Cérémonie du souvenir – Clairière de l’armistice à Rethondes

Rapide résumé de cette Randonnée du Souvenir de ce lundi 11.

 

Départ 6h00 de Neuilly.

Retrouvailles avec Sophie, le groupe Singer et Michel, puis Hervé, à la place Pleyel où Hervé y arrive piano piano (sic!).

 

Temps sec et frais, il fait noir mais grâce aux feux (tous verts avec Singer) on sort de Paris pour s’arrêter rapidement au bout de 35 minutes pour notre 1ère crevaison. Il y en aura 5 au total mais Olivier répare ça en 5 minutes chrono. Record à battre! Est-ce dû à leur marque de pneus ‘Grand Bois’? Sans doute car avec nos Continental plus rigides le test est à faire! Mais pas aujourd’hui…

 

Puis ça défile, ça roule, ça fonce. On longe l’autoroute A1, on croise des avions qui décollent, des voitures qui vont vers Paris, bref, chacun son rythme. Le peloton s’étiole quelque peu.

Heureusement 1ère pause 35 km plus loin à Vémars où  tout le monde se regroupe car quelques autres Singer nous y attendent. Regonflage d’un pneu et en route. Il fait maintenant jour. Pleine campagne. Personne ne vient déranger notre rythme de croisière sauf quelques crevaisons par ci par là jusqu’à la 5ème au temple romain qu’on n’aura pas le temps de visiter hélas car la cérémonie est à 11h00. Fonce Alphonse!

Foncer oui! Mais ne pas perdre nos habitudes avec les 30 minutes de café réglementaire au bar restaurant Le Goujon de Verberie.  70 km. Il en reste une petite trentaine, ça va le faire.

 

La pluie se joint à nous désormais. Pluie fine peu gênante et qui nous accompagnera dans la forêt de Compiègne, et durant la cérémonie où nous rejoint Christophe qui habite dans la région. Après un court discours et une Marseillaise bien chantée c’est le moment de se séparer. Les Singer rentrent à vélo via déjeuner au Goujon; pour nous Train direct 12h30.

Très belle sortie. A faire au moins une fois. Cela permet de redécouvrir ce moment d’histoire. De partager un circuit avec nos amis de Singer, de connaitre Olivier, fort caractère du magasin Singer de Levallois.

 

A 14h00 pile nous étions à la maison.

Top!

 

Quelques moments de cette sortie ici : https://www.youtube.com/watch?v=-W2O4Z7HnBc

 

Nicolas HONORE

L’Étape du Tour 2019. 21 juillet 2019.

Albertville – Val Thorens, 135 km, 4500 m de dénivelé.

Le vélo c’est beau. 

Surtout dans les campagnes. Tu flânes à travers des paysages toujours différents grâce aux saisons. Tu avales des kilomètres en glissant le long de rivières, parmi des forêts tranquilles vertes et ombragées, rafraîchissantes et apaisantes. Tu profites de la nature, et de sa tranquillité « au vert ». Tu avances à ta propre vitesse. A celle que tu as décidée. Certes, vitesse réduite dès que cela monte, et accélérée, sans douleur, dès le moindre pourcentage négatif, mais à ta propre allure. C’est toi qui décide. Personne d’autre. Plaisir total. Oui le vélo ça doit être et doit rester un plaisir total. 

Alors pourquoi aller faire le zouave sur l’étape du Tour ? La même que celle des pros qui vont l’emprunter samedi 27 juillet, avant-dernier jour du tour 2019.

Résumé de ce dimanche 21 juillet 2019 pour essayer d’y répondre… 

Dimanche 4 h 15 : le réveil sonne.
Argh, où suis-je ? Normal, on loge aux Saisies à 30 km d’Albertville (car 16.000 participants donc très peu de logements disponibles pour 4 personnes lors de notre inscription en octobre dernier) et les routes seront coupées à la circulation à partir de 6h30. Il faudra donc être prêt et sur place avant 6h30. Comptez 30 minutes pour quitter le nid tout frais + 30 minutes de petit déjeuner bien complet + 40 minutes de voiture + 15 minutes pour décharger les vélos et se mettre en condition = on sera juste bien on time dans nos sas de départ.
Note : après s’être réveillé la veille à 5 h 30 pour faire Paris – Les Alpes un samedi de juillet, ce second réveil encore plus tôt, fait mal…

6 h 05 : Voiture garée le long de la route.
Nous sommes partis à 5 h 30 des Saisies. Garée à côté de nous, une voiture de 4 bretons venus pour la même raison partagent ce moment de révision ultime. Partage d’impression. Le WD40 c’est efficace ? oui non… Nous sommes à 3 km d’Albertville. Un gendarme arrive et se positionne pour couper la route à 6 h 30. On sort les vélos. On monte les roues, les selles, le bonhomme, on vérifie que le dossard est bien dans le dos, la plaque nominative sur le vélo, le profil de l’étape scotché sur la barre du vélo (très très utile pour doser son effort), photo souvenir et hop on quitte Isabel qui va remonter aux Saisies pour dormir.
Nous arrivons à Albertville 5 minutes plus tard. La ville est déjà réveillée. Des cyclistes de partout. Des spectateurs. La télé interview quelques participants. Des barrières pour privatiser tout le circuit. Et 15 Sas, 15 enclos, nous attendent pour nous parquer. 1 sas = 1000 personnes… 
Nous sommes dans le sas 10. Fermeture du sas 8 h 00. Départ 8 h 15. Tout est très précis. Il est maintenant 6 h 45, on a le temps de découvrir notre sas. De nous faire contrôler le dossard, de rentrer et de s’asseoir par terre. Il fait déjà très bon. On patiente. On entend parler anglais, espagnol, italien, allemand, hollandais. Tout est très calme. On s’endormirait presque… logique, cela fait déjà 2 heures qu’on est réveillé…

7 h 45 : Le sas s’ouvre.
Chacun s’ébouriffe. On se lève, redresse le vélo. Chacun progresse d’abord à pied, puis un pied sur une pédale, puis les deux attachés vers la ligne de départ. On entend les clics de chaque pédale automatique. Puis on s’arrête à nouveau. Et on repart pour s’arrêter finalement devant la ligne de départ officielle. Musique rock à fond. La flamme olympique des Jeux d’Albertville est même allumée pour l’occasion… les petits plats dans les grands. Tout y est ! On se sent en forme et près à gravir des montagnes ! VO2 au max du max !

