Born To Ride 2020. Rambouillet – Aragnouet – 7 au 12 août.

Acte I/ Jour 2: Roméo et Juliette. Tragique dimanche du 8 août 2020.

Châtres-Sur-Cher Saint-Pourçain-Sur-Sioule. 342 km.

 

Le moment tragique, celui qui allait engendrer notre séparation, eut lieu 14 km au sud de Moulins et 13 km avant la fin de notre seconde étape. Nous avions alors déjà parcouru 564 km depuis la forêt de Rambouillet que nous avions quittée par un superbe après-midi d’été deux jours plus tôt. En pleine canicule, à 16H28 exactement puisque c’est cet horaire qui aura été consigné par ChilKoot, la compagnie des Pionniers, organisateur de la Born To Ride 2020 plus communément appelée BTR par chacun d’entre nous, nous les BTRistes donc.

Nous venions juste de faire une pause sur la terrasse du restaurant, fermé hélas, de Chemilly. Histoire de nous rafraîchir mais aussi de nous redonner courage sur cette interminable route qui depuis Moulins est une de ces routes que haïssent les cyclistes ; j’entends par là qu’elle est rectiligne, longue (30 km), fréquentée par toutes sortes de camions ou voitures même un dimanche en fin d’après-midi, monotone, vallonnée avec des rampes dont on ne voit pas la fin et où l’on ne se repose jamais. Patrick tirait le groupe de deux d’un bon rythme. Je suivais à bout de forces, en essayant de ne penser à rien. J’étais claqué. St-Pourçain-Sur-Sioule était pourtant là juste à quelques kilomètres mais ne voulait pas se rapprocher. L’Hôtel du Chêne vert y serait notre première halte pour passer une bonne nuit et boire autre chose que l’eau tiède de nos bidons…

Soudainement Patrick se déporte sur la droite. Quelque chose ne va pas. Il se gare. Je le suis, et nous posons nos vélos sur le grillage d’un jardin longeant la route. Un gentil Berger Allemand accoure nous dire bonjour à sa façon puis s’adoucit bien vite en voyant nos bonnes têtes de cyclistes inoffensifs et bien intentionnés.

  • « On a juste un problème de vélo Rintintin ! on s’arrête pour regarder si tu veux bien ».
  • « OK les amis » semble-t-il nous répondre avant de repartir vers sa couche à l’ombre.

Silence. Pause. Inspection. Quelques tours de clefs pour vérifier mais le verdict est immédiat.

  • « Boîtier de pédalier cassé » annonce gravement Patrick.

Cet axe qui relie les deux pédales est une pièce maîtresse et surtout indispensable. Rage ! Comment est-ce possible ? Surtout ici, maintenant, là ! Mais pourquoi moi ?  Que va-t-on faire ?

Pour le moment, facile ! il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est rejoindre St-Pourçain. Patrick arrive à pédaler en ne restant que sur le petit plateau et en changeant le moins possible de pignons à l’arrière. Ses deux plateaux, habituellement bien verticaux, se mettent à onduler de gauche à droite. Ne pas forcer. Serrer les fesses et rentrer.

 

L’Hôtel se pointe. On y est. Vite attablés et entourés de nos vélos nous cherchons comment aborder la suite du programme avec chacun une pinte de Pelfort ou de Blanche qui saura irriguer nos neurones. Nous sommes dimanche soir. Réparer nous-mêmes ? c’est impossible. Demain, comble de malchance, c’est lundi. Et lundi le vélociste de St-Pourçain est fermé. Celui de Moulins aussi. Nous tentons le joker « j’appelle un ami » pour annoncer puis réfléchir avec Jean-Baptiste (BTRiste à l’épaule cassée qui fait donc la BTR depuis chez lui hélas). Il trouve un vélociste à Vichy. Vichy c’est mieux car au sud et donc pas loin de notre itinéraire. Et il ouvre à 8h30.

 

Une heure plus tard, toujours depuis la terrasse de l’hôtel tout en dînant et en nous réhydratant sérieusement, le plan de bataille est arrêté :

  • 7h45 : départ de Patrick en taxi pour rejoindre Vichy.
  • Cas 1 : Il arrive à réparer vite fait ; Patrick reprend l’itinéraire pour me rejoindre.
  • Cas 2 : Il répare mais met du temps ; Patrick perd une journée mais repartira plus tard quitte à arriver hors délais, pas grave.
  • Cas 3 : Il ne peut pas réparer ; no choice, retour à Paris en train depuis Vichy.

 

Quant à moi, après plusieurs hésitations et réflexions partagées, je décide de continuer la route seul. Rester avec Patrick n’aurait aidé en rien à faire réparer plus vite. Il faut qu’au moins un de nous deux tente et parvienne à faire cette BTR dans les délais ! Il faut dire que nous étions 5 du club de Neuilly à s’être inscrits : Alex, Frédéric, Jean-Baptiste, Patrick et moi-même.

  • Alex et Frédéric étaient disponibles pour la date originelle de juin mais pas pour août quand, pour cause de Covid, ChilKoot a décalé de deux mois l’épreuve.
  • Jean-Baptiste roi de la longue distance s’est cassé l’épaule 3 semaines avant le départ. Opéré une semaine plus tard il n’a pu se joindre à nous.
  • Restaient donc Patrick et moi.

 

Lundi je me levai donc à 4 heures pour partir dans la foulée. Je sentis Patrick réveillé, éveillé et triste mais j’avais bon espoir de le revoir bientôt; et au plus tard à l’arrivée où nous avions prévu une journée entière sur place à St-Lary-Soulan pour récupérer et savourer.

 

Quelques heures plus tard, le vélociste qui pourtant était fermé, ouvrit sa boutique, et s’affaira autour du malade avec intérêt. Mais il n’arriva jamais à dévisser le boîtier. Patrick dû se résigner à prendre le train pour Paris, très déçu avec un mystère à résoudre, mais encore plus motivé pour la BTR 2021. Et je roulerai donc seul dorénavant.


 

Acte II/Jour 1. Prologue et flash-back. Vendredi 7 août. Les puces sont toutes excitées.

Rambouillet Châtres-Sur-Cher. 236 km.

La BTR qu’est-ce ? C’est un événement vélo de Long Distance, en autonomie complète, avec 1200 km et 14400 m de dénivelé positif depuis Rambouillet jusque dans les Pyrénées. Tout est résumé ici http://chilkoot-cdp.com/project/btr-2020/ .

Mais pour que cela soit plus amusant il y a 4 Checks Points à atteindre à chaque fois avant un horaire maximal, et l’arrivée, le dernier, le CP5 donc, sera à atteindre en moins de 5 jours, c’est-à-dire en partant vendredi soir, avant mercredi 22h45.

 

Le départ est annoncé à 22 heures pour ce vendredi 7 août depuis la forêt de Rambouillet. Nous devrions être plus de 300. On roulera de nuit donc. Avec des départs par vagues tous les quarts d’heure autour de 22h00.

Ça, c’est ce qui était prévu ! Mais avec le Covid l’organisation nous a offert 8 heures de délais supplémentaires et chacun peut partir quand il veut à partir de 14 heures. On a donc 5 jours et 8 heures maximum pour réussir.

 

Excités comme des puces nous décidons de décoller vers 16/17 heures. Isabel nous a déposés sur le lieu de rassemblement. C’est une clairière entre soleil et ombres. On nous remet notre dotation, à savoir un brassard numéroté, un écusson BTR 2020, un décapsuleur, un bidon et le fameux passeport ChilKoot qui servira pour tamponner chacun des CPs.

 

Photo souvenir. Re photo souvenir. Vélos prêts; bonshommes, de même. Ca y est! En route! On tourne à droite direction les Pyrénées, c’est juste là-bas devant, au loin… La balise GPS permettant de nous suivre en temps réel est activée. Le WhatsApp Born To Ride pour partager  quelques moments et recevoir des encouragements de nos familles et amis est en ligne ! Il ne peut rien nous arriver, par Toutatis !

 

 

ChilKoot propose un itinéraire et des traces GPS mais nous avons opté pour notre propre itinéraire. Il sera un peu plus long mais aussi avec un peu moins de dénivelé. Espérons que cela soit payant. Une trace de 1200 km sans erreurs ni surprises ce serait étonnant… mais une chose à la fois.

 

Pendant 100 km la température ne passe pas en dessous de 30 degrés. On tape même les 41 degrés en pleine Beauce. Il faut dire que l’itinéraire ne peut pas éviter cette zone. Le soleil tape bien fort sur les pailles de blé, quelques rares lièvres sortent de leur gîte. Nous roulons Sud-Ouest, nous traversons Maintenon, nous contournons Chartres et première pause à Illiers-Combray, km 70, où nous avons prévu de prendre un dîner avant d’affronter la nuit le ventre bien plein. Nous y retrouvons avec plaisir d’autres BTRistes. Chacun est enthousiaste. Nous comparons nos équipements, nos sacs, nos lampes, bref on s’autorise à parler vélo. Il fait (très ! trop ?) beau et ça roule bien. Nous nous relayons avec Patrick ; aucun objectif de vitesse mais Patrick a des pattes de lièvres, ça se voit. Ça se sent. L’entraînement a payé.

 

 

Il reste 100 km avant le premier Check Point. Cap Sud-Ouest encore. La nuit s’approche et vers 22 heures nous basculons en mode Lumières Toutes ! Les routes de campagne sont désertes, la chaleur commence à baisser jusque 25 degrés, cela devient bien plus agréable. Il y a parfois certains courants d’air chaud qui succèdent à des passages plus frais, notamment le long des cours d’eau ou en fond de vallée. Très étonnant. Nous pouvons rouler de front sans gêner personne. Nous roulons toute la nuit, habillés d’un maillot court. Quel bonheur !

