Tour des Flandres

Que des classiques !

Il y à Wimbledon, Roland Garros, flushing meadows et l’open d’Australie à Melbourne. Ça c’est pour le tennis.

Il y a les Beatles et les Rolling Stones. Ça c’est pour le Rock.

Il y a Bach et le reste. Ça c’est pour la musique dite classique.

Il y a le Bourbon le Whiskey et le Scotch. Ça c’est pour le whisky.

Il y a le Bordeaux, le Bourgogne et le Champagne. Ça c’est pour les vins et là je vais m’attirer des ennuis…

Du grand classique quoi! Et au vélo? me direz-vous car au Vcn, sortis du vélo point de salut. Hé bien dans le vélo il y Paris Roubaix, le tour de Lombardie, Milan San Remo, Liège Bastogne Liège et … et … le tour des Flandres.

Nous sommes donc partis vendredi faire une « classique ».

En route pour Anvers notre point de départ du Tour des Flandres. Via Oudenarde qui signalera l’arrivée et où nous pour le moment récupérerons nos puces, badges, médailles et tenues  aux couleurs Noires et Jaunes (on les sortira un jour….) de la Ronde Van Vlaanderen car ici en Flandres le français est rare.

Arrivés à l’hôtel sélectionné par Dr es Hôtels cad Patrick, les vélos sont bichonnés. Double guidoline. Pneus de 25 ou 28. Bidons bien accrochés et vérifiés. GPS rechargés. Tenues de gala étendue sur les lits pour ne pas se louper demain au vu de la météo capricieuse..

Dîner au Boston Steak House où l’on nous préparera un menu spécial vélo. Spaghettis et viande blanche grillée. Pinte de bière locale aussi car il ne faut pas se déshydrater dixit Alex le puis de connaissance qui nous guide ce week-end. Et au dessert car on a le droit au sucre, des profiteroles. Et café mais décaféiné pour bien dormir…

Dodo à 23h30 car il faut se coucher tôt avant ces grandes classiques.

Puis tout s’accélère. Debout 5h. Petit déjeuner 6h avec une flopée d’italiens, de hollandais tous habillés comme nous. 6h45 vélos sortis des chambres, équipés et alignés devant l’hôtel pour la photo de départ. 7h sur la ligne de départ et c’est partiiiiiiiiii……

Météo impeccable. Il fait sec et le jour se lève. Nous sommes 5300 sur le 229 kms mais on ne le sait pas encore.. Au total 16000 participants sur plusieurs distances. On voit juste qu’il y a un monde fou.

Pendant 90 kms c’est superbe. On navigue dans le plat pays des flandres. La lumière est magnifique. La campagne tranquille et la route tellement sécurisée, quasi privatisée, qu’on ne s’arrête jamais aux stops aux feux rouges et ce sera ainsi toute la journée, ou presque, car un train nous a barré la route en bas  d’une portion pavée dont j’ai oublié le nom. C’est tellement agréable et plat qu’on enquille la route avec divers pelotons à un rythme d’enfer. On fera les 95 premiers kilomètres à 29 de moyenne. Un régal de filer sur ces petites routes vers le sud. Au second ravitaillement au km 91 Patrick et moi le sauterons sauf pour recaler pompe et bidons car la première portion de pavés est saisissante… Alex lui ne s’arrêtera même pas au premier ravitaillement. Bref le vcn file file file…

Au km 125 on sera encore à 28 de moyenne. Il faut dire que certains groupes roulent très bien. Serrés en file par deux et très régulièrement. Ça aide. Les affreux sans rythme sont éjectés. Je vois encore Patrick à ma gauche râler derrière l’un d’entre eux. Patrick le double alors mais cet affreux se vexe et repasse devant pour ensuite partir on ne sait où. Tant mieux . Nous, on aime rouler tranquillement dans notre peloton du moment. Non mais.