8 h 14 : Ligne de départ.
On a même un discours à l’américaine, très « we are the champions », d’abord en français puis en anglais pour nous rappeler qu’on va vivre une épreuve de fous mais qu’au bout de la douleur et patati patata… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 et 8 h 15 c’est parti ! Sous une musique de fous, des applaudissements dignes d’un 4 juillet à New-York et des fanions jaune et noirs en pagaille. C’est la fête du vélo…

8 h 15 : km 0.
Go ! 3 km de plat pour sortir d’Albertville puis c’est la première ascension, direction le Cormet de Roselend c’est à dire à 40 km de là. 40 km d’ascension à des pentes plus ou moins variables. La route est large et lisse. De plus elle est interdite à la circulation donc on peut rouler tous de front – et un paquet de 1.000 coureurs en même temps ça fait du monde – sans aucun problème. Température agréable. Pente moyenne faible. Facile et 21 km plus loin le 1er ravitaillement est déjà là. On a presque envie de le sauter, mais boire et s’alimenter, c’est primordial pour compenser les 8.000 ? 10.000 ? 12.000 ? calories qu’on va perdre. Donc pause. 5 minutes.
Il est 9 h 10. Une petite photo de mon GPS pour mes stats. En avance sur mon planning (9 h 15), trop facile le vélo. Je repars 10 minutes plus tard après un ravitaillement et remplissage de bidon. Il fait 26 degrés déjà, attention à l’alimentation… ne pas oublier !

9 h 20 : km 21. Beaufort et départ vers le Cormet de Roselend.
Le pays du Beaufort ? oui oui du fromage si connu c’est bien par ici. J’en connais qui seraient ravis de faire une pause plus longue pour déguster mais on n’a pas trop la tête à ça. Promis on reviendra demain en acheter mais là pas de gras, surtout pas !
Prochaine étape ce fameux Cormet de Roselend. Je ne connais pas du tout ce col. C’est que ça doit pas être si difficile. Et surtout c’est superbe. Une file incessante de vélos circule de front sur la route des alpages. Le lac de Roselend est couleur turquoise. L’endroit invite au repos, au pique-nique et au farniente. Hélas nous sommes là pour autre chose, « ValTo » nous attend. Pousse sur tes jambes petit bonhomme, pousse! 

11 h 10 : km 42. Cormet de Roselend.
Ouf il est là. Le Cormet de Roselend. Photo souvenir typique du sommet. 1968 m ça commence à faire… mais l’avantage c’est que la température n’a pas monté, on est resté à 26 degrés. 42 km effectués. 1650 m de dénivelé. 1/3 déjà accompli. Il fait beau, la montagne est superbe, je suis plutôt bien. Je ne suis jamais entré dans ma zone 5, zone anaérobique, depuis le départ. Et très peu en zone 4, au seuil. J’ai donc plein de réserves. Le vélo bis repetita c’est beau !

Le col dépassé, la descente vers Bourg-St-Maurice est superbe. Sur 20 km. Avec la route privatisée on peut prévoir de larges entrées de virages. Certains savent descendre et cela se voit. Je me fais doubler par une fille qui est aplatie sur son vélo. Superbe à voir ; elle arrive derrière et me souffle littéralement. J’arriverai quand même en bas avec elle, aidé par mon poids qui dès que la pente s’adoucie me fait gagner du terrain tout seul. 20 km de réel plaisir et merci aux freins à disque dans les épingles. Efficaces !

km 61. Bourg St Maurice. Ravito. 
Le ravitaillement est bien situé ; large place. Et on a droit à du pain complet, du fromage, du jambon de pays en plus des traditionnels gels, gâteaux et fruits secs. Et vue l’heure, l’appétit est là. Tout semble bon. Je prends une bonne pause pour repartir rassasié et en forme.
Une dizaine de kms à faire en fond de vallée. Avec un petit groupe on avance sans forcer. Nous glissons sur de belles routes et gagnons au km 75 le bas de la Côte de Longefoy. 
6 km d’ascension en fôret. Pente moyenne 6,8 %. Ca pique parfois pas mal avec de nombreuses portions à 8 et 9 %. On puise dans les réserves. Surtout que la température monte monte… Les premiers coureurs pied à terre font leur apparition…

km 81. Sommet de la côte de Longefoy. 1.200 m.
De nombreux spectateurs présents pour cette journée ou déjà là en prévision de l’étape des pros, la vraie du 27 juillet nous applaudissent et nous encouragent. C’est bienvenu et je reçois quelques encouragements en espagnol. Je comprendrai pourquoi à la fin seulement car mon dossard est imprimé avec un drapeau ibérique. No se porque… Mais ces « Vamos Nicolas, vamos » ou autre « courage, vous allez y arrivez », « bravo allez » font du bien.
De même que certains habitants qui ont sorti un tuyau d’arrosage pour nous asperger au passage. Cela donne un coup de fouet saisissant mais bienvenu. Tout comme les gouttes d’eau fraîche qui traversent ensuite le casque sur quelques minutes encore. Un peu de douceur… 

14 h 01 : km 101. Moutiers.
Je suis enfin à Moutiers. Il y a un monde fou au ravitaillement qui est mal placé, mal aéré et sans ombre. De nombreux coureurs sont assis par terre; tous rouges. Il fait très chaud ici au fond de la vallée. Je bois une bouteille entière de Badoit et un verre de Coca. Pas plus de Coca car l’an passé lors de la Marmotte le Coca m’avait tué dans l’Alpe d’Huez. Depuis ce temps-là j’appréhende ce soda en route.