 

Le CP1 est en pleine forêt. C’est le thème de cette BTR : des forêts, des forêts… Nous pointons nos passeports en Sarthe dans la forêt de Bercé. Il est 2h03. De nombreux cyclistes sont déjà là. Certains dorment par terre. D’autres arrivent ou repartent. Nous discutons un moment avec quelques organisateurs et même avec un couple de « civils », garés ici avec leur Mobile Home et qui nous expliquent qu’ils font « la logistique pour un des participants » (sic!).

 

Nous repartons avec comme objectif de trouver un endroit tranquille pour manger. Et pour reprendre des forces car je commence à faiblir. Cela fait 5 heures que nous n’avons pas fait de pause et rouler le ventre vide ne serait pas une bonne idée. D’autant plus qu’on a emmené avec nous du taboulé… Ça prend de la place dans nos bagages et ce sera finalement à Jupilles, juste devant la mairie, sous quelques réverbères, que nous ferons halte. 20 minutes d’arrêt, tout le monde descend, on ingurgite du solide et du liquide. La météo est toujours aussi agréable.

Nous partageons cet instant via le WhatsApp du groupe d’amis/famille. Photo souvenir. Il est 2H30. Surprise ! Alex et José sont toujours debout. Ils nous répondent et nous encouragent. « Allez Nico », « C’est normal que ce soit dur à cet instant. Courage, ça va passer » ! Amusant et sympathiques sensations de se sentir épaulés ainsi. Merci les amis !

 

Il reste néanmoins 160 km à parcourir jusqu’à Châtres-Sur-Cher fin de la première étape. Nous repartons. Sur la droite un cycliste est arrêté, penché sur sa roue avant. Vu son équipement, c’est un des nôtres ! Arrivés à sa hauteur nous ralentissons et lui demandons si tout va bien.

  • Problème électrique. Le fil qui relie la dynamo à mon chargeur de GPS est déconnecté, cassé.
  • Besoin d’aide ?
  • Oui je ne sais pas comment faire.

Et avec une cuillère ou la tranche d’une fourchette en plastique il essaie de dénuder un fil électrique. D’autres cyclistes s’arrêtent aussi. Certains repartent. D’autres viennent aider. C’est écrit dans le règlement. Article 8 : « Tout cycliste qui serait conduit à doubler/rencontrer un autre cycliste victime d’une difficulté … doit lui porter assistance ». Plutôt clair non ?

Et en plus cela me permet de me reposer car Patrick est en forme olympique. Faut le suivre…

Je propose de sortir mon couteau suisse que malgré ses 94 grammes j’ai emmené. On ne sait jamais… et effectivement ça va beaucoup mieux ; fil dénudé, recâblé, ça remarche. Une petite victoire dans cette nuit noire !

 

C’est reparti. Je roule derrière Patrick qui vient à ma hauteur.

  • J’ai l’impression que tu t’endors. Je vois ta lumière devant moi qui va de gauche à droite en permanence.
  • C’est vrai que je baille souvent. Mais ça va.
  • Je te propose qu’on dorme un peu dès qu’on trouve un bon endroit.
  • Bonne idée oui.

Et arrivés à Montoire-Sur-Le-Loir sur la place centrale, un superbe kiosque à musique semble nous tendre les bras. C’est l’endroit idéal ; sans même nous concerter on y va. On monte les vélos en haut de la petite dizaine de marches. Le sol est encore chaud de la journée. Je pose mes gants derrière la tête. Cela fait un oreiller du tonnerre. Il est 5 heures. Nous nous allongeons sur le dos, chacun à côté de son vélo, les mains le long du corps, paumes tournées vers le ciel, pieds à 10 heures 10. La chaleur du sol fait du bien le long du dos. Doit-on enlever nos chaussures ? Pas le temps d’y répondre car en cinq secondes nous sommes endormis.

 

 

Nous sommes réveillés à 6 heures par le marché qui s’installe. La place se réveille. Nous avons dormi comme des princes. Quelle superbe expérience ! A refaire. Tout en rangeant nos affaires, Patrick me raconte que Montoire-Sur-Le-Loir est connue pour la rencontre entre Pétain et Hitler durant la seconde guerre mondiale. Quand l’Histoire nous rejoint…

 

Nous repartons ensuite tranquillement. Les châteaux de la Loire ne sont pas loin. Blois. Chambord. Villesavin. Cheverny. Nous les longeons sans pouvoir tous les apercevoir. Nous sommes en pleine Sologne. Et enfin après 341 km, Châtres-Sur-Cher est là. Il est 13h30.

 

Nous y avons réservé une chambre. En attendant que nos hôtes soient disponibles nous allons célébrer cette première étape avec une pinte de 1947. Puis déjeuner au bar de la plage le long du Cher. Nous récupérons l’après-midi et prévoyons de partir le lendemain à 7 heures. Direction St-Pourçain-Sur-Sioule.


Acte III/Jour 2. Le grand sommeil. Dimanche 9 août.

Châtres-Sur-Cher Saint-Pourçain-Sur-Sioule. 246 km.

 

Le CP2 sera à 115 km du départ et à atteindre avant 13h45. Le parcours est superbe. Petites routes de campagne à travers les plaines de céréales battues. Peu de trafic. Nous roulons en relais ou à deux de front. Il fait de plus en plus chaud ; la canicule est repartie et le traditionnel sandwich jambon emmental beure de midi à La Charité-Sur-Loire à l’ombre, fait un bien énorme. Avec un litre de Badoit et de Coca en plus, encore mieux. Et c’est sans soucis que nous atteignons le Cp2 à 12h45 en pleine forêt. Il n’y a personne mais grâce à l’application fournie par ChilKoot nous pouvons nous géolocaliser et horodater notre présence pour valider le Cp2.

 

 

 

 

 

L’après-midi sera plus difficile. La température monte de plus en plus. Nous sommes constamment autour de 35 degrés et fleurtons à nouveau avec les 40 degrés. Est-ce que notre stratégie est la bonne ? Pas sûr ! Certains ont tout misé sur les trajets de nuit avec repos l’après-midi. A retenir car cela semble être payant.

Nous prenons la route vers Nevers. Pèlerinage devant l’usine LOOK de Nevers (Patrick a un vélo Look !). Arrêt buvette au Café Vélo de Nevers où une pompe est disponible pour redonner un peu de souffle à nos pneus; à nouveau un litre de Badoit et quelques Oranginas nous redonnent des forces.

 

Puis direction Moulins. La campagne est superbe. Mais mine de rien le profil de cette étape est un continuel faut-plat montant qui use. Nous avons roulé environ 200 km, il en reste 40. Soudainement, comme pour me sortir de cet état d’engourdissement qui me prend petit à petit, mon sac arrière se décroche et tombe sur la route. Je pousse un cri ; Patrick croit à une chute et stoppe net. Nous analysons les causes de ce décrochage. L’attache autour de la tige de selle s’est ouverte. Comment est-ce possible ? Ce sac Tailfin est vendu comme pouvant être à toute épreuve, même en VTT ou Gravel. Désormais je sécuriserai  avec une sangle le mécanisme d’accrochage. Je ne le sais pas encore, mais l’armature interne en aluminium au fond du sac est en train de se casser. Je l’apprendrai à mes dépends dans quelques jours.


Acte IV/Jour 3. Le jour le plus long. Lundi 10 août.

Saint-Pourçain-Sur-Sioule Raulhac. 245 km.

 

Ce lundi, 3500 m de dénivelé prévus pour 245 km avec 3 cols en fin de parcours. C’est l’étape la plus difficile car on va aborder le massif central et grimper vers le Cantal. Une étape de toute beauté pour Patrick en théorie mais il a dû repartir pour Paris. Avec un boîtier de pédalier cassé  et une crevaison pour couronner le tout à Vichy en attendant son train.

 

De mon côté j’ai bien récupéré et je suis en forme. Départ 5 heures. Heureusement car dès 10 heures les températures dépassent 30 degrés et les traversées de Riom ou les abords, très urbanisés, de Clermont-Ferrand sont pénibles. Puis on attaque de longues rampes raides en plein désert auvergnat. Je longe cette belle autoroute qui mène jusqu’au pont de Millau si on la continue. Sur mon chemin il n’y a personne hormis certains tracteurs qui me croisent ou me doublent. Dans les villages tous les volets sont fermés. Est-ce à cause des vacances ? ou plus sûrement pour couper court à la chaleur ?! Puis vers 16 heures je vois au loin les nuages se noircir. Oui il pleut sur ma droite et cela se rapproche. Le vent s’y met aussi. Puis d’un seul coup c’est la pluie et le vent. Je m’arrête pour revêtir ma veste de pluie. Moment délicat où sur mes bras chauds et couverts de crème solaire je dois enfiler cette veste. 

 

 

J’ai les yeux rivés sur mon GPS. Le CP3 doit être atteint avant 20h45 mais en montagne et avec les 2 cols juste avant le CP3 je doute de mes calculs. Une chose est sûre, je ne serai jamais à l’hôtel pour 19H00 comme prévu. Je profite d’un arrêt cimetière pour faire le plein d’eau et appeler l’hôtel. Je lui indique que j’arriverai vers 21H00.