Puis subrepticement les pavés arrivent. Ah ces pavés . On nous avait dit n’aie pas peur il n’y a que quelques portions très courtes et allez 4 kms maximum. Mon œil oui.. Sur le site officiel de la randonnée ils mentionnent 3 sections de pavés. Hé ben soit ils ne savent pas compter soit on nous cache quelque chose…

Cela commence dès le km 90 avec une longue portion qui monte doucement puis en s’élevant et ensuite à plat pour redescendre à fond jusqu’au second ravitaillement. Quellle galère ces pavés. En montant ça va encore, à plat c’est affreux et dans les descentes une machine à laver en mouvement. Je ne parle pas du corps des mains des bras ou des jambes et même des dents qui claquent… mais du vélo… on a peur de tout casser. Il vibre de partout. Surtout n’emportez pas votre plus beau vélo. On trouvera plus d’une centaine de bidons égarés, des barres de céréales éparpillées, des gants, et même un multi tool esseulé entre les pavés. Il faut le vivre pour le croire mais les pavés c’est un autre monde. Les locaux s’en moquent on dirait car ils passent cela à fond. Alex déteste mais adore, allez croire ça! Et Patrick s’en sort comme un chef. Personnellement dans les portions pavées je ne sais pas faire du vélo. Je me faisais doubler en permanence et ne doublais personne personne ou peut être un ou deux qui étaient là par erreur j’imagine. Il y a une technique à intégrer car c’est vraiment spécial. Pédaler à fond? Tu parles c’est pire. Pédaler tout doucement?, tu parles c’est tes dents qui prennent tous les chocs. J’ai pas trouvé la recette en tout cas…

Mais s’il n’y avait que ces pavés…car il y a aussi ces 16 côtes raides raides. Régulièrement réparties pour donner du plaisir en permanence elle surgissent de nulle part d’un seul coup et sont vraiment raides. Les plus célèbres sont Geraardbersgen, koppenberg , kwaremont et Paterbergh.. On touche le nirvâna des casses pattes ici. On tape les 20 %. Alex les connaît toutes et en rêve la nuit. Nous, on les a découvert et comme elles sont en plus revêtues de pavés,… on va maintenant nous aussi en rêver… Arghhh. En plus elles sont très étroites et seuls 3 ou 4 vélos maximum peuvent les gravir de front. Tout à gauche, départ tout doucement et on avance sans penser à rien d’autre que d’appuyer fort sur les pédales et en essayant d’éviter les autres  qui n’avancent pas ou pire, qui ont mis pied à terre et alors là… Galère….. c’est ce qui nous arrivera dans le koppenbergh de mémoire pour Patrick et moi. Il y a pourtant un panneau en bas de chaque côté difficile  qui rappellent aux tortues de rouler à droite pour laisser les lapins à gauche (véridique) la fatigue ou la  perte de lucidité de certains empêchent les autres de rouler.. il faut alors stopper puis essayer de repartir si la pente le permet.

À vivre un jour . C’est affreux mais c’est top une fois qu’on a passé cela.

Dans le dernier monstre pavé et en côte , en montant le Paterbergh au km 217 , vers la fin alors que la pente est de 20 % j’ai cassé ma chaîne et suis tombé brutalement.. Je n’ai pas pu éviter de me faire rouler dessus par un cyclo qui est tombé aussi évidemment, puis un peu sonné, des spectateurs m’ont aidé à me relever, à me montrer ma chaîne  car je ne comprenais pas ce qu’il s’était passé … et j’ai fini les 50 derniers mètres à pied le vélo d’un côté et la chaîne de l’autre. Et ô bonheur ô joie 20 mètres après le sommet il y avait un stand mécanique. Quel soulagement. Le mécano très sympa a réparé cela en 5 minutes chrono et a mis une attache rapide. 10 minutes plus tard on repartait tous les 3 pour  les derniers 15 kms. Que du bonheur. Quasiment plat, zéro pavé, des lignes droites , un petit peloton bien rythmé et nous revoilà à 35 de moyenne jusqu’au dernier kilomètre. 500 m 400 m 300 m 200 m 100 m 50m et c’est fini…. on l’a fait.. We did it.

Une superbe cyclo. Plutôt difficile mais à faire d’autant plus que l’organisation est professionnelle. Des stands partout, des spectateurs qui nous encourageaient avec notre prénom car inscris sur nos plaques , des mécanos aux endroits stratégiques 🙂 , une bonne pression à la fin et des histoires à raconter encore et encore.

Merci au vcn.

Alex Patrick merci.

Trop chouette.