Coté météo ça se corse. 36 degrés à midi au soleil. Aie. La montée va être dure mais ô joie, il ne me reste plus que 34 kms à faire. Cela fait 6 heures que je roule. D’ici mettons 3 heures je devrais avoir fini. Cela ferait mettons 17h30. C’est top, largement devant la voiture balai et la disqualification qu’on craint tous. J’en profite pour appeler Isabel et lui dire que c’est dur mais tout va bien, rendez-vous à tout à l’heure vers 18 h à Val Thorens…

Mais le départ de Moutiers est trop raide. On sort de la route principale pour bifurquer sur la droite et on entame tout de suite du dur à 8 %. Glups. Je me rassure en me rappelant que l’Alpe d’Huez commençait par un raidillon de 500 m à 11 % mais quand même. Je peine. De plus en plus. L’effort et la chaleur me font transpirer énormément ; mes bras deviennent blancs de sueur perlée sur les bras. Étonnant moment. Sensation bizarre. Je décide de m’arrêter. Je dépose ma tête sur mon guidon pour souffler. Et j’entends mon nom hélé par une voix que je reconnais tout de suite. Serge des Pyrénées est là. Frais comme un gardon. Puis Katia arrive. Fatiguée mais semble plutôt en forme. Ils me proposent de repartir avec eux. Impossible car je n’ai plus de rythme et quelques minutes plus tard il sont déjà loin devant, je ne les vois même pas s’éloigner.

Sur le chemin chaque kilomètre est précédé d’un panneau aux couleurs jaune et noire du Tour de France indiquant la pente moyenne à venir. Très classique en montagne et bien connu des cyclistes des Alpes, Pyrénées, etc. En plus ici c’est étalonné spécifiquement pour cette étape. Top ! Dans ma tête j’avais retenu que c’était en moyenne 35 km à 5 ou 6 %. Pour mon mental je m’étais dis que cela signifie 5 à 6 % de pente minimale. Ca aide à passer le cap. Mais en fait dès le départ ils annoncent 8 % de pente. Et 3 fois de suite, 8 %. Big coup au moral. j’ai beau avaler un « block cube » énergétique par heure ça se complique. Et cette chaleur qui monte monte jusque 40 degrés est épuisante malgré la route serpentant la montagne souvent ombragée.

Je continue et je ne sais pas comment, avec un cerveau vidé, le regard fixé sur mon GPS et les mètres qui n’avancent pas, j’arrive explosé, à St-Martin.

Quelle heure ? km 117 : St-Martin-de-Belleville.
2 jours plus tard je n’en ai plus aucun souvenirs. Ca ressemblait à quoi St-Martin? Aucune idée. Et le ravitaillement, il était comment ? J’essaie de me souvenir et il faut me forcer car oui ça me revient je me revoie sur un parking, une place goudronnée, assis par terre adossé à une poubelle de ville pour essayer d’avoir un peu d’ombre sur 50 cm d’espace « ombragé ». Oui c’est bien ça. Au pied de la poubelle avec une bouteille de Badoit que je n’arrive pas à boire tellement je suis à sec. Puis d’un seul coup j’entends annoncer que la voiture balai c’est dans 15 minutes. Je me dit tant mieux no choice pas de ma faute j’abandonne. Je n’ai plus de forces du tout. Et il me reste 17 km… À 6 km/h je vais encore mettre 2 h 30 ?! tout ça pour me faire débarquer par la voiture balai ? Mais je me dis que je dois y arriver, faut pas déconner m… ! J’essaie de me motiver en me disant que maintenant c’est uniquement dans la tête. Mon cœur est calme donc pas d’alerte. Je n’ai plus de jambes hé bien tant pis je roulerai en 34 / 32 s’il le faut. Et je me relève, je décroche mon vélo, je titube avant de monter dessus, j’entends d’autres coureurs dire que c’est foutu avec cette voiture balai et là, ça me motive encore plus. Et je repars. Dans le dur direct. Et ouf la température n’est plus que de 36 degrés. Ca commence à baisser, je me dis que ça ne peut aller que de mieux en mieux. J’aurai peut-être même froid en arrivant là-haut (Val Thorens est à 2400 m).
Avant de repartir j’y pense mais je n’ai même plus la force de prendre la photo de mon Garmin. Mes stats c’est foutu. Faudrait que je prenne la photo. Pas la force. 

Quelle heure ? km 123. Arrivée aux Menuires. 
Je n’avance plus. Compteur bloqué sur 6 km/h. Je ne double que des coureurs à pied, en chaussettes, vélo à la main ou qui sont arrêtés sur le bas-côté de la route, assis ou couchés. Hormis ceux-là, tout le monde me double. Mais qu’est ce que j’ai? Je n’ai pas mal aux jambes, pas de crampes, le cœur tourne régulier mais je n’arrive pas à appuyer sur les pédales. La bouche est sèche et l’eau que je bois régulièrement ne change rien. Je me force à manger. En vain. C’est désespérant. En traversant les Menuires je me dis que s’il y a un bar quelque part je m’arrêterai. Ca aidera peut-être à récupérer un je-ne-sais-quoi. Ca y est. Un petit bar sur le parcours. Petite terrasse. On s’y sentirait presque bien. Je pose le vélo ; un autre cycliste est là aussi, il raconte qu’il a fini et qu’il est redescendu pour se changer ici aux Ménuires. Sa femme est là aussi. C’est cool. Étape finie, réussie et moi il me reste encore combien de kms ??? Coup au moral ! Bon, pas grave, 2,50 euros pour un Orangina que je déguste, que je sirote avec un plaisir sincère. Jamais j’aurais crû qu’un Orangina pouvait être si bon…
Mais le temps passe vite. Je me suis arrêté quoi ? 10 minutes ? 15 ? Je perds du temps là. Allez en selle Marcel ! Pour 12 longs kms encore.

km 135 : ValTo. La délivrance.
Le panneau 3 km est devant mes yeux. Sortie de nulle part la plaque Val Thorens je la vois enfin. Il ne me reste plus rien à faire. Cela me redonne quelques forces mais il faut traverser tout Val Thorens, sortir sur les pistes de ski et les 500 derniers mètres sont horribles. 10 % 11 % debout sur les pédales, assis, en danseuse, assis, en danseuse j’avance. Les spectateurs nous encouragent. La musique de l’arrivée est là. Le speaker annonce que voilà d’autres finishers sur la ligne.
J’ai du mal à sourire mais j’y suis enfin. Tapis jaune pour les derniers 100 m. Le chrono affiche un truc affreux 11 h 11, 11 heures 11 minutes…

Quel idiot disait que le vélo c’est beau ?