Puis je repars mains en bas sur le guidon ou en permanence sur mes prolongateurs. Cette position me permet d’avancer bien plus vite et je vois à nouveau les kilomètres défiler. J’arrive à Murat sous la pluie et au frais. J’ai parcouru 190 km, le CP3 est dans 10 km, il est 17H00. Je reprends confiance dans mes calculs, les encouragements sur le WhatsApp que je lis en temps réel sur mon GPS me font sourire et m’aident à avancer. Il y a de bonnes réparties sur ce WhatsApp…

 

La forêt de Murat, c’est-à-dire le CP3, est bientôt là. Et même si son ascension sur une route étroite, sale, mouillée, couverte d’aiguilles de pins et raide est lente, j’arrive heureux au CP. Une tente est plantée par ChilKoot sur un terrain détrempé. Thé, pâté, fromage de Cantal, pain de campagne ça fait du bien même si c’est un peu ric rac comme ravito. Je retrouve certains BTRistes qu’on avait croisés et dépannés avec Patrick. Il me reste 50 km de montagne, il est 18 heures, « va pas falloir traîner Nico ! ». Je mets mes manchettes et un foulard car il fait maintenant 15 degrés et les routes sont détrempées. Après la descente post CP, virage à droite en épingle et à nouveau un col à franchir. Dès le départ on monte sur du 8%. Le vélo est lourd, 14 kilos, et il faut relancer le tout debout sur les pédales. Direction le Col de Prat de Bouc à 1400 m. Lente ascension. La forme est là, je roule facile et j’atteins le sommet à 19h00. Il me reste 40 km. Je roule dorénavant sur des plateaux du Cantal mais qui me rappellent l’Aubrac tellement je vois de vaches du même nom. Laguiole n’est pas loin paraît-il.Je roule avec plusieurs cyclistes de la BTR. Je ne sais pas où ils vont mais nous nous croisons, doublons et certains comme moi font quelques photos tellement cet endroit est magique. Et ces vaches d’Aubrac, si spécifiques avec leurs yeux entourés de noir. Comme du maquillage.

Vers 20 heures, le ciel déjà humide devient à nouveau de plus en plus noir. L’orage se fait entendre au loin. Je compte les secondes, il se rapproche. De superbes éclairs éclatent aux alentours et une pluie battante nous tombe dessus. J’allume ma lumière avant. Voir la pluie briller dans le faisceau de ma lampe est d’une certaine poésie parfois. Cela me fait sourire mais je n’aime pas cette ambiance. Les éclairs claquent autour de moi et me rappellent une traversée des Pyrénées il y a quelques années dans le col de l’Aubisque. Que faire ? M’arrêter pour m’abriter je ne sais où ? Continuer en surveillant les éclairs ? Je me dis que je n’ai pas le choix, je ne veux pas dormir à la belle étoile. Je fonce. Heureusement les 20 derniers kilomètres sont plutôt en décente et me voilà vite à 3, 2 puis 1 km de Raulhac. C’est mon objectif. J’y arrive enfin. Le restau de l’hôtel ferme bientôt, il est 21 heures passées. Sans même me doucher ni me changer je commande une pinte de Paulaner et une pizza. Et un litre de San Pellegrino. J’y suis ! Repos jusque demain 4 heures. Surtout ne pas oublier de remettre un peu d’huile sur la chaîne, – avisé conseil de Patrick hier soir via WhatsApp – avec toute cette pluie le vélo a bien souffert. Il sèche dans le garage de l’hôtel. Et moi je m’endors vers minuit épuisé.


Acte V/Jour 4. La galère et son galérien. Mardi 11 août.

Raulhac – Villemur-Sur-Tarn.

 

Ce mardi doit être plus facile a priori. 223 km pour 2700 m de dénivelé avec le CP4 à 181 km à atteindre avant 16h45. Je me fixe 16h00 comme objectif max. Et surtout ça devrait plutôt descendre vu qu’on va quitter le massif central en direction de l’Est de Toulouse.

Le départ de l’hôtel de Raulhac dans la nuit noire est plaisant. Itinéraire en descente ou plutôt plat. Il semble que de nombreux cyclistes aient logé par ici car dès que je traverse un village j’en rencontre plusieurs. Qui vont vite car me redoublent aussitôt avec le style caractéristique de ces riders de la BTR. A savoir penchés sur l’avant, gilet jaune fluo sur le dos, sacoches de selle ou de cadre bien compactes, lumières avant et arrières en marche. Certains ont gardé leur brassard au bras gauche – article 1 du règlement ! – ou sur leurs prolongateurs. D’autres comme moi l’ont remisé au fond du sac car cela donne trop chaud. Mais en tout cas tous vont à bonne allure et tracent la route en moulinant.

 

Pendant une trentaine de kilomètres, plaisir total. Le jour va se lever petit à petit, nous sommes encore sur le plateau aux alentours de 800 m d’altitude et il fait frais. Mur-De-Barrez, Lacroix-Barrez, et au fond de la vallée coule la Truyère qui se jette un peu plus bas dans le Lot avec de nombreux barrages; les nuages sont en bas, c’est calme comme tout. Puis à Couesques-Basse ma trace me fait virer vers la droite sur un raidillon brutal. Gravillons en pagaille et après 200 m d’ascension la roue avant se bloque une fois de plus. Je m’arrête, fait vibrer la roue et les cailloux coincés entre l’étrier de frein et le pneu sont éjectés. Je repars. Bis repetita. Trois fois de suite car le revêtement est trop mauvais, trop rugueux. Je décide de poser le vélo, démonte la roue avant et essaie de limer, nettoyer comme je peux cet interstice de même pas 2 mm qui bloque en permanence. J’ai mis des pneus de 28 mm pour avoir plus de confort mais il s’avère que ce n’est pas une bonne idée sur ce vélo. Je vais devoir changer à mon retour. Pour le moment pas d’autres solutions que de m’arrêter à chaque fois, de nettoyer et de repartir. Il faudra surtout faire attention à éviter  toute sorte de route gravillonnée….

 

L’ascension est de toute beauté mais raide. La route serpente parmi les sapins, les épicéas et les alpages vers la fin. Quelques maisons et fermes sont même établies. Comment peut-on vivre par ici ? C’est le désert absolu en matière de commerces et le moindre kilomètre à parcourir équivaut à cinq ! Une heure plus tard j’ai accompli les 10 kilomètres jusqu’au sommet où m’accueille un troupeau de Salers et de Limousines. Ça y est, je suis bien réchauffé. Je prends un autre coup de chaleur en voyant où m’envoie ma trace GPS : en plein sentier forestier non praticable ! Encore une fois la trace est à côté de la plaque. Cela nous arrivé à deux reprises avec Patrick. Détours de plusieurs kilomètres une fois de plus à gérer. J’espère surtout que je ne vais pas devoir redescendre tout ce que je viens de faire… Je trouve un itinéraire parallèle, fort heureusement tout en descente et je rejoins le fond de la vallée de l’autre côté. Ce n’est plus la Truyère que je vais longer mais maintenant le Lot.

Petite frayeur dans la descente car j’entends quelque chose qui tombe et rebondit sur la route derrière moi. C’est mon feu arrière Garmin Varia qui s’est décroché. Je freine en urgence et remonte en sens inverse, avant qu’une hypothétique voiture ou un tracteur ne vienne l’achever… Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé. Prudence oblige, j’opte pour une solution radicale : je range mon feu/radar dans le sac et attache ma lumière arrière de secours à la place, un peu plus haut sur le sac. Il s’agit en fait de la seconde fois (il y a 2 jours c’était avec Patrick quand il s’est décroché à Moulins) que mon sac me lance des alertes. La prochaine fois ce sera moins fun, je ne le sais pas encore, pour le moment « Roule Roule ! ».

D’ailleurs je bute fort durant cette journée. L’eau dans mes bidons se réchauffe immédiatement et je suis contraint de m’arrêter souvent pour refaire le plein. Soit dans des cimetières, soit dans des boulangeries que je surveille à l’orée de chaque village La route est superbe, très tranquille, plutôt plate mais je n’avance pas. Je commence à douter pour le CP4. Il est midi passé et il me reste 60 km à parcourir sachant que je sais que cela va monter juste avant le CP. C’est une des caractéristiques de ces CPs ; ils sont toujours bien cachés là-haut et bien défendus par une route sur laquelle on ne peut pas avancer vite. Je partage mes doutes depuis un cimetière-oasis sur le WhatsApp et je reçois en retour de multiples encouragements. Il est clair que ma marge est bien grignotée, je visais 16 heures au CP, je n’y arriverai pas.

 

Ça fait du bien et je poursuis dorénavant mon chemin le long du Lot. C’est plat ; j’avale les kilomètres non loin de Figeac puis je quitte le Lot vers le Sud pour rouler vers Villeneuve et Villefranche-De-Rouergue avant, enfin, de parvenir dans la forêt de Grésigne pour toper le CP4 après une difficile ascension en pleine canicule. 7 km d’ascension raide où je suis d’abord doublé par un groupe de quatre BTRistes. Je ferai le yo-yo avec eux toute la journée et même le lendemain. Chacun son rythme mais apparemment nous avons presque le même itinéraire. Nous arrivons tous ensemble au CP4. Il est 16H10. Géolocalisation activée, enregistrement sur le logiciel de suivi de ChilKoot et je vais pouvoir repartir.

 

Nous sommes une petite dizaine de cyclistes à ce CP. Chacun essaie de se mettre à l’ombre. Je rencontre Julien GABET jeune BTRiste qui a enchaîné les étapes en dormant exclusivement à la belle étoile. Autre stratégie et qui aura bien fonctionné. Il me reste encore 50 km pour rejoindre Villemur-Sur-Tarn avant-dernière étape de notre BTR. Je prévois d’y être pour 20 heures et appelle l’hôtel pour les tenir informés.

