com/activities/1585090511