Mais j’ai réussi. Ce ne fut pas du tout un plaisir sur ces 35 derniers km. Je n’ai plus envie de recommencer. Ecœuré je pars prendre une bière. Ca me remet en selle. J’appelle Isabel et Jean-Jacques. Et je remonte le vélo pour aller les rejoindre 5 km plus bas. C’est fini.
Bravo aux pros qui feront cela en 5 heures ? Le 1er ce jour-là a fini en 4 h 44. Chapeau bas !

Nicolas 


Analyse technique de ma course :
Un truc effarant et qui m’a sauté aux yeux : Je fais 100 km , 3000 m d’ascension, en 6 heures. Vitesse moyenne = 19.1 km/h. Pas trop de problèmes. Easy.
Puis les derniers 35 km, 1500 m en 5 heures. Vitesse moyenne = 7 km/h.
Effarant ! 

Autre chose pas normale: une fois arrivé je n’avais pas faim du tout. Juste envie d’une bière – ce que j’ai fait – puis 30 minutes plus tard je redescendais vers le bas de Val Thorens pour rejoindre Isabel et Jean-Jacques en ayant plutôt bien récupéré. La nuit pas de crampes. Le lendemain aucune douleur dans les jambes.
Ma conclusion : 1) alimentation mal ciblée, manque de protéines pour maintenir les muscles à niveau et 2) pauses trop courtes donc je n’ai jamais récupéré, je n’ai fait que de m’épuiser, m’épuiser tout au long de la cyclo. 

Autres pistes : 
Le timing. Levé la veille à 5h30 pour faire 8 heures de voiture. Pas de vélo pour faire tourner les jambes la veille et levé encore pus tôt le jour J à 4h30. Pas optimal du tout. 
La météo. Chaleur. Mais a priori j’y suis peu sensible et je préfère cela à du vent et de la pluie froide. 

Conclusion : alimentation + récupération à travailler + timing des jours précédents. 
Faut que je travaille cela désormais car dans ces conditions le vélo c’est pas cool du tout. 

PS : Les stats: 
Video d’ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=G4lVAz5u5Ao&feature=youtu.be 
Strava https://www.strava.com/activities/2552264792 135 km, 9 h 20, 4200 m, 9784 Calories, vitesse moyenne 14,4 km/h, max 85 km/h, température moy 26°.
Relive : https://www.relive.cc/view/g37772941297 

Ma première compet’… à mon tour.

Bonjour à tous,

Pour ma première fois, plus la date D approchait, plus j’en appréhendais son déroulement. Est-ce que ça allait faire mal? Est ce que ce serait quand même du plaisir quelque part? Serait-ce un succès ou un échec? Car oui même si j’avais hâte de rentrer dans le vif du sujet je l’appréhendais depuis plusieurs mois cette première rencontre. Et c’est ce que me confirmera Christian mon coach en la matière lors du débriefing post course autour d’une excellente bière artisanale creusoise, appréhender stresser être tendu c’est tout à fait normal pour une première fois.

Donc j’étais inscrit sur une course FFC 2ème et 3ème catégorie dans le Limousin à Bord St Georges. 2ème ou 3ème catégorie, ne me demandez pas ce que cela signifie. Pour moi cela veut dire qu’on n’est pas dans les costauds de la Division 1. Plutôt rassurant. J’étais d’ailleurs allé faire le circuit en repérage à Noël avec Christian et Yves.  2 collègues qui roulent bien. L’un Christian président du club, forgé par la compétition depuis qu’il est petit, mon « coach », et l’autre, cyclo grimpeur très aéro -il me rappelle toujours mon idole de mes années d’école primaire, un certain Lucien Van Impe que j’adorais voir en montagne dans le Tour de France chaque été – malgré son âge de jeune retraité. Une boucle jamais plate de 5 kms environ en pleine campagne. Pas compliquée à voir comme ça et avec quelques lignes droites où l’on peut foncer foncer et même faire tout le circuit sur le grand plateau… seule l’arrivée après une raide courbe sur la gauche, en montée, était plutôt technique. Là il faudra savoir descendre d’une dent, appuyer fort, pour ne pas se faire distancer par les fauves qui vont à coup sûr y lâcher des watts.

Circuit en tête je suis confiant, pas la peine de le refaire la veille du D Day quand je reviendrai par ici. À Pâques.

Samedi soir, 3 mois plus tard, avant-veille de Pâques.

Je suis au distributeur de pizzas du village. Il est 19h et en attendant que la machine me délivre les deux 4 fromages commandées j’appelle Christian pour confirmer l’heure et demander quelques conseils. Discussion :

Départ à 15h00 donc sois là-bas à 14 heures pour prendre ton dossard faire quelques tours et te chauffer. Y a t’il quelques exercices spécifiques à faire ? Oui quand tu seras un peu chaud pousse à fond sur 50 m et fais le circuit plusieurs fois. Il faudra que tu sois bien chaud au départ. Est-ce que ça va partir vite ? Car mes collègues de Neuilly m’ont prévenu que ça partait très très vite. Rires à l’autre bout du smartphone. Oui tu vas voir certains ne sont pas là pour rigoler, oublie ça, et si tu peux, essaie de rester dans les vingt premiers et ça ira. Surtout ne te fais pas distancer. Au fait tu as roulé ces temps-ci ? Oui justement j’ai fait un 200 kms il y a 3 jours. Quoi ? Un 200 avant une course ? Je rougis au bout de la ligne… et combien de kms de voiture pour venir ici ensuite ? Heu 500 kms hier mais on est 2 pour conduire donc pas fatigué. Hum hum pas l’idéal ça pour ta préparation ; bon voilà ce que tu vas faire demain. Roule 10 kms pas plus. Sans forcer. Juste pour faire un petit travail de réveil musculaire. Et rentre. Ok ? Message reçu. On se voit lundi et prend bien deux bidons. Ok coach. Merci.

Dimanche matin. La veille.