 

Le reste du voyage est pénible. Je n’arrive plus à trouver assez de cimetières pour de l’eau fraîche. Il fait plus de 35 degrés en permanence. Je suis même obligée de sonner à la porte d’une maison pour demander s’ils peuvent remplir mes bidons. Je suis rejoins par 4 autres BTRistes dont 2 que nous avions croisé avec Patrick lors de l’incident d’un cycliste sur son chargeur de GPS. Une personne sort de chez elle et nous oriente vers une fontaine locale. Nous repartons de plus belle et nos routes divergent rapidement. Trente minutes plus tard mes bidons sont déjà chauds. Faut-il emporter des bidons isothermes ? Je me poserai souvent cette question… Je croise vers 17/18 heures une boutique de produits locaux et bios. A l’intérieur la climatisation fonctionne et je récupère en buvant 2 limonades artisanales excellentes. La première au citron vert et la seconde, nature. Je discute avec celle qui officie et me raconte que je ne suis pas le premier de la BTR à faire une pause ici. On parle donc vélo, BTR etc et me propose même de rester ici au frais jusqu’à la fermeture tellement il fait chaud dehors. Tentant mais impossible. Je repars avec un faux rythme ; je me distrais les pensées en admirant tous ces champs de tournesols. Si après Paris on voyait des champs de blé (ou d’orge) battus, à perte de vue, depuis quelques jours ce sont les tournesols qui prédominent. Je n’en avais jamais vu autant. Je ne savais pas qu’on en cultivait à ce point en France.

Les douze derniers kilomètres sont en descente. Je me dis à cette occasion que c’est une bonne idée de terminer un itinéraire en descente. Cela fait arriver le sourire aux lèvres à destination ! A garder en mémoire !

Il est 19 heures, j’arrive à l’hôtel L’Alcôve, très bel endroit pour une pinte de Stella et en jetant un coup d’oeil sur la carte du restaurant je me dis que je vais rester sage mais me régaler ce soir au dîner ! Merci Patrick pour cette réservation.

 

Et demain ce sera la der des ders. On va y arriver !


Acte VI/Jour 5. Délivrance. Mais la fin ? A voir… Mercredi 12 août.

Villemur-Sur-Tarn Col d’Aragnouet.

 

Je deviens un habitué des départs à 5 heures. D’ailleurs pourquoi pas partir encore plus tôt, 2, 3 ou 4 heures ? A réfléchir pour la suite… Pour le moment, il fait frais, et même très frais quand je me fais arroser par ces gigantesques lances à eau pour arroser les champs de maïs. C’est la petite surprise du matin ! Je me suis fait avoir! No worries sécherai bien vite en roulant.

 

Je m’arrête au bout d’une heure pour regonfler mes pneus. Avec l’étape d’hier j’aurai dû y penser à l’hôtel. Au moment de dévisser la valve sur mon pneu arrière, celle-ci me reste dans la main. Elle est éjectée par la pression et en 3 secondes mon pneu est à plat. « Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? ». Tout en pestant contre ce système, je me rappelle en avoir discuté avec d’autres. J’ai en fait une valve rallongée car j’ai des jantes hautes de 50 mm et donc un obus démontable à l’extrémité. Obus qui s’est dévissé en même temps que le capuchon… Mais pourquoi avoir installé un tel truc ?! Je remets le tout, je ne revisse surtout pas le capuchon et regonfle avec ma pompe à main. Pas garanti que j’arrive à mettre les 7 bars de pression… Et surtout, dès que c’est fini je change de chambre à air !

 

 

Après cette petite anecdote je suis bien réchauffé et je repars. Aujourd’hui direction les Pyrénées en longeant pendant des kilomètres des rivières dont je n’avais jamais entendu parler : la Save, la Gesse et la Neste aux pieds des Pyrénées. L’avantage c’est que c’est quasiment plat, voire légèrement en montant avec 1 ou 2% de pente maximale et cela roule tout seul. Je traverse à bonne allure Saint-Paul-Sur-Save, L’isle-Jourdain, Samatan, Boulogne-Sur-Gesse, Villeneuve-Lécussan c’est-à-dire des villes que je ne connais pas non plus. A 13 heures j’ai fait 130 km, il fait encore bien chaud (34 degrés) et il me reste 72 km avant le CP5 qui est en fait l’arrivée. Ça se passe bien mais surtout la pente augmente. C’est maintenant un faux plat montant qui se redresse de plus en plus et surtout à partir de Arreau, signe qu’on est bien dans les Pyrénées là.

 

Je commence à croiser les premiers BTRistes qui ont déjà terminé et qui sont sur le retour. A vélo ils repartent vers Tarbes j’imagine. Je prends une pause et continue à m’alimenter de barres énergétiques à chaque heure. J’ai programmé mon GPS en ce sens car je ne veux pas de fringale ou perte de jus dans l’ascension finale. C’est d’ailleurs ce qui m’est le plus souvent conseillé dans le WhatsApp : « mange bien, bois et mange régulièrement, pédale, bois, pédale, mange, pédale », que des bons conseils ! Merci.

 

J’arrive enfin à St-Lary-Soulan ; Je sais qu’à partir d’ici il me reste 20 kms. Vue la pente moyenne de 5% avec des raidillons au-delà de 10%, je pense mettre 3 heures. Il est 15h40, les 10 premiers kilomètres passent très vite, je suis dans une forme épatante, je m’étonne moi-même et mets moins d’une heure. La pente est moins raide c’est vrai, ça me convient, impeccable ! Je roule avec d’autres BTRistes. On se double. On se croise avec ceux qui ont terminé et qui nous lancent un « Bravo ! Allez, c’est bientôt fini ». Mais personne ne dit combien de kilomètres il reste, histoire de ne pas décourager… Et à partir du km 11 ça change. La pente passe à 10% sur de longues portions pour s’adoucir à 7 ou 8%. Là, ça freine. Mais j’avance et les nuages aussi par derrière. Il se met à pleuvoir. Je ferai les 4 derniers kilomètres sous la pluie. Les 2 derniers kilomètres sont une succession régulière de lacets superbes. Une petite impression de Stelvio que je partage avec un autre cycliste qui a fait le repérage de la BTR. Il me dit qu’une fois dans ces lacets c’est fini. Ils ne sont pas raides, 7 à 9 % max et c’est gagné.

 

 

Puis le sommet est enfin là. Une toute petite bosse avec un replat pour se poser et savourer. La pluie s’est arrêtée. Il fait bon et frais. Un petit kilomètre à descendre sur l’autre versant et j’arrive au CP de la forêt d’Aragnouet. Chaque arrivant est applaudi. Sympathique ambiance. Je peux poser le pied par terre et loggé mon temps.

 

Victoire ! 5 jours 1 heure et 34 minutes pour faire 1250 km et 13000 m de dénivelé. Et 19 heures de sommeil.

 

 

 

J’ai le droit à la bière du finisher offerte par ChilKoot. Elle est courte mais qu’est-ce qu’elle est savoureuse…

Je discute avec Luc Royer pour partager mes impressions de cette première fois. Il me conseille de lire « Voyage en Italie » de Jean Giono car ce sera le thème et la route de la BTR2021… A suivre !!

 

 

Je revois aussi Julien G que j’avais entrevu au CP4 avec son beau vélo, très léger et monté par lui-même. Après quelques tartines et bières il me demande quel est mon plan pour la suite. Je dors à St-Lary-Soulan et toi ? Rien de prévu. Donc c’est décidé il ira aussi à St Lary. Nous dînerons ensemble le soir, cela nous permettra de parler vélo et BTR jusqu’à plus soif. Le lendemain il repart dans sa famille ; quant à moi je reste une journée pleine à St-Lary-Soulan histoire de récupérer et de savourer sur place. Le départ ce sera vendredi matin. En vélo jusque Lannemezan puis train jusque Toulouse et un autre jusque Limoges où Isabel ma femme viendra me récupérer. La seconde partie de nos vacances pourra alors commencer.

Avec un peu de vélo aussi quand même…


Acte final/Jour 7. Ciel ! Merci ! Stress final !!

St-Lary-Soulan Lannemezan Limoges Blavepeyre.

 

44 km en descente ou presque car je suis obligé de remonter à St-Lary pour aller récupérer chez Intersport mon micro antivol que j’ai laissé sur place. 10 km aller/retour ce n’est pas la mer à boire ! Sympathique personnel du magasin qui m’avait rappelé la veille pour me le signaler. Merci à eux !

 

Mon train part de Lannemezan à 11h10 donc j’ai largement le temps d’y descendre à vélo sans me presser. La route n’est pas très plaisante mais je suis sûr que je vais la savourer. Et c’est le cas jusqu’au km 13 à Ancizan.

 

A l’entrée du village, d’un seul coup une roue se bloque. Je glisse et pars en dérapage. Je freine d’urgence des 2 freins pour me stopper au plus vite, ne sachant ce qu’il se passe. J’imagine que c’est encore ma roue avant qui est coincée par un caillou ; mais cette fois le blocage est beaucoup plus brutal. Je manque de tomber et fonce sur le trottoir. Une fois à l’arrêt je constate une longue bande de freinage sur la route. J’ai serré ma roue et laissé de la gomme sur une sacrée distance.