Mon Strava affiche un circuit de 10 kms. C’est mon réveil musculaire comme demandé. Certains amis du Vcn me feront remarquer que 10 kms y’a un truc, c’est pas normal. T’es blessé ?

Lundi. Ma première fois donc.

12h45 je mets le vélo dans la voiture. J’ai vérifié le tout ce matin. Je l’ai allégé au maximum. Pas d’outillage. Pas de sacoche de selle. Pas de lumières. Pas de pompe. Juste mon Garmin préféré et 2 bidons. D’eau.

13h45 je suis garé en bas du village. Petite place. Quelques concurrents sont là. Chacun monte son vélo. Seul comme moi ma logistique préférée n’ayant pu venir pour une fois, ou avec leur famille. Chacun son team, son staff, son organisation. Pas un bruit c’est étrange ça me stress encore plus et je ne sais même pas où il faut aller pour le départ et le dossard. Je monte le vélo et m’habille à moitié emportant avec moi de l’argent et mon téléphone.

Pardon où est le bureau pour les inscriptions ? Une tablée d’amis à leur terrasse dans le village confortablement installés autour de bouteilles et d’une fin de repas m’envoie gentiment là-haut à 300 mètres. Ils sont prêts pour assister à la course. Un peu plus de stress pour moi…

Bureau des inscriptions. Je suis dans la file d’attente. Ils ont tous l’air de se connaître. Tous très jeunes et quelques moins jeunes comme moi. Ca discute résultats récents, classements, kilomètres parcourus, ambitions, oui encore un peu plus de stress donc… bonjour Monsieur. Honoré, Honoré Nicolas du CCME. Ok dossard 17. Vous avez votre licence ? Heu non. Comment non ? Bah j’ai un numéro mais pas de licence sur moi. Ni chez moi d’ailleurs. C’est ma première fois en fait. On peut pas vous inscrire alors. Hein ? Ha bah non regardez ici – je montre ma licence FFC sur internet-. Ça discute ça discute puis quelqu’un qui connaît Christian me dit allez c’est bon. Mais vous savez ici on vous prend mais ailleurs non. Il faut avoir votre licence Monsieur. Gloups. En fait je ne l’ai jamais reçue, il faudra que je regarde cela après coup. Et c’est vrai qu’autour de moi ils ont tous leur petite licence bleue et blanche sur eux… et encore du stress qui s’accumule malgré tout.

Un gros ouf en sortant du bureau quand même !

Et c’est pas tout car je dois aller me chauffer. J’en vois déjà plein. On est 55 à courir. Au fait le dossard comment on l’accroche ? Autour de moi ils ont tous des épingles à nourrice. Et moi j’ai rien bien sûr. Bon je vais devoir aller en chercher. Je rencontre le maire du village qui m’assure qu’il va en trouver. 2 minutes plus tard il ressort. Rien trouvé mon ami. Zut. Je vais alors à la rencontre d’une voiture qui entoure deux coureurs. Un des jeunes m’en donne 8 . 8? 2 ça suffit pas ? Fais comme tu veux. J’en prend donc 2 et je pars faire mon échauffement. Il est 14h15. Ça fait du bien de rouler. Je fais quelques accélérations. Je vois des sprints très poussés autour de moi. Sérieux tout ça. Bravo.

À un moment je repasse par la ligne d’arrivée et vois Christian qui est venu avec quelques personnes du club pour regarder la course. Christian m’inspecte me demande ce que j’ai fait. Parfait parfait sauf ce dossard. Tu passeras jamais au contrôle. Il faut que tu aies 4 épingles. Je repars voir le coureur qui m’en avait donné. Heu oui 2 autre stp. Pas de problèmes. Puis Christian m’accroche le dossard dans le dos. Derniers conseils. Reste dans le paquet. Essaie d’être devant avec les 20 premiers. Nous sommes 4 du club à courir. Il me présente les 3 autres. Moyenne d’âge 23 ans… stress quand tu me tiens… Christian leur explique que c’est ma première course et demandent à ce qu’ils me donnent quelques conseils plus tard. C’est ce qui se passera effectivement. Merci.

14h52 allez allez sur la ligne. Faufile- toi le plus près de la ligne. Deux personnes passent dans le peloton pour inspecter nos équipements nos dossards et je ne sais quoi. Ouf j’ai bien mon dossard à 4 épingles… un speaker annonce la course et donne le nom de chaque concurrent. J’entends mon nom. Ça fait bizarre. Enfin j’y suis. C’est agréable.

15h.

On est parti. Sur 50 mètres ça part tranquillement mais je me fais doubler en permanence. J’accélère de plus en plus mais je suis sur le petit plateau et je décroche au bout de 300 mètres. Je me retrouve dans les derniers alors qu’il y 10 secondes j’étais dans les premiers. C’est quoi ce truc. Un coureur derrière moi a l’air de s’en apercevoir et me pousse dans le dos pour me relancer et me dit de changer de plateau. Puis il passe devant et file. Je repars mais je suis le dernier du peloton. Incroyable. J’ai rien vu venir. Je suis le dernier et on a fait même pas 500 mètres. C’est quoi ce truc -oui je me répète mais j’étais éberlué sur mon vélo-. Étrange feeling que ce départ. Ça m’amuse mais ça ne devrait pas.

Je suis donc maintenant tout seul à essayer de recoller au peloton. À la moitié du 1er tour je suis déjà à plus de 180 pulsations… et en plus à cause de ces routes si rugueuses de la creuse, lors d’une bosse un de mes bidons saute et me voilà avec un seul bidon alors que j’ai encore toute la course à faire… argh… pas le courage de m’arrêter pour le récupérer sinon je perds encore plus de temps. En fait j’économiserai mon eau tout au long de la course, la bouche sèche comme du papier calque, et encore une erreur de stratégie. Christian me dira à la fin que j’aurais dû le lui dire et qu’il m’aurait fourni en eau lors d’un passage… le métier… le métier…

Je passe la ligne en fin de premier tour quelques instants plus tard … en dernier. J’ai honte de passer devant mon coach déjà distancé dès le début. Mais je suis à fond quand même. Il y a devant moi 2 coureurs à 150 mètres et je me mets en chasse. Je vais être ainsi pendant 3 tours sans jamais les rattraper. À fond quasiment. Christian me dira à l’arrivée que j’aurais dû taper dedans encore plus fort, me mettre sur le grand plateau plus souvent et me mettre minable, mort, bavant, dans le rouge, mais j’aurais dû les rattraper. Erreur de débutant… Autre erreur : quand j’étais distancé et que les premiers m’avaient mis déjà un tour dans la vue, j’aurais dû ralentir, attendre un groupe de poursuivants et me mettre à la traîne derrière eux – sans prendre de relais car je n’ai pas le droit- mais au moins arrêter l’hémorragie.

Car au final j’aurai roulé 99 % du temps en solo alors que tous les autres étaient en petits paquets. Antoine du club qui finira 20ème me dira à un moment viens, essaie de te mettre dans nos roues, mais je réussirai à le faire sur 500 m seulement. Incroyable le rythme qu’ils avaient tous. Pourtant je roulais à 34 de moyenne ce qui est déjà énorme pour moi.

À chaque tour je souffrais de plus en plus. Mais je restais à fond de ce que je pouvais.

À chaque passage intermédiaire de la ligne d’arrivée j’étais seul, précédé d’un sifflement d’annoncement d’un signaleur et j’étais heureux de filer sur la ligne sous des applaudissements plus d’encouragements que de félicitations, mais heureux. J’entendais parfois Christian m’encourager. C’était top.

Par deux fois les 5 puis 4 coureurs de tête me doubleront. Ils roulaient très serrés. À 4 sur 2 mètres carrés si je puis dire. Bien organisés, plutôt beaux à voir. Ça me donnait envie de repartir mais bon…

Puis lors de l’avant dernier tour j’aperçois devant moi un coureur qui semble se rapprocher.  What ? Je vais me le faire lui… je le rattrape et lui dis que je trouve cela très dur très rapide comme rythme. Il me dit oui ça va beaucoup trop vite j’abandonne. Ha bon ? Pas moi en tout cas mais je ne dis rien et petit à petit je le lâche. Il est en fait cuit de chez cuit et il sera le seul que je dépasserai de toute ma course… Maigre victoire mais je ne finirai pas dernier. Et c’est sourires aux lèvres que j’arrive. Enfin fini. On arrête les chronos, on sauvegarde immédiatement, on analysera dans un instant tout ça car pour le moment je suis mort mais c’était une superbe expérience.

Dès que j’arrive Christian vient me voir pour me demander mon avis. Je rigole en m’appuyant sur lui pour récupérer. Incroyablement rapide. Jamais vu ça. Il éclate de rires et me dit ha tu as voulu voir hé bien voilà. Et tu verras la prochaine fois ça ira beaucoup mieux. Il a l’air content de moi malgré tout d’autant plus que sur les 4 du club un des trois autres a abandonné mais pas moi et il m’a dit qu’il avait bien vu qu’à mon air, à mon style je n’abandonnerai jamais. Cela lui a bien plu et oui en dehors d’un pépin technique ou d’une chute, pour moi il était hors de question d’abandonner.

Pour les résultats officiels ce n’est pas brillant du tout… je finirai 49ème sur 55 et tous les autres derrière moi auront abandonné. Ma moyenne sera descendue à 31.4 km/h. Je suis un peu déçu, je visais plutôt 33. Puis en discutant avec le club à la fin ils m’apprendront que ceux qui ont fini dans les premiers courent aussi en première catégorie. Que cette course pour une première fois n’est vraiment pas la plus facile. Et que pour eux finir dans les 20 premiers étaient un objectif qu’ils n’ont même pas réussi à atteindre car le niveau était plutôt relevé. Vrai ? Faux ? En tout cas pour une première fois c’était une belle première fois. Du plaisir dans la souffrance ? Un peu de cela oui quelque part…

Une heure plus tard le dernier débriefing autour d’une bière aura lieu. Quelques derniers conseils de Christian pour tester ma forme avant une sortie en vélo. Un rapide examen du calendrier pour fixer la prochaine. Des notions d’entraînements plus ou moins prioritaires. Je me serai cru dans un film. C’était top. Pas le même plaisir qu’une sortie cyclo, pas la même difficulté qu’une cyclo sportive, mais un réel et sincère beau moment de vie. De vélo…

Les détails techniques : https://www.strava.com/activities/2310318358

64 kms, 2h02.23, 31.4 de moyenne, 724 m, 164 de pulsations moyennes, 189 Max.

Nicolas Honoré

Première Flèche Vélocio

Cette année je me suis lancé dans la longue distance à vélo alors pourquoi ne pas faire la Flèche Vélocio ? Rouler 24 h sans jamais s’arrêter plus d’1 h 30 et faire au moins 360 km, ça semble un bel objectif alors que je n’ai jamais fait plus de 250 km et n’ai jamais roulé plus d’une heure de nuit.

Coup de chance, Catherine me propose d’être le cinquième dans son équipe, montée par l’US Métro, et où l’un des membres vient juste d’être forcé d’abandonner. Seulement voilà, ils ont prévu de rouler 620 km en 24 h, sans les arrêts ça fait quand même une moyenne de plus de 30 km/h ! De bel objectif ça devient un beau défi ! Mais j’accepte, l’occasion est trop belle, même si je ne sais pas trop dans quoi je m’engage.

Dans l’équipe, côté rouleurs je connais bien Catherine et un peu Philippe Huet notre capitaine, mais je ne rencontre Carlos et Olivier que plus tard lors d’une soirée de préparation chez Philippe, quelques jours avant le départ, je ne sais pas comment ils roulent, quel est leur niveau, si je serais à la hauteur. À la même occasion je rencontre aussi Nicolas, un de nos deux suiveurs avec Bernard et nous accompagnera tout au long de l’épreuve pour nous préparer les ravitaillements et transporter notre matériel. J’apprends plein de chose pendant cette réunion, notamment que les arrêts seront très rapides, qu’il ne faudra surtout pas perdre de temps et faire un maximum de kilomètre pendant ces 24 heures, clairement on n’y va pas pour se promener. Mais Philippe et sa femme nous ont préparé un très bon dîner, je me régale et j’oublie mes inquiétudes.

Le jour dit nous nous retrouvons tous à 9 h au Plessis-Robinson où l’on découvre avec stupéfaction le van qu’on a loué sur OuiCar. On a tous la même question en tête : est-ce que cette épave va tenir le coup sur les 1500 km aller-retour ? Au moins une chose est sure au vu de l’état de la carrosserie on ne risque pas de se faire embêter pour une rayure en rendant les clefs… 
Enfin, pas le temps de tergiverser on embarque les vélos, les bagages, le materiel et en route pour Troyes ! 
On arrive à 11h28 mais le restaurant et fermé petit stress on un planning serré, mais le temps de faire le tour pour trouver une entrée et c’est ouvert : la porte s’ouvre automatiquement à 11h30 pile devant une serveuse étonnée de nous voir tourner autour du restaurant comme ça ! On déjeune, surtout des glucides, on fait un peu plus ample connaissance, et on pars pour notre ligne de départ : la pancarte de sortie de Saint-Julien-les-Villas à 10 kilomètres de là.

Juste avant le départ

La veille j’avais comme les autres préparé soigneusement mes affaires et comme les autres mis dans une grande boîte en plastique tout le matériel auquel j’avais besoin d’accéder rapidement pendant l’épreuve. Par contre conteraient aux autres j’avais emballé mon vélo dans une valise de transport que j’utilisais pour la première fois et qui m’avait contraint à démonter les deux roues, le cintre et la selle. Gros stress, le temps passe, j’ai besoin de plus de temps que les autres pour tout remonter et la marque que j’avais faite sur ma tige de selle n’est pas très visible : est-ce que je l’ai remise à la bonne hauteur ? Il vaudrait mieux parce que sur plus de 600 km ce genre de détail ne pardonne pas… 
Dix minutes avant on est tous au départ, on prend quelques photos tandis que les minutes passent lentement en attendant 14 h pile…

Le compte à rebours est lancé !

Enfin on s’élance ! Il fait beau mais malheureusement on a le vent dans la figure, il ne nous quittera pas jusqu’au premier ravitaillement 84 km plus loin. Malgré tout le groupe roule vite et fort sans avoir eu le temps de se chauffer, on est à 32 km/h en faisant des relais très rapides pour s’exposer au vent le moins longtemps possible. Je n’ai pas l’habitude de partir d’enchaîner les relais comme ça, je fais des erreurs et je peine alors que Catherine semble avoir mangé du lion. Même si rapidement je me mets dans le rouge, je ne veux pas être inutile, je prends mes relais comme tout le monde, je m’accroche. Mais je me dis que ce n’est pas possible, que je ne vais pas tenir 24 h comme ça, et je vois se rapprocher s’approcher l’horrible perspective de devoir abandonner, de devoir finir la flèche dans le van alors qu’on est juste au début. Je suis tellement crispé sur mon vélo que je n’ai pas le temps de manger ni boire, mauvais calcul, et que mes lombaires me font mal. Mes compagnons de route voient bien que je peine et me disent de rester abrité, de ne plus prendre de relais. Je rechigne parce que je veux faire ma part du travail, mais rapidement je suis bien forcé d’accepter. J’en profile pour me restaurer et m’hydrater. J’étais à plus de 82 % de ma fréquence cardiaque max, mais ça redescend doucement à 70 %, rapidement j’essaie de reprendre des relais mais c’est trop tôt, ça remonte tout de suite, alors je prends mon mal en patience jusqu’au ravitaillement de Nuits-sur-Armançon ou l’on arrive avec 7 min d’avance sur le programme, malgré le vent de face !

La nuit tombe…

Vite, vite, on mange, on boit et l’on repart après que Catherine m’ait forcé à mettre un Guronsan dans mon bidon pour me donner un coup de fouet. Et là, je ne sais pas si c’est que je suis enfin chaud, que j’ai bu et mangé ou le Guronsan mais ça va beaucoup mieux, j’ai repris du poil de la bête, on roule vite, on fait des relais plus longs vu qu’on a plus de vent, et j’en fais largement ma part. Pourtant ça grimpe un peu pour arriver à Sombernon, le point culminant de notre parcours où l’on arrive encore en avance. 
Olivier a des problèmes de douleurs de selle et de digestion (du coup il mettera deux cuissards l’un sur l’autre pour plus d’amorti). Comme la nuit va tomber, on met en place nos lampes. Les autres s’habillent plus chaudement mais pas moi, il fait encore 27 °C, trop peur d’avoir chaud et je fais bien, il fera encore très bon tard dans la nuit. On mange les sandwichs qu’on s’était préparé mais pas les pattes qui étaient prévues : Nicolas et Bernard n’ont pas eu le temps de les préparer, le van est tombé en panne, il s’est arrêté d’un seul avec tous les voyants au rouge, ils ont réussi à repartir mais il n’y avait plus d’huile ils ont dû en acheter… Le van refera de nombreux caprices par la suite mais heureusement tiendra jusqu’au bout quand même !
On repart après que Nicolas nous ait conseillé de ménager nos forces, il va falloir tenir jusqu’au bout et en effet le groupe va vite commencer à fatiguer. Catherine qui tirait tout le monde au début a maintenant du mal à suivre, comme moi plus tôt elle s’abrite pour reprendre des forces. Olivier, qui comme moi débute dans ce genre d’épreuves, à du mal aussi. On roule dans le nuit en pensant à la soupe qui nous attend à Champforgueil, ça va être le grand luxe on va pouvoir s’arrêter 25 min et manger quelque chose de chaud au milieu de la nuit.
Mais une grosse déception nous attends en arrivant : personne n’a pensé à prendre des allumettes ou un briquet, impossible d’allumer le réchaud, pas de soupe ni de café ! Je mange des pates froides (heureusement elles avaient été cuites à l’avance) et je m’habille car je sais que le lever du jour sera frais.

On repart pour la deuxième partie de la nuit, on roule au train, et si je ne me sens pas fatigué et j’ai des jambes je dois constamment lutter contre le sommeil qui m’envahit. Je me mets souvent devant parce que les changements de rythme et la fraîcheur de la nuit me maintiennent éveillé. On prend quelques gouttes mais c’est juste pour nous faire peur, c’est très court et ça ne mouille pas. Enfin, presque pour rompre la monotonie, on s’arrête à Villefranche-sur-Saône.