 

J’observe ma roue avant qui tourne librement et sans aucun problème. En revanche à l’arrière c’est une autre histoire. Mon sac est complètement tombé vers l’arrière et posé, collé sur la roue. Je le relève pour le remettre en place mais ce n’est pas possible. Il est plié en deux, il n’a plus aucune tenue, plus aucune armature interne pour le maintenir rigide à l’horizontal au-dessus de la roue arrière. C’est ce qui a bloqué ma roue et provoqué ensuite ces traces de freinage. Et en faisant tourner la roue arrière je vois que le pneu est très détérioré sur 6 à 7 cm. On y voit nettement l’armature interne du pneu…

 

 

 

 

J’ai deux problèmes à résoudre. Et vite.

  • 1) le sac ne tient plus sur son porte-bagages
  • 2) le pneu est mort. 

Il me reste 30 km c’est-à-dire une heure de route environ et 1 h 30 de délai pour le train.

 

Je suis fort heureusement arrêté à 50 mètres d’un garage automobile où je demande aide et conseils. Avec le garagiste qui se rend immédiatement disponible (Bravo et merci !!) nous cherchons un moyen pour attacher le sac. Et il me dit « vous savez dans un garage il n’y a ni ficelles ni fil de fer »… Ha bon ! (mais bonne remarque non ?) Quant au pneu, il me dit de le changer car il risque de flancher à tout instant. Mais je n’ai pas de pneu de rechange et rentrer dans cette opération, même en mettant une bande de caoutchouc (que j’ai) temporaire, me prendrait trop de temps.

Je lui demande alors s’il a un tendeur à me donner. On en trouve un et cela me permet d’attacher mon sac sur mon guidon autour de mes prolongateurs. C’est parfait ! Je roulerai avec un beau bébé à l’avant désormais. Pas plus compliqué !

 

Et pour le pneu ? Prier et serrer les fesses, voilà ce que je vais faire pendant une heure et trente kilomètres en espérant qu’il n’explose pas carrément…

 

Finalement tout se passera bien. Certes je vais une fois de plus bloquer ma roue avant et sursauter de frayeur une dernière fois mais non, tout ira bien et j’arrive avec 20 minutes d’avance sur mon train… Quelle chance j’ai eue !

 

Merci le Ciel ! Ou encore, Ciel ! Merci !

 

Nicolas Honoré

Août 2020

 

 

 

Post-Scriptum.

 

PS 1 : Les bidons.

Les bidons. 2 c’est indispensable. L’un à l’eau claire, l’autre avec des vitamines, des oligo-éléments ou anti-crampes. Mais en avoir un isotherme ? est-ce utile ? est-ce efficace ?

 

PS 2 : Une autre solution.

Pour Patrick et son vélo hors service : Yves, du club de vélo CCME de la Creuse, me proposa par la suite une solution qu’on aurait pu mettre en œuvre. Il aurait été prêt à aller jusque St-Pourçain-Sur-Sioule pour lui apporter son vélo (ils ont la même taille environ). Patrick aurait pu continuer avec un vélo de prêt donc ; puis revenir avec moi jusqu’en Creuse post BTR ; et repartir à Paris avec son vélo ensuite dans le train. Personne n’a pensé à cette solution. Dommage. Nous avons manqué d’imagination là.

 

PS 3 : Valve et pneus.

Valve avec obus démontable. Utile en secours mais à éviter en installation première. Petite frayeur sur ce coup-ci lors du dernier jour. Depuis lors je l’ai changée. Ainsi que le pneu ! Les 2 pneus même.

 

PS 4 : Quelques stats sur cette BTR2020.

254 inscrits pour un départ au 7 août.

51 n’ont pas pris le départ.

57 ont abandonné.

146 sont arrivés.

Le premier l’a fait en 51 heures et 8 minutes. Il s’appelle Steven Le Hyaric.

 

PS 5 : La trace GPS.

La trace originelle fournie par ChilKoot n’est pas forcément la mieux. Grands axes routiers parfois. Dénivelé important. Trace non repérée à 100%. Donc nous avons opté notre propre trace, et utilisé Strava avec ViaMichelin ensuite pour vérifier que chaque route est praticable. En discutant sur ce sujet avec d’autres, nous sommes plusieurs à avoir été perturbés par notre propre trace pourtant vérifiée km par km. Un consensus semble néanmoins porter Komoot comme étant l’outil le plus fiable. Il va falloir que je m’y mette.

 

PS 6 : WhatsApp !

Nous avions créé un WhatsApp pour partager en temps réel la route et communiquer. A refaire. Merci à celles et ceux qui ont été bien présents. C’était top.

 

PS 7 : Traces GPS.

Faire partir en descente et surtout, faire arriver en descente à la destination !

 

PS 8 : Le matériel.

J’ai tout pesé au gramme près avant de partir. 4.3 kg dans le sac + 1.6 kg pour les bidons, GPS, batterie, lumières etc. Je peux encore, je dois encore, alléger. Notamment avec des vêtements de « ville » plus techniques, plus légers. Je ne regrette pas le couteau suisse, ni les lingettes pour nettoyer de cette crème solaire, ni les lumières de secours, ni les Serflex/Colliers de serrage en plastique, ni la petite réserve d’huile de chaîne, ni le micro antivol même si j’ai bien failli le perdre etc etc…

 

 

 

 

PS 9 : La stratégie de course.

Nous avons roulé aux heures les plus chaudes car nous avions pré établi les hôtels pour chaque nuit. Je pense qu’il faut travailler à un autre système avec des hébergements choisis en dernière minute et en évitant de rouler aux heures les plus chaudes (14 heures 17 heures). Certains dormaient dans des hôtels jusque 19 heures et partaient vers 20/21 heures.

 

 

 

BRM 200 — Sur les pas de Raboliot

Du VCN, nous étions 10. Ou plutôt 11. Il y avait dans le désordre Robin, Jean-Michel, Frédéric, Jean-Baptiste Michel, Sophie, Loné Nicolas et 2 de nos épouses, Brigitte et Isabel, puis aussi Etienne, qui nous rejoint le lendemain. 11 le compte est bon. 

Partis depuis Jeudi, ou samedi pour la majorité, c’est à La-Ferté-St-Aubin que nous avons établi notre camp de base, hébergés par notre président. Altitude zéro, confort maximum et localisation parfaite au sud d’Orléans à 30 minutes du départ de ce brevet des randonneurs mondiaux de 200 km alias BRM 200.

Accueillis par nos hôtes pour le déjeuner c’est avec une bière locale blonde d’abbaye – la Pucelle d’Orléans-, que nous avons sagement démarré notre préparation. Puis une fois terminé le déjeuner, 50% de la fine équipe préfère converser de choses et d’autres c’est à dire de vélos et de vélos pendant que le restant travaille la tactique du lendemain autour d’une partie de Flamme Rouge. Jeu de société autour du vélo avec des vélos.  Il faut ce qu’il faut,  rien n’est illusoire quand on doit préparer un BRM 200. Chacun sa méthode. Flamme Rouge, une jolie découverte. Robin a gagné en se la jouant « au facteur ». Bravo !

Puis pour faire tourner les jambes et quitter la position assise cette belle équipe était conviée à un cluedo original au château de la Ferté. A 1 km de la maison, à pied, bonne petite balade digestive pour nous préparer les neurones. Un cluedo c’est stressant mais vivifiant pour l’esprit et 2 heures plus tard l’énigme résolue (personne n’avait trouvé la même solution…) au bercail rentrer, il fallait.

Dîner de pâtes et de pâtes. Peu d’alcools. Révision cartographique. Derniers paris sur la météo.  Mise en place du timing. Au dodo les enfants.  Demain levé aux environs de  5 h 00 car le départ là-bas à Fleury-les-Aubrais dimanche matin sera sifflé à 7h30.

175 participants. 49 en gravel dont Jean-Baptiste et 126 sur la route… Luminosité parfaite, temps sec et frais, conditions idéales, ça y est nous sommes en route. La barre des 200 km est  vite derrière nous… l’itinéraire prévoyant 205 km. Première barre psychologique franchie sans coup férir. 

Le VCN roule ensemble,  soudé,  groupé pendant 50 km. Le parcours est très bien. Varié même s’il est plat comme un œuf et tranquille comme tout. Nous partons sud-est c’est-à-dire vent légèrement sur le côté et peu gênant. La lumière est belle, à contre-jour et même si le ciel se grise, de beaux rayons de soleil nous accompagnent à travers plaines, rus et bosquets. La Sologne n’est pas loin, nous sommes sur les traces de Raboliot… En file indienne , ou 2 par 2, quelques cyclos se joignent à nous. Il y a peu de monde ; rien à voir avec un Classic Challenge ou une cyclo parisienne, nous sommes vraiment seuls au monde en ce paisible dimanche matin de mars. 

La région d’Orléans c’est aussi la Loire. Large, majestueuse et profonde, nous la longeons après une trentaine de kilomètres. Soit sur une route de campagne soit sur ces digues si caractéristiques de la Loire, protégeant champs et maisons des crues de la Loire. Le rythme est bon, le groupe toujours serré et bientôt une bande de Gravel nous rejoint avec Jean-Baptiste. Nous ferons ensemble le reste de la route jusqu’au prochain Check Point de Sully-sur-Loire. Première halte devant le brillant château de Sully et ses douves. Jean-Baptiste et les Gravel, sans doute ayant peur d’arriver après l’horaire max (20h), se reposent 2 secondes et repartent vers leur circuit de pierres, de terres, d’eaux, et de sentiers forestiers. Atmosphère Gravel…

Passé Sully c’est une autre paire de manches qui s’annonce. Cap sud-ouest c’est-à-dire juste pour prendre de plein front le vent. Les rafales de 50 km/h sont là et notre petit groupe se coupe en deux. Chacun va au gré de ses envies, Sophie, Michel et Étienne d’une part, Frédéric, Jean-Michel Robin Loné et moi-même d’autre part. Le paysage change, l’itinéraire traverse de belles forêts de chênes et navigue autour de tranquilles lacs. Quelques hérons isolés nous ignorent. Et pour parer au vent nous nous mettons à rouler en relais pendant de longs kilomètres. Sans trop forcer le rythme, efficacement, mais histoire de bien tourner ; et la Ferté-St-Aubin arrive. Check Point 3 directement. Car le CP 2, lieu-dit du chêne à la Caillat, on l’a traversé sans se retourner. La forme était là, manger des kilomètres était notre point de vue du moment, pas d’arrêt, tant pis on continue… Vitesse moyenne jusqu’alors 27,2 km/h, c’est pas encore 30 mais cela permet de faire rapidement des kilomètres, et avec plaisir. Il faut dire que côté dénivelé c’est superbe, peu de longues descentes grisantes certes, mais pas non plus de côtes raides et destructrices. On aime !

 

 

La Ferté-St-Aubin, donc. CP3 de luxe. Chez nos hôtes. Km 95. Pâtes, taboulé, jambons, bananes, que du bonheur. Pause de 20, 25 minutes, le temps passe vite dans ces instants-là et au sortir de la maison arrive le reste du VCN, Michel Sophie Etienne. Robin en profite pour dire qu’il va changer de peloton pour l’après-midi, et reste se reposer un peu plus. Nous repartons à 4. Le soleil nous a dit au revoir. Le ciel est nuageux. Bruine. Nous revêtons nos tenues de pluie. Qu’on enlèvera, puis remettra, puis enlèvera et remettra définitivement au km 119, c’est-à-dire au CP4 tristounet mais sympathique château de Villebourgeon isolé près d’un lac tout tranquille. Selfie souvenir, faisant preuve de passage in case of…et au boulot !

Au boulot d’autant plus que l’on roule maintenant plein ouest, puis nord-ouest et enfin sud-ouest vers Chambord. Quelques moments compliqués car le vent se renforce et le temps change. Puis petit à petit les tourelles et cheminées de Chambord se dévoilent sur notre flanc droit. Fines, longilignes et cachées pendant quelque temps puis toutes entières, grandioses lorsqu’on se gare à leurs pieds. Chambord, nous y sommes. CP5 . Km 149. Photos souvenirs. Gels et barres énergétiques. Pensées émues pour le grand Léonard et François son ami. Un peu d’architecture. Chambord plaît ou ne plaît pas mais Chambord… et la pluie commence légèrement ; c’est le moment de repartir nord-est c’est-à-dire avec ce qu’on attend depuis le début, le vent dans le dos. Nous quittons le vaste parc de Chambord en laissant sur notre droite cette cabane de chasse que connaissent bien les amateurs du feu Versailles-Chambord.

 

 

 

 

 

 

 

Puis nous regagnons les bords de Loire. A partir de là il n’y a plus de CP. Mais il y a la pluie qui par moments nous fera avaler la boue projetée par celui qu’on suit et nous fera manger de la terre accumulée sur l’embout de nos bidons, bref un moment Gravel Like ?

Mais le plaisir est toujours entier. La Loire superbe depuis ces berges. Et nous commençons à rouler de nouveau avec certains groupes de cyclos qui sans doute à cause des kilomètres accumulés perdent un peu de cadence. Et finalement sans prévenir, nous pénétrons dans Orléans. Et c’est là que Jean-Baptiste nous rejoint. Hasard de ces parcours qui font que de grands esprits se croisent et se décroisent dirons-nous.

Il est 16h45. Nous sommes arrivés.

L’organisation est parfaite. Collation. Douches pour les destriers et les chevaliers. Médaille du bonheur.

Un BRM 200 in the pocket.

A refaire sans aucune hésitation ! En Gravel peut-être ?

Les stats: https://www.strava.com/activities/3166230939

 

 

 

 

 

 

 

Le Marais Blanc

Arrivés la veille pour ce brevet 200 km du Marais Blanc  on aura entendu la pluie tomber toute la nuit, mais heureusement ça s’arrêtera juste avant le départ à 7h.

Je pars dans le peloton de tête emmené par Xavier Pesnel (vainqueur de la Three Peaks 2019), tout de suite ça roule fort et il ne vaut mieux pas perdre trop de temps dans le virages pour ne pas s’épuiser en relances.

Alors que le soleil se lève on découvre un paysage magnifique de routes entourées d’eau à perte de vue, mais pas facile de prendre des photos à ce rythme ; on roule souvent à 35 km et on avale la boue de ceux qui nous précèdent. La vitesse est grisante et on n’a pas envie de lâcher, quand bien même il faut prendre un chemin de terre vraiment typé gravel et où je suis content d’avoir des pneus de 32 mm ! Stéphane Gibon l’organisateur avait prévenu : venez avec des gros pneus renforcés sur ce BRM « route »ou plutôt « roots ».

Au bout de 75 km on s’autorise une courte pause mais on repart très vite.

Un peu plus loin alors qu’on ralentit un peu parce que la route est sinueuse, je vois une magnifique cigogne dans son nid et je décide de m’arrêter pour prendre une photo, même si je sais que je vais devoir me cramer un peu pour remonter sur le peloton ensuite.

Quand je repars je revois assez vite les autres devant, mais après quelques virages et carrefours plus personne. Au bout d’un certain temps je suis sûr que quelque chose ne va pas et je prends le temps de m’arrêter pour consulter la feuille de route et je réalise que je ne suis pas du tout où il faut : sur mon GPS j’avais chargé l’itinéraire de 2019 ! Et moi qui avais maudit Garmin qui m’avait fait des erreurs de parcours et des re-calculs d’itinéraire incompréhensibles toute la matinée ! À l’aide de Komoot je change pour la bonne route et je fais demi tour pour revenir sur le parcours 2020. Au final j’ai définitivement perdu le peloton je me suis rajouté 14 km bien bosselés par rapport au reste du parcours… Mais ce n’est pas grave l’essentiel c’est que je fasse au moins 200 km aujourd’hui pour valider mon Dodécaudax de février !



Un peu plus loin alors que je prends une photo je suis rattrapé par KArine et Thierry qui eux aussi ont lâché le peloton, on repart ensemble et lors d’une pause casse-croûte à Isigny-sur-Mer on en retrouve un troisième.
Les paysages sont toujours aussi beau et maintenant le soleil montre son nez. Les traversées de routes inondées sont très ludiques.

Sur les 50 derniers kilomètres je perds les autres et je double deux cyclistes qui décident de prendre ma roue. On commence à faire des relais et on oublie la fatigue des kilomètres précédents. Quand on se retrouvera à l’arrivée et ils n’avoueront que, quand je me suis arrêté pour une pause photo tandis qu’ils continuaient, ils ont pensé la même chose que moi : ouf, on va enfin pouvoir se reposer !

Un peu loin je retrouve Ayoub qui a coupé un peu pour avoir plus de temps pour se livrer à son activité favorite après le vélo : filmer avec son drone. Je m’arrête pendant qu’il remballe et on repart ensemble, même si on serait bien resté un peu plus longtemps dans cette endroit magique : un petite église de granit au bord de l’eau et le soleil sur nos visages.

Mais visiblement mon ami cinéaste n’est pas fatigué et il me le fais savoir ! Je peine à suivre son rythme. Un peu plus loin un tracteur qui nous bloque la route me permettra de me reposer un peu 😉

Enfin on arrive à Montebourg et on franchit les dernières centaines de mètres qui nous séparent d’un ravitaillement copieux fait de crêpes maison, pâté, bière et camembert de Normandie, AOP bien sûr !

Photos et Récit : Jean-Baptiste Catté

Pour aller plus loin:

Cérémonie du souvenir – Clairière de l’armistice à Rethondes

Rapide résumé de cette Randonnée du Souvenir de ce lundi 11.

 

Départ 6h00 de Neuilly.

Retrouvailles avec Sophie, le groupe Singer et Michel, puis Hervé, à la place Pleyel où Hervé y arrive piano piano (sic!).

 

Temps sec et frais, il fait noir mais grâce aux feux (tous verts avec Singer) on sort de Paris pour s’arrêter rapidement au bout de 35 minutes pour notre 1ère crevaison. Il y en aura 5 au total mais Olivier répare ça en 5 minutes chrono. Record à battre! Est-ce dû à leur marque de pneus ‘Grand Bois’? Sans doute car avec nos Continental plus rigides le test est à faire! Mais pas aujourd’hui…

 

Puis ça défile, ça roule, ça fonce. On longe l’autoroute A1, on croise des avions qui décollent, des voitures qui vont vers Paris, bref, chacun son rythme. Le peloton s’étiole quelque peu.

Heureusement 1ère pause 35 km plus loin à Vémars où  tout le monde se regroupe car quelques autres Singer nous y attendent. Regonflage d’un pneu et en route. Il fait maintenant jour. Pleine campagne. Personne ne vient déranger notre rythme de croisière sauf quelques crevaisons par ci par là jusqu’à la 5ème au temple romain qu’on n’aura pas le temps de visiter hélas car la cérémonie est à 11h00. Fonce Alphonse!

Foncer oui! Mais ne pas perdre nos habitudes avec les 30 minutes de café réglementaire au bar restaurant Le Goujon de Verberie.  70 km. Il en reste une petite trentaine, ça va le faire.