Crevaison…

On traverse Lyon vidée de ses habitants en cherchant la basilique perchée sur la colline de Fourvière. Mais en traversant le Rhône, Philippe crève sur un gros morceau de verre. Son pneu est coupé sur plusieurs centimètres, heureusement j’ai un tire boot et on peut réparer, mais l’on perd beaucoup de temps à cause d’une chambre à air qui a une valve trop courte pour une jante trop haute.

Peu avant le lever du jour on arrive à Ampuis après avoir roulé 425 km et il ne fait plus que 5 °C. Surprise nos suiveurs on trouvé un briquet prêté par un boulanger et on peut enfin boire du café ! Quel bonheur alors qu’il fait froid et l’envie de sommeil est toujours aussi présente. Deuxième surprise : un membre de l’Audax Club Parisien est là pour un contrôle, il est ravi de boire un café avec nous.

On repart avec le soleil qui se lève, c’est tellement agréable malgré la fraîcheur ! Mais nouveau problème pour moi : je commence à avoir mal au genou gauche, je n’en dit rien à mes compagnons que je ne veux pas inquiéter. Et qu’y faire de toutes façons ? Je ne veux pas finir en van maintenant alors qu’on a fait plus de la moitié ! Même si la douleur devient de plus en plus présente au fil des kilomètres je m’accroche.

À Valence on sait qu’on a fait 497 km, soit le minimum requis pour valider la flèche (on doit faire plus ou moins 20 % des 620 km annoncés). Mais il faut rester motiver, pour tenir notre objectif. C’est dur, très dur, j’ai mal au genou (je découvrirais plus tard que ma cale gauche avait bougée et était de travers), je veux dormir, mes compagnons ne valent pas beaucoup mieux que moi.

En Ardèche on rencontre un cycliste très sympathique qui fait un bout de chemin avec nous, il nous notre en passant la statue de Johny Hallyday à Viviers. Il a la pêche lui, il nous apprends qu’il a fait le Paris-Brest-Paris en seulement 56 h…

On roule sur la nationale 7, voie hostiles aux vélo si l’en est, surtout ce samedi matin ou toutes les voitures semblent s’être donné rendez-vous.

Certains parlent de faire une grosse pause, de s’arrêter une fois la barre des 600 km franchise, mais heureusement Catherine veut rien savoir, c’est une guerrière, elle nous pousse, elle nous tire mais elle veut qu’on atteigne notre objectif de 620, il nous reste peu de temps, mais c’est possible.

Deuxième crevaison

Manque de chance c’est au tour de Carlos de crever, mais il est d’une efficacité redoutable pour réparer, même après plus de 22 h de vélo ! J’en profite pour faire une micro sieste de 2 minutes !

On repart, mine de rien on s’est reposé, on retrouve des routes plus clémentes, Carlos et Catherine nous tirent. On rate un virage à Orange mais c’est pas grave, on ne va quand même pas faire demi-tour ! On passe par le centre au lieu de le contourner.

On roule, on roule, il est bientôt 14 h et l’on retrouve des forces cachée on ne sait où et l’on se paie le luxe d’accélérer ! On passe Avignon, apercevant le palais des papes perché sur son rocher.

On roule, on roule, il est 14 h, on a passé les 620 km à Villeneuve-lès-Avignon, 4 km plus tôt, on est heureux, on l’a fait !

Randonnée des Pommes de Terre 2019

Le Vélo Club de Neuilly-sur-Seine

Vous invite à sa Randonnée des Pommes de Terre.

Dimanche 9 juin 2019

Parcours fléchés avec ravitaillements, comptant pour le challenge du CODEP 92.

Départ : Stade Monclar, 55 Boulevard du Parc, 92200 Neuilly-sur-Seine

Arrivée jusqu’à 14h avec remise de coupes, lots, boissons et collations.

Inscriptions sur place :

Licenciés FFCT : 4€ (gratuit pour les moins de 18 ans)

Non licenciés : 6€ (1€ pour les moins de 18 ans)

Cyclo-découverte : 2€

Cyclo-découverte encadrée de 25 km, départ à 9h30 précises.
Parcours Fléchés de 67, 94 et 116 km, départ de 7h30 à 9h30.

25 km

Distance totale: 28.36 km
Denivelé total positif : 225 m
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67 km

Distance totale: 67.9 km
Denivelé total positif : 990 m
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94 km

Distance totale: 94.88 km
Denivelé total positif : 1305 m
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116 km

Distance totale: 116.73 km
Denivelé total positif : 1566 m
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Course de Palaiseau

La course de Villebon-Courtabœuf  du 24 mars 2019 ayant été annulée suite à la réfection du bitume dans la zone industrielle ; un nouveau circuit de 2,3 kms a été trouvé par les organisateurs sur le plateau de Saclay, dans la Z.I. de l’École Polytechnique.
Nous étions 2 coureurs du VCN présent à la course. En 4ème catégorie Mickaël et moi avons pris le départ pour notre première course de la saison. 
En début de course, Mickaël sort du paquet avec 3 autres coureurs. Un contre est ensuite lancé avec 4 autres courreurs dont Alain Alleman, un ancien coursier du VCN. Le contre n’arrive pas à rentrer sur les échappées de tête. Mickaël décroche de l’échappée. Il manque d’entraînement et retombe dans le contre. Le contre n’arrive pas à reprendre les 3 échappées qui iront jusqu’au bout… Mickaël « bâche » par manque d’entraînement après avoir participé sur les deux tiers de la course à l’échappée et au contre.
Pour ma part, c’était la reprise de la compétition après une coupure d’un an. L’objectif était donc de rester dans les roues et finir. À 8 tours de l’arrivée dans le peloton, unZ chute se produit et emmène 6 coureurs à  terre. J’évite la chute mais devant c’est parti. Je roule avec un autre courreur, nous n’arrivons pas à revenir sur le paquet. À un tour de la fin, je descends pour voir l’arrivée.