 

La pluie se joint à nous désormais. Pluie fine peu gênante et qui nous accompagnera dans la forêt de Compiègne, et durant la cérémonie où nous rejoint Christophe qui habite dans la région. Après un court discours et une Marseillaise bien chantée c’est le moment de se séparer. Les Singer rentrent à vélo via déjeuner au Goujon; pour nous Train direct 12h30.

Très belle sortie. A faire au moins une fois. Cela permet de redécouvrir ce moment d’histoire. De partager un circuit avec nos amis de Singer, de connaitre Olivier, fort caractère du magasin Singer de Levallois.

 

A 14h00 pile nous étions à la maison.

Top!

 

Quelques moments de cette sortie ici : https://www.youtube.com/watch?v=-W2O4Z7HnBc

 

Nicolas HONORE

L’Étape du Tour 2019. 21 juillet 2019.

Albertville – Val Thorens, 135 km, 4500 m de dénivelé.

Le vélo c’est beau. 

Surtout dans les campagnes. Tu flânes à travers des paysages toujours différents grâce aux saisons. Tu avales des kilomètres en glissant le long de rivières, parmi des forêts tranquilles vertes et ombragées, rafraîchissantes et apaisantes. Tu profites de la nature, et de sa tranquillité « au vert ». Tu avances à ta propre vitesse. A celle que tu as décidée. Certes, vitesse réduite dès que cela monte, et accélérée, sans douleur, dès le moindre pourcentage négatif, mais à ta propre allure. C’est toi qui décide. Personne d’autre. Plaisir total. Oui le vélo ça doit être et doit rester un plaisir total. 

Alors pourquoi aller faire le zouave sur l’étape du Tour ? La même que celle des pros qui vont l’emprunter samedi 27 juillet, avant-dernier jour du tour 2019.

Résumé de ce dimanche 21 juillet 2019 pour essayer d’y répondre… 

Dimanche 4 h 15 : le réveil sonne.
Argh, où suis-je ? Normal, on loge aux Saisies à 30 km d’Albertville (car 16.000 participants donc très peu de logements disponibles pour 4 personnes lors de notre inscription en octobre dernier) et les routes seront coupées à la circulation à partir de 6h30. Il faudra donc être prêt et sur place avant 6h30. Comptez 30 minutes pour quitter le nid tout frais + 30 minutes de petit déjeuner bien complet + 40 minutes de voiture + 15 minutes pour décharger les vélos et se mettre en condition = on sera juste bien on time dans nos sas de départ.
Note : après s’être réveillé la veille à 5 h 30 pour faire Paris – Les Alpes un samedi de juillet, ce second réveil encore plus tôt, fait mal…

6 h 05 : Voiture garée le long de la route.
Nous sommes partis à 5 h 30 des Saisies. Garée à côté de nous, une voiture de 4 bretons venus pour la même raison partagent ce moment de révision ultime. Partage d’impression. Le WD40 c’est efficace ? oui non… Nous sommes à 3 km d’Albertville. Un gendarme arrive et se positionne pour couper la route à 6 h 30. On sort les vélos. On monte les roues, les selles, le bonhomme, on vérifie que le dossard est bien dans le dos, la plaque nominative sur le vélo, le profil de l’étape scotché sur la barre du vélo (très très utile pour doser son effort), photo souvenir et hop on quitte Isabel qui va remonter aux Saisies pour dormir.
Nous arrivons à Albertville 5 minutes plus tard. La ville est déjà réveillée. Des cyclistes de partout. Des spectateurs. La télé interview quelques participants. Des barrières pour privatiser tout le circuit. Et 15 Sas, 15 enclos, nous attendent pour nous parquer. 1 sas = 1000 personnes… 
Nous sommes dans le sas 10. Fermeture du sas 8 h 00. Départ 8 h 15. Tout est très précis. Il est maintenant 6 h 45, on a le temps de découvrir notre sas. De nous faire contrôler le dossard, de rentrer et de s’asseoir par terre. Il fait déjà très bon. On patiente. On entend parler anglais, espagnol, italien, allemand, hollandais. Tout est très calme. On s’endormirait presque… logique, cela fait déjà 2 heures qu’on est réveillé…

7 h 45 : Le sas s’ouvre.
Chacun s’ébouriffe. On se lève, redresse le vélo. Chacun progresse d’abord à pied, puis un pied sur une pédale, puis les deux attachés vers la ligne de départ. On entend les clics de chaque pédale automatique. Puis on s’arrête à nouveau. Et on repart pour s’arrêter finalement devant la ligne de départ officielle. Musique rock à fond. La flamme olympique des Jeux d’Albertville est même allumée pour l’occasion… les petits plats dans les grands. Tout y est ! On se sent en forme et près à gravir des montagnes ! VO2 au max du max !

8 h 14 : Ligne de départ.
On a même un discours à l’américaine, très « we are the champions », d’abord en français puis en anglais pour nous rappeler qu’on va vivre une épreuve de fous mais qu’au bout de la douleur et patati patata… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 et 8 h 15 c’est parti ! Sous une musique de fous, des applaudissements dignes d’un 4 juillet à New-York et des fanions jaune et noirs en pagaille. C’est la fête du vélo…

8 h 15 : km 0.
Go ! 3 km de plat pour sortir d’Albertville puis c’est la première ascension, direction le Cormet de Roselend c’est à dire à 40 km de là. 40 km d’ascension à des pentes plus ou moins variables. La route est large et lisse. De plus elle est interdite à la circulation donc on peut rouler tous de front – et un paquet de 1.000 coureurs en même temps ça fait du monde – sans aucun problème. Température agréable. Pente moyenne faible. Facile et 21 km plus loin le 1er ravitaillement est déjà là. On a presque envie de le sauter, mais boire et s’alimenter, c’est primordial pour compenser les 8.000 ? 10.000 ? 12.000 ? calories qu’on va perdre. Donc pause. 5 minutes.
Il est 9 h 10. Une petite photo de mon GPS pour mes stats. En avance sur mon planning (9 h 15), trop facile le vélo. Je repars 10 minutes plus tard après un ravitaillement et remplissage de bidon. Il fait 26 degrés déjà, attention à l’alimentation… ne pas oublier !

9 h 20 : km 21. Beaufort et départ vers le Cormet de Roselend.
Le pays du Beaufort ? oui oui du fromage si connu c’est bien par ici. J’en connais qui seraient ravis de faire une pause plus longue pour déguster mais on n’a pas trop la tête à ça. Promis on reviendra demain en acheter mais là pas de gras, surtout pas !
Prochaine étape ce fameux Cormet de Roselend. Je ne connais pas du tout ce col. C’est que ça doit pas être si difficile. Et surtout c’est superbe. Une file incessante de vélos circule de front sur la route des alpages. Le lac de Roselend est couleur turquoise. L’endroit invite au repos, au pique-nique et au farniente. Hélas nous sommes là pour autre chose, « ValTo » nous attend. Pousse sur tes jambes petit bonhomme, pousse! 

11 h 10 : km 42. Cormet de Roselend.
Ouf il est là. Le Cormet de Roselend. Photo souvenir typique du sommet. 1968 m ça commence à faire… mais l’avantage c’est que la température n’a pas monté, on est resté à 26 degrés. 42 km effectués. 1650 m de dénivelé. 1/3 déjà accompli. Il fait beau, la montagne est superbe, je suis plutôt bien. Je ne suis jamais entré dans ma zone 5, zone anaérobique, depuis le départ. Et très peu en zone 4, au seuil. J’ai donc plein de réserves. Le vélo bis repetita c’est beau !

Le col dépassé, la descente vers Bourg-St-Maurice est superbe. Sur 20 km. Avec la route privatisée on peut prévoir de larges entrées de virages. Certains savent descendre et cela se voit. Je me fais doubler par une fille qui est aplatie sur son vélo. Superbe à voir ; elle arrive derrière et me souffle littéralement. J’arriverai quand même en bas avec elle, aidé par mon poids qui dès que la pente s’adoucie me fait gagner du terrain tout seul. 20 km de réel plaisir et merci aux freins à disque dans les épingles. Efficaces !

km 61. Bourg St Maurice. Ravito. 
Le ravitaillement est bien situé ; large place. Et on a droit à du pain complet, du fromage, du jambon de pays en plus des traditionnels gels, gâteaux et fruits secs. Et vue l’heure, l’appétit est là. Tout semble bon. Je prends une bonne pause pour repartir rassasié et en forme.
Une dizaine de kms à faire en fond de vallée. Avec un petit groupe on avance sans forcer. Nous glissons sur de belles routes et gagnons au km 75 le bas de la Côte de Longefoy. 
6 km d’ascension en fôret. Pente moyenne 6,8 %. Ca pique parfois pas mal avec de nombreuses portions à 8 et 9 %. On puise dans les réserves. Surtout que la température monte monte… Les premiers coureurs pied à terre font leur apparition…

km 81. Sommet de la côte de Longefoy. 1.200 m.
De nombreux spectateurs présents pour cette journée ou déjà là en prévision de l’étape des pros, la vraie du 27 juillet nous applaudissent et nous encouragent. C’est bienvenu et je reçois quelques encouragements en espagnol. Je comprendrai pourquoi à la fin seulement car mon dossard est imprimé avec un drapeau ibérique. No se porque… Mais ces « Vamos Nicolas, vamos » ou autre « courage, vous allez y arrivez », « bravo allez » font du bien.
De même que certains habitants qui ont sorti un tuyau d’arrosage pour nous asperger au passage. Cela donne un coup de fouet saisissant mais bienvenu. Tout comme les gouttes d’eau fraîche qui traversent ensuite le casque sur quelques minutes encore. Un peu de douceur… 

14 h 01 : km 101. Moutiers.
Je suis enfin à Moutiers. Il y a un monde fou au ravitaillement qui est mal placé, mal aéré et sans ombre. De nombreux coureurs sont assis par terre; tous rouges. Il fait très chaud ici au fond de la vallée. Je bois une bouteille entière de Badoit et un verre de Coca. Pas plus de Coca car l’an passé lors de la Marmotte le Coca m’avait tué dans l’Alpe d’Huez. Depuis ce temps-là j’appréhende ce soda en route.

Coté météo ça se corse. 36 degrés à midi au soleil. Aie. La montée va être dure mais ô joie, il ne me reste plus que 34 kms à faire. Cela fait 6 heures que je roule. D’ici mettons 3 heures je devrais avoir fini. Cela ferait mettons 17h30. C’est top, largement devant la voiture balai et la disqualification qu’on craint tous. J’en profite pour appeler Isabel et lui dire que c’est dur mais tout va bien, rendez-vous à tout à l’heure vers 18 h à Val Thorens…

Mais le départ de Moutiers est trop raide. On sort de la route principale pour bifurquer sur la droite et on entame tout de suite du dur à 8 %. Glups. Je me rassure en me rappelant que l’Alpe d’Huez commençait par un raidillon de 500 m à 11 % mais quand même. Je peine. De plus en plus. L’effort et la chaleur me font transpirer énormément ; mes bras deviennent blancs de sueur perlée sur les bras. Étonnant moment. Sensation bizarre. Je décide de m’arrêter. Je dépose ma tête sur mon guidon pour souffler. Et j’entends mon nom hélé par une voix que je reconnais tout de suite. Serge des Pyrénées est là. Frais comme un gardon. Puis Katia arrive. Fatiguée mais semble plutôt en forme. Ils me proposent de repartir avec eux. Impossible car je n’ai plus de rythme et quelques minutes plus tard il sont déjà loin devant, je ne les vois même pas s’éloigner.

Sur le chemin chaque kilomètre est précédé d’un panneau aux couleurs jaune et noire du Tour de France indiquant la pente moyenne à venir. Très classique en montagne et bien connu des cyclistes des Alpes, Pyrénées, etc. En plus ici c’est étalonné spécifiquement pour cette étape. Top ! Dans ma tête j’avais retenu que c’était en moyenne 35 km à 5 ou 6 %. Pour mon mental je m’étais dis que cela signifie 5 à 6 % de pente minimale. Ca aide à passer le cap. Mais en fait dès le départ ils annoncent 8 % de pente. Et 3 fois de suite, 8 %. Big coup au moral. j’ai beau avaler un « block cube » énergétique par heure ça se complique. Et cette chaleur qui monte monte jusque 40 degrés est épuisante malgré la route serpentant la montagne souvent ombragée.

Je continue et je ne sais pas comment, avec un cerveau vidé, le regard fixé sur mon GPS et les mètres qui n’avancent pas, j’arrive explosé, à St-Martin.

Quelle heure ? km 117 : St-Martin-de-Belleville.
2 jours plus tard je n’en ai plus aucun souvenirs. Ca ressemblait à quoi St-Martin? Aucune idée. Et le ravitaillement, il était comment ? J’essaie de me souvenir et il faut me forcer car oui ça me revient je me revoie sur un parking, une place goudronnée, assis par terre adossé à une poubelle de ville pour essayer d’avoir un peu d’ombre sur 50 cm d’espace « ombragé ». Oui c’est bien ça. Au pied de la poubelle avec une bouteille de Badoit que je n’arrive pas à boire tellement je suis à sec. Puis d’un seul coup j’entends annoncer que la voiture balai c’est dans 15 minutes. Je me dit tant mieux no choice pas de ma faute j’abandonne. Je n’ai plus de forces du tout. Et il me reste 17 km… À 6 km/h je vais encore mettre 2 h 30 ?! tout ça pour me faire débarquer par la voiture balai ? Mais je me dis que je dois y arriver, faut pas déconner m… ! J’essaie de me motiver en me disant que maintenant c’est uniquement dans la tête. Mon cœur est calme donc pas d’alerte. Je n’ai plus de jambes hé bien tant pis je roulerai en 34 / 32 s’il le faut. Et je me relève, je décroche mon vélo, je titube avant de monter dessus, j’entends d’autres coureurs dire que c’est foutu avec cette voiture balai et là, ça me motive encore plus. Et je repars. Dans le dur direct. Et ouf la température n’est plus que de 36 degrés. Ca commence à baisser, je me dis que ça ne peut aller que de mieux en mieux. J’aurai peut-être même froid en arrivant là-haut (Val Thorens est à 2400 m).
Avant de repartir j’y pense mais je n’ai même plus la force de prendre la photo de mon Garmin. Mes stats c’est foutu. Faudrait que je prenne la photo. Pas la force. 

Quelle heure ? km 123. Arrivée aux Menuires. 
Je n’avance plus. Compteur bloqué sur 6 km/h. Je ne double que des coureurs à pied, en chaussettes, vélo à la main ou qui sont arrêtés sur le bas-côté de la route, assis ou couchés. Hormis ceux-là, tout le monde me double. Mais qu’est ce que j’ai? Je n’ai pas mal aux jambes, pas de crampes, le cœur tourne régulier mais je n’arrive pas à appuyer sur les pédales. La bouche est sèche et l’eau que je bois régulièrement ne change rien. Je me force à manger. En vain. C’est désespérant. En traversant les Menuires je me dis que s’il y a un bar quelque part je m’arrêterai. Ca aidera peut-être à récupérer un je-ne-sais-quoi. Ca y est. Un petit bar sur le parcours. Petite terrasse. On s’y sentirait presque bien. Je pose le vélo ; un autre cycliste est là aussi, il raconte qu’il a fini et qu’il est redescendu pour se changer ici aux Ménuires. Sa femme est là aussi. C’est cool. Étape finie, réussie et moi il me reste encore combien de kms ??? Coup au moral ! Bon, pas grave, 2,50 euros pour un Orangina que je déguste, que je sirote avec un plaisir sincère. Jamais j’aurais crû qu’un Orangina pouvait être si bon…
Mais le temps passe vite. Je me suis arrêté quoi ? 10 minutes ? 15 ? Je perds du temps là. Allez en selle Marcel ! Pour 12 longs kms encore.

km 135 : ValTo. La délivrance.
Le panneau 3 km est devant mes yeux. Sortie de nulle part la plaque Val Thorens je la vois enfin. Il ne me reste plus rien à faire. Cela me redonne quelques forces mais il faut traverser tout Val Thorens, sortir sur les pistes de ski et les 500 derniers mètres sont horribles. 10 % 11 % debout sur les pédales, assis, en danseuse, assis, en danseuse j’avance. Les spectateurs nous encouragent. La musique de l’arrivée est là. Le speaker annonce que voilà d’autres finishers sur la ligne.
J’ai du mal à sourire mais j’y suis enfin. Tapis jaune pour les derniers 100 m. Le chrono affiche un truc affreux 11 h 11, 11 heures 11 minutes…

Quel idiot disait que le vélo c’est beau ?

Mais j’ai réussi. Ce ne fut pas du tout un plaisir sur ces 35 derniers km. Je n’ai plus envie de recommencer. Ecœuré je pars prendre une bière. Ca me remet en selle. J’appelle Isabel et Jean-Jacques. Et je remonte le vélo pour aller les rejoindre 5 km plus bas. C’est fini.
Bravo aux pros qui feront cela en 5 heures ? Le 1er ce jour-là a fini en 4 h 44. Chapeau bas !

Nicolas 


Analyse technique de ma course :
Un truc effarant et qui m’a sauté aux yeux : Je fais 100 km , 3000 m d’ascension, en 6 heures. Vitesse moyenne = 19.1 km/h. Pas trop de problèmes. Easy.
Puis les derniers 35 km, 1500 m en 5 heures. Vitesse moyenne = 7 km/h.
Effarant ! 

Autre chose pas normale: une fois arrivé je n’avais pas faim du tout. Juste envie d’une bière – ce que j’ai fait – puis 30 minutes plus tard je redescendais vers le bas de Val Thorens pour rejoindre Isabel et Jean-Jacques en ayant plutôt bien récupéré. La nuit pas de crampes. Le lendemain aucune douleur dans les jambes.
Ma conclusion : 1) alimentation mal ciblée, manque de protéines pour maintenir les muscles à niveau et 2) pauses trop courtes donc je n’ai jamais récupéré, je n’ai fait que de m’épuiser, m’épuiser tout au long de la cyclo. 

Autres pistes : 
Le timing. Levé la veille à 5h30 pour faire 8 heures de voiture. Pas de vélo pour faire tourner les jambes la veille et levé encore pus tôt le jour J à 4h30. Pas optimal du tout. 
La météo. Chaleur. Mais a priori j’y suis peu sensible et je préfère cela à du vent et de la pluie froide. 

Conclusion : alimentation + récupération à travailler + timing des jours précédents. 
Faut que je travaille cela désormais car dans ces conditions le vélo c’est pas cool du tout. 

PS : Les stats: 
Video d’ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=G4lVAz5u5Ao&feature=youtu.be 
Strava https://www.strava.com/activities/2552264792 135 km, 9 h 20, 4200 m, 9784 Calories, vitesse moyenne 14,4 km/h, max 85 km/h, température moy 26°.
Relive : https://www.relive.cc/view/g37